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[ Cannes 2019 ] Top 5 des films vus

Cannes touche à sa fin et pour célébrer une semaine folle de cinéma, voici un petit top tout à fait personnel et subjectif des films que j’ai préféré cette année, toutes compétitions confondues.

5. J’ai perdu mon corps (Semaine de la critique)

Petite bombe d’animation, Jérémie Clapin s’est vu décerner le Grand Prix à la Semaine des réalisateurs. Le film raconte l’histoire d’une main qui va entamer un périple dans Paris pour retrouver son corps. Construit comme une chasse au corps entrecoupé de flash-back, J’ai perdu mon corps est un bonheur de poésie et de tendresse.

L’animation est très belle et la mise en scène de Jérémie Clapin vraiment impressionnante. On en ressort étourdit, éblouit. Le film sortira en salle le 06 novembre 2019.

 

4. Sibyl (Compétition officielle)

Depuis La Bataille se Solférino, on suit avec attention le cinéma de Justine Triet. Avec Victoria, elle prenait un peu plus de gravité et confirmait la naissance d’une grande actrice : Virginie Efira. Avec Sibyl, Justine Triet va un cran plus loin en proposant un scénario fleuve qui prend pour décors le cinéma. Le titre ne nous avait pas menti, c’est bien l’histoire de Sibyl que l’on va suivre. Les autres personnages servants de reflets. Sibyl c’est une fois encore une femme forte qui va voir ses certitudes s’envoler le jour où elle rencontre Margaux, jeune comédienne amoureuse transie, qui la ramène à elle plus jeune, amoureuse folle aussi d’un pervers narcissique. Cette rencontre va faire voler en éclats tout ce qu’elle a fuit. Une histoire de fissures, de fragilités, de femmes surtout. On est entraînés par ce tourbillon de passion grâce à la mise en scène fracassante de la réalisatrice française.

Un film fascinant porté par une Virginie Efira encore une fois au sommet. Le film est actuellement en salle.

3. Une vie cachée (Compétition officielle)

Plongeons-nous en Autriche dans les années 40. On y croise Franz, heureux paysan qui vit en harmonie dans son village Radegund. Maris et père, il cultive son jardin. Alors que l’Allemagne d’Hitler commence à rassembler ses troupes, Franz va s’interroger sur la notion du bien, du mal, des injustices jusqu’à ce qu’il soit appelé à rejoindre les rangs… Il y a quelque chose de tout à fait fascinant dans le film de Malick. D’abord on a l’impression que ses précédents films servaient de brouillon à quelque chose de plus grand.Avec Une vie cachée, il renoue avec la narration linéaire en s’appuyant sur une histoire vraie. Il en oublie pas pour autant son sens du cadre et de la mise en scène (voix off et grand angle). Les deux réunis forment le film de toute une vie. Le plus intime et le plus abouti de son réalisateur. Le plus bouleversant aussi. Et devant le drame qui se déroule sous nos yeux, on se questionne nous aussi sur nos croyances. Pas forcément en dieu mais sur nos valeurs. Faut-il mourir pour ses idées ? Vaut-il mieux être celui qui est victime d’injustice ou celui qui les fait subir ? Un acte isolé peut-il être la petite goutte d’eau qui fait changer les choses ? Moins bavard et plus concret, Malick offre à Cannes un immense moment de cinéma. Un film de cinéma qu’il ne faudra pas voir à la maison.

Vers une présence au palmarès ? Sans doute vu à quel point les thèmes de prédilection du cinéaste sont proches de ceux d’Inarritu… Vue la compétition, il est aussi probable que le jury décerne un prix pour l’interprétation d’August Diehl. Un prix qui serait largement mérité mais ne récompenserait pas le duo d’acteurs (Valérie Pachner) qui porte le film sur leurs épaules. Sortie en salle non communiquée.

2. Parasite (Compétition officielle)

Parasite c’est l’histoire d’une famille en Corée que personne ne regarde. Des pauvres gens qui enchaînent les boulots alimentaires. Jusqu’au jour où le fils se fait engager comme professeur d’anglais dans une famille aisée. Il va faire recruter sa soeur comme professeur d’art. Son père comme chauffeur. Sa mère comme gouvernante. Evidemment personne ne sait qu’ils font parties d’une seule et même famille et qu’ils sont évidemment des (gentils) arnaqueurs… Je vous en dis pas plus mais vous pouvez imaginer que le choses n’en resteront pas là. Il y a quelque chose de très séduisant dans le film de Bong Joon-ho. C’est à la fois un très bon divertissement très intelligent mais aussi une critique cynique de la société. Un écart entre les classes que rien ne peut réduire.

Le film est rythmé, on ne s’ennuie jamais. L’ambiance gentiment électrique puisqu’on sait que ça va craquer mais on ne sait ni comment, ni par qui, ni quand ! Quel bonheur de regarder un film dans une salle enchantée qui applaudit volontiers au générique de fin. Sortie en salle le 05 juin 2019.

1. Portrait de la jeune fille en feu (Compétition officielle)

Céline Sciamma nous présente un portrait intime sur la naissance de l’amour entre deux jeunes femmes. La première, artiste, libre de lire, d’aimer, de voyager, de peindre. L’autre, épouse promise habituée à ce que les carcans de son rang lui impose une ligne de conduite. La première doit faire le portrait de la seconde pour l’offrir au futur maris. A force de passer du temps ensemble, les deux vont se découvrir, s’apprécier et se désirer. Il y a plusieurs incroyables réussites dans ce film. La première, la façon dont la peinture va autant distancer que rapprocher les deux femmes. La deuxième, la tension sexuelle qui perfore l’écran dès la rencontre. Une tension qui monte monte monte et qu’on veut voir exploser. Le film explore toutes les émotions. On rit. On sourit. On se pince les lèvres tellement ce qui se passe est beau. La mise en scène incroyable. Et puis les frissons. Les larmes devant une dernière scène d’une puissance rare. Et puis des images qui résonnent. La page 28. Le feu. Adèle. Noémie. Céline Sciamma a rejoué La Vie d’Adèle. Sans Adèle. Avec Adèle. La pudeur en plus. Un digne héritier de la Leçon de Piano. Ma palme. Le double prix d’interprétation féminin. Le César de la meilleure actrice et du meilleur espoir féminin. Sortie en salle le 18 septembre 2019.

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