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[Interview] Frank Langella et Jake Schreier pour Robot and Frank

A l’occasion de la sortie de Robot and Frank, j’ai pu rencontrer le réalisateur Jake Schreier et Frank Langella, l’acteur principal. L’interview s’est fait sous forme de table ronde avec Sandra de InTheMoodForCinema et Nicolas de SallesObscures. Petit bout de remerciement à Mickael de chez Cartel et à Sarah de chez EuropaCorp pour cette occasion exceptionnelle de rencontrer un jeune réalisateur et surtout une pointure du cinéma….

Le film sort en salle aujourd’hui, n’hésitez pas une seconde, allez le découvrir !

Quelle était votre première idée et votre idée principale pour le film Robot and Frank? Est-ce de parler de la perte de la mémoire ou de la déshumanisation de la société, les deux ?

[Jake] Ah! Seulement ces deux là ! Je voulais faire un film sur les robots, je ne pensais pas à toutes ces idées. Je pense que la plupart des thèmes sont arrivés bien plus tard. On commence seulement avec une image, une idée.          Je pense que Chris Ford (le scénariste) qui a écrit le script a commencé avec le fait qu’actuellement ce genre de robot est construit au Japon pour s’occuper des plus vieux, des parents aux grands-parents. C’était l’idée initiale et toutes ces choses sur la mémoire et les autres thèmes sont arrivés plus tard dans le script.

Monsieur Langella, pouvez-vous nous parler de votre travail avec le Robot? Préférez-vous travailler avec un robot ou avec une vraie personne ?

[Frank]  Ça dépend des moments!

Oui, j’ai aimé travailler avec un robot. Tout le monde parle des robots, dit que c’est un challenge et çà l’a été. Ce  n’était pourtant pas si difficile, je me suis dit «  c’est un robot » ! Je devais faire avec, même si je ne voulais pas de robot dans ma vie.

Dans les premières scènes c’était facile, on me voit fâché car je souhaite qu’il parte !   Je pense vraiment que je ne veux rien avoir à faire avec lui. Ensuite je découvre que je peux utiliser le robot pour mes propres affaires, et j’aime l’idée. Je lui donne vie et lui apprend des choses, mais il n’est qu’une machine. Quand je tente de fuir la police, c’est un moment important dans ma relation avec lui,  je veux garder le robot.

Les gens pensent que c’est mon ami, que c’est sentimental mais ce n’est pas le cas. Ce n’était pas mon ami mais mon complice, et j’aime ce point. J’aime dire à ma fille « c’est mon ami » pour lui dire « sort de ma vie, laisse moi seul car je fais à nouveau mon business ».

C’est votre premier film, vous travaillez avec de très bons acteurs. Ce n’est pas trop dur de travailler avec eux ? Liv, Frank et les autres ?

[Jake] Non c’est facile, c’est drôle car ce sont de merveilleux acteurs. J’ai un grand respect pour eux, le tournage n’a duré seulement que 20 jours. Ça a été très vite et c’est le seul moyen. Quand vous avez quelqu’un comme Frank qui en sortant du dressing fait une bonne première prise, que la 3ème vous impressionne, et qu’il en reste encore 2 à faire… En 5 prises c’est fini et on poursuit. Je ne sais pas comment j’aurais fait sans ce genre de talent. Certains films auraient pu marcher mais je ne sais pas comment j’aurais pu faire sans eux, le tournage a été très difficile.

[Frank] Il y a une scène dans le film où je suis à table regardant des plans mais je perds mes lunettes et le robot derrière s’inquiète. Il y a beaucoup de dialogue et pour y parvenir rapidement j’avais mis des fiches un peu partout sur le bureau avec mon texte dessus. On a tourné la scène et Jake m’a dit que c’était vraiment bien et je lui ai dit « I’m an actor ». C’était fun, on n’avait pas la pression.

C’est votre première fois à tous les deux au festival de Deauville ! Que saviez-vous du festival avant de venir ? Qu’en pensez-vous et que ressentez-vous sur le fait d’être en compétition ?

[Frank] Bien, je ne savais pas que le film était en compétition en venant, je suis venu pour le film et pour le séjour et je profite bien des deux. J’ai fait beaucoup de festivals mais là je ne savais vraiment pas qu’on était en compétition, quelqu’un me l’a dit récemment. C’est une bonne surprise et maintenant je veux gagner.

Allez-vous voir d’autres films dans la compétition ?

[Frank] Non, nous partons à Paris demain matin, je commence à tourner un autre film en France dans 10 jours et je vais aller en Italie d’abord.

[Jake] J’en ai déjà vu certains dans d’autres festivals aux USA, c’est vraiment une très bonne sélection. On voit vraiment que les gens ici aiment le cinéma et c’est vraiment agréable.

[Frank] Je l’ai dit à Jake tout à l’heure, je ne veux pas critiquer les gens de mon pays mais ici vous avez une réelle passion pour le cinéma. Les questions qu’on nous pose, l’enthousiasme des gens. J’ai fait des festivals pour Wall Street 2 mais ce n’était pas aussi bien, je n’avais pas beaucoup aimé. C’était vraiment difficile pour les journalistes de montrer qu’ils étaient enthousiastes. Mais là on voit vraiment que vous avez aimé le film.

A propos du film :

[Frank] Ma sœur l’a vu hier soir dans un petit cinéma de Sylvania, dans une petite ville. Elle a envoyé un mail à Jake pour dire qu’elle avait vraiment aimé le film mais pas la fin, elle voulait que le robot revienne. Je pense que les gens veulent que Frank ait un nouveau robot. Pourtant il a juste appris au Robot comment voler. Mais tout le monde dit « Oh c’est mignon, il faudrait qu’il ait un autre robot ».

C’est votre première fois à Deauville mais est-ce votre première fois en France ? Êtes-vous influencé par le cinéma français, le cinéma européen ?

[Jake] Ce n’est pas ma première venue en France, j’ai déjà réalisé des publicités françaises avant. Pierrot le fou est un de mes films favoris (mon accent est terrible, désolé), je ne sais pas si il a particulièrement influencé ce film mais moi certainement comme étudiant en cinéma. Quand on tourne pour la première fois, on découvre la nouvelle vague française, tout le monde passe par là.

Votre film est un film indépendant, voudriez-vous plus tard faire un blockbuster ?

[Jake] Oui dès que possible ! Dès que je peux faire exploser le plus de chose, mettre ma main sur la dynamite.

[Frank] Il veut avoir un gros bouclier autour de lui et dire « Action », puis me voir voler à travers les airs.

[Jake] Non, ce que  je veux dire c’est que ce qui m’intéresse c’est ce scénario étrange, que les studios ne veulent pas vraiment avec une structure relativement ordinaire. Faire quelque chose d’intéressant à partir de ça.

Le prénom Frank dans le film, est-ce une coïncidence ?

[Jake] Non quand on a fait le court métrage il s’appelait déjà Frank, c’était il y a 10 ans et nous n’avons jamais pensé à quelqu’un d’autre que Frank pour ce rôle.

[Frank] Oui, mon nom est Frank !

Le nom du robot de la bibliothèque « Darcy » est-ce une référence à Orgueil et Préjugés ?

[Jake] Oui absolument, c’est Jennifer de la bibliothèque qui lui a donné son nom.

Quel est votre prochain projet ?

[Jake] J’ai quelques projets en développement mais je ne sais pas encore lequel sera mon prochain film.

[Frank] Je vais tourner un film avec Nicole Kidman et Tim Roth, à propos de Grace de Monaco. C’est sur la relation entre Grace Kelly et le prince Rainier réalisé par Olivier Dahan. Ça commence dans quelques semaines.

Et vous [Frank] quels sont vos films/réalisateurs français préférés ?

[Frank] Les vieux films des années 60, j’étais un grand fan de Jean Paul Belmondo, j’étais fou de lui quand j’étais un jeune garçon, je voulais être comme lui.

J’aime aussi beaucoup les premiers films avec Gérard Depardieu, j’ai fait un film avec lui et Ridley Scott (1492 – Conquest of Paradise). Et aussi le film avec le bain, « Diabolique ». J’aime beaucoup les films européens, j’ai grandi avec les films français, italiens, anglais. C’était vraiment une période magique pour faire un film. Et les films italiens avec De Sica, Visconti, Fellini j’ai vraiment grandi avec. Jake n’a pas grandi avec ces films, il n’a pas du les voir, ils ne sont rien pour lui, ils n’ont pas dû l’inspirer. Il devrait retourner en arrière et voir ces films, il y en a tellement.

[Jake] Non, non je les ai vu, j’ai grandi avec. Je connais Belmondo. Pierrot le Fou, c’est lui.

[Frank] Mais non je ne te critiquais pas Jake ! Je constatais juste. Je disais que ce n’est pas tous les jours de ta vie, pas une aussi grande part de ta vie que la mienne. Tous les jours on se réveille et il y a un grand nouveau film italien à courir aller voir, un français, un anglais.

 

 

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