EDIT : Cet article sur l’expo a été écrit avant que j’aie connaissance du naufrage de l’auteur. Article de 2023 concernant les pensées actuelles d’Enki Bilal (merci Nassim)


Admiratrice du travail d’Enki Bilal depuis ma découverte du film Immortel, l’annonce d’un lieu permanent dédié à son univers à Paris relevait du rêve éveillé, déjà il y a quelques années je m’étais jetée sur l’exposition Mécanhumanimal. J’ai suivi le projet, participé à la campagne de financement et, une fois mon billet d’entrée en poche, je suis allée rue Charlot pour découvrir ce tout nouvel espace.

Le résultat dépasse franchement ce que j’espérais. On se retrouve projeté dans un univers familier et pourtant totalement réinventé, porté par une muséographie qui rend honneur à 50 ans de création.

Un lieu d’art vivant au cœur du Marais

Installé dans l’ancienne galerie Denise René, ce lieu historique de l’art contemporain accueille désormais 260 m² de création brute. L’espace refuse le côté musée figé, c’est un endroit pensé pour circuler, discuter, projeter des films et faire vivre la bande dessinée au même rang que les arts plastiques.

Pour cette exposition inaugurale, le Fonds a rassemblé plus de deux cents œuvres. On y croise les premières planches encrées pour le magazine Pilote dans les années 70, les collaborations mythiques avec Pierre Christin, jusqu’aux peintures récentes et aux planches de la série BUG. Ces célèbres bleus, ces teintes acier et nuit si particulières, envahissent l’espace et dialoguent avec des éclats de rouge vif.

Une traversée dans nos futurs déjà présents

Ce qui saisit lors de la visite, c’est la dimension prémonitoire de ses récits. Parcourir les salles en observant les planches de La Trilogie Nikopol ou de Partie de chasse, c’est constater à quel point Bilal avait compris nos obsessions actuelles bien avant tout le monde. La dépendance technologique, les crises géopolitiques, le rapport au corps hybride : tout était déjà là, dessiné il y a trente ou quarante ans.

J’ai particulièrement aimé l’accent mis sur sa technique picturale. On réalise à quel point chaque case est pensée comme une peinture indépendante, travaillée à l’acrylique et au pastel, avant d’être assemblée avec une précision cinématographique. Une partie réserve aussi une belle surprise autour du chessboxing, cette discipline mêlant échecs et boxe imaginée dans Froid Équateur, devenue aujourd’hui un vrai sport pratiqué à l’international.

Une exposition à ne pas rater

Que l’on soit connaisseur de la première heure ou simplement curieux d’art contemporain, ce nouveau lieu s’impose déjà comme une étape culturelle capitale à Paris. La rétrospective offre une claque visuelle remarquable et pose un regard acéré sur notre époque.

Bloquez votre après-midi, prenez votre billet et allez constater par vous-même la force du pinceau de Bilal, un pinceau bien actif d’ailleurs, une œuvre exposée est toujours en cours de réalisation, et visible.

Infos pratiques

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Blogueuse depuis 2009. Partage son temps entre les BD/Comics, les jeux vidéo, les séries TV, le cinéma et les podcasts.

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