On ne va pas se mentir, j’ai dû prendre mon mal en patience. J’avais précommandé mon édition collector de Clair Obscur Expedition 33 en juin 2025, et après des mois d’attente et de manque d’information, elle a enfin atterri dans mon salon. Entre-temps, la hype autour de Clair Obscur est montée, a explosé, puis est redescendue. C’est donc avec un regard un peu décalé, loin de l’effervescence des premiers jours, que j’ai passé mes mois de mars et avril à platiner le titre de Sandfall Interactive sur ma PS5.
C’est un coup de cœur visuel, mais c’est aussi un jeu qui m’a parfois fait lever les yeux au ciel. Je vous explique pourquoi ce voyage au bout du monde m’a laissée sur ma faim.

Un univers qui m’a happée, une musique qui m’a lassée
J’avais réussi à ne pas me faire spoiler le récit, les secrets au-delà du gommage. Et c’était un plaisir de découvrir que mes connaissances se résumaient au prologue. Le scénario m’a tenue en haleine : cette idée de la Peintresse qui gomme les gens à un âge précis, c’est une thématique forte, mûre, qui résonne particulièrement quand on est dans la tranche d’âge des personnages.
La direction artistique est magnifique. On sent l’influence de la France du XXe siècle, ce mélange de Belle Époque et de fantastique pur. Les visages sont d’une finesse incroyable et j’ai adoré parcourir ces “tableaux” vivants.
Par contre, on en a fait des tonnes sur la musique. Certes, elle est magnifique au début, très mélo, très épique. Mais je vais être franche : au bout de 55 heures pour décrocher le platine, je n’en pouvais plus et je finissais par jouer avec le son au plus bas. C’est devenu répétitif, presque envahissant. À force de vouloir me tirer des larmes à chaque coin de couloir, j’ai fini par saturer.

Le gameplay : un jeu de rythme
C’est là que j’ai vraiment déchanté. J’adore les J-RPG (Persona Forever) pour la stratégie, pour le plaisir de chercher le combo parfait entre les personnages. Ici ? Rien de tout ça. Le jeu se résume à un immense QTE géant. Tout n’est qu’une question de timing. Que je possède un build optimisé ou une équipe montée n’importe comment, tant que j’appuyais sur le bouton au bon moment pour parer ou esquiver, je gagnais.
J’ai eu l’impression de jouer à un jeu de rythme plus qu’à un jeu de rôle. C’est le niveau zéro de la tactique. Quant aux menus pour gérer les Pictos et les Luminas, c’est une véritable cata ergonomique. J’ai fini par équiper des trucs au pif tant l’interface est illisible et confuse. J’ai joué en mode pilote automatique, jusqu’à la fin de l’histoire. Ensuite avec le End Game, j’ai enfin dû puiser dans la partie Pictos & Luminas pour les vrais défis et comprendre ce que voulait dire l’interface de gestion.

Un end-game qui part en délire total
Tant que je suivais la trame principale, la difficulté était plutôt bien dosée et le récit intéressant, prenant. Mais une fois l’histoire terminée, c’est devenu n’importe quoi. Le end-game manque cruellement de lore, de fond, de raisons de s’investir. On nous balance des boss à la difficulté délirante, comme si les développeurs avaient voulu compenser la pauvreté du système de combat par des statistiques pétées.
J’ai fini par décrocher le platine par pur orgueil, parce que j’avais attendu mon collector pendant huit mois, mais je n’en ai tiré aucun plaisir. Les quêtes annexes sont trop minces, je trouve que Cléa & Simon sont trop réduits dans le lore, alors qu’ils auraient pu apporter tellement plus.
Et puis terminer par les défis des Gestrals, j’avais envie de me tirer une balle tellement le style de jeu plateforme ne correspond absolument pas à la physique du jeu. L’ENFER !

Ce que j’en retiens finalement
Je ne vais pas dire que Clair Obscur est un mauvais jeu. C’est une expérience visuelle marquante, avec des personnages auxquels je me suis vraiment attachée (Lune & Verso) et de très bonnes idées sur le récit. Mais derrière l’habillage somptueux et la hype démesurée de l’an dernier, je trouve que le cœur du jeu est assez creux.
C’est une fresque sublime à regarder, mais une expérience assez ennuyeuse à jouer sur la durée. Je suis contente d’avoir mon collector sur l’étagère, c’est un bel objet, mais une fois le platine bouclé, j’ai désinstallé, saturée.
Sur ce, je vais lancer Hadès II, qui débarque enfin sur PS5 !
Infos Pratiques
- Où : Disponible sur PS5, Xbox Series et PC.
- Prix : 49,99€ (ou beaucoup plus cher si vous avez craqué pour le collector comme moi).
- Verdict : À faire pour l’histoire, mais ne vous attendez pas à une révolution du gameplay.







