Mon père va me tuer est un film de Daniele Cipri (La Pecora nera) qui sort en France le  2 janvier 2013.

Synopsis Palerme, les années 70. La famille Ciraulo vit dans un quartier misérable de la ville. Suite à la mort de leur fille, tuée lors d’un règlement de compte, la famille découvre qu’il existe un fonds d’indemnisation des victimes de la Mafia. Le père décide alors d’investir dans une luxueuse voiture : plus qu’un symbole de richesse, elle deviendra l’instrument de leur défaite et de leur ruine.

Casting : Toni Servillo, Giselda Volodi, Alfredo Castro, Fabrizio Falco

Le film est l’adaptation du roman d’un auteur sicilien, Roberto Alajmo, « E’ stato il figlio », traduit et publié en France sous le titre « Fils de personne » et se déroule dans les quartiers pauvres de Palerme. Il a en réalité été tourné à Brindisi (dans le talon de la botte).

On y découvre le quotidien d’une famille pauvre sicilienne, le père, le grand-père et le fils travaillant quand ils le peuvent à désosser de vieilles épaves rouillées échouées dans un ancien port industriel, la mère s’occupant de la maison avec la grand-mère. Ils vivent dans les immeubles d’un quartier crasseux où l’eau se fait rare et la chaleur est omniprésente. Elle est omniprésente également à la pellicule, l’image possède un beau grain, la lumière est chaude et la photographie superbe fait que l’on sent presque les odeurs de ces quartiers, de la rouille du chantier, de la sueur.

L’histoire est traitée de manière très étrange. Tout y est grotesque, de l’interprétation des personnages aux évènements, tout y est traité avec une dérision étrange et rien ne paraît jamais complètement sérieux. Mais le grotesque doit apporter de l’humour, du recul, du rire. Or dans ce film rien ne fait rire, même des scènes qui ne sont là que pour amener de l’humour tombent à plat. Tout y est caricaturé avec outrance sans pourtant provoquer un sourire. On s’interroge sur la nécessité de présenter les personnages de cette façon. Les personnages sont au summum de l’idée caricaturale que l’on peut avoir de l’Italien. Dans ce film, les Italiens s’exclament très fort, bougent les mains dans tous les sens, se font la tête, s’engueulent, se hèlent depuis les fenêtres et sont sales et vulgaires. Le père est forcément un beauf, chemise ouverte sur un marcel taché de gras sur lequel pend un pendentif en or sortant d’une forêt de poils, parlant très fort avec ses mains et grimaçant (très grosse performance de Tony Servillo cela dit, qui porte le film sur ses épaules en surjouant, manifestement à la demande du réalisateur).

L’histoire se termine sur un vrai drame de la pauvreté qui clôt l’histoire en relevant le propos et en apportant un côté très amer et désespéré. Mais elle fait du même coup regretter que le traitement du reste du film ne soit pas à la hauteur en plongeant le spectateur dans un ennui profond devant toute cette bizarrerie qui ne parvient pas à nous arracher un sourire ou une émotion.

Note : 4/10 L’image est superbe, la fin dramatique, le reste du film est grotesque dans le mauvais sens du terme et ponctué de scènes caricaturales sans grand intérêt ne parvenant pas à faire sourire malgré tous les efforts visibles déployés pour y arriver.

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Blogueuse spécialisée dans les écrans. Partage son temps entre les bouquins, les jeux vidéo, les séries TV, le cinéma et les podcasts.

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