Le troisième et dernier volet de la saga Jeanne des Embruns, intitulé La mer promise, est paru il y a quelques semaines aux éditions Glénat. Débutée en janvier 2024, cette série de bande dessinée signée Jean-Christophe Deveney (Soli Deo Gloria) au scénario et Valentin Varrel au dessin se clôture sur un album de 144 pages. Après deux tomes consacrés à la découverte du peuple des sirènes et aux conflits maritimes, ce volume final déplace l’action vers les terres nordiques pour résoudre les mystères entourant les origines de l’héroïne.

Un récit de formation entre deuil et quête identitaire
L’intrigue de ce tome 3 reprend après la victoire de l’Empire Marin. Jeanne, désormais orpheline après le décès de son père, le Marquis de Gabrini, quitte le golfe d’Arz pour une ultime expédition. Accompagnée de ses fidèles alliés siréniens, Abyss et Écume, elle fait route vers le Fjordland. L’enjeu n’est plus uniquement la survie d’un peuple, mais la compréhension d’un secret familial lié à sa mère.
Le scénario de Jean-Christophe Deveney gagne ici en densité. Si les premiers tomes posaient les bases d’un univers fantastique classique, cette conclusion se concentre sur la transition de Jeanne vers l’âge adulte. Les thématiques abordées sont plus graves : la gestion du deuil, la responsabilité des choix individuels et la recherche de ses racines géographiques et culturelles.
Une identité visuelle proche de l’animation
Visuellement, on sent que Valentin Varrel vient de l’univers de l’animation. Son trait a quelque chose de très vivant et de coloré qui rappelle des films comme Anastasia.
Dans ce dernier tome, il délaisse un peu les fonds marins pour nous plonger dans l’ambiance du Grand Nord, avec des bleus profonds et des blancs neigeux qui collent parfaitement au décor de la banquise. Les paysages sont d’ailleurs assez impressionnants : il utilise souvent de larges cases pour bien montrer l’immensité de l’océan. C’est beau, c’est lumineux, et même si l’histoire est assez complexe avec pas mal de choses à lire, on ne s’ennuie pas.
Le rythme reste fluide, ce qui rend l’ensemble vraiment plaisant à parcourir, que l’on soit un habitué du genre ou non.

Notre avis
Ce que nous retenons de cette trilogie, c’est sa capacité à traiter de sujets de société concrets sous couvert de fantastique. La série ne se contente pas de mettre en scène des sirènes ; elle explore la notion de “cohabitation” entre des mondes différents et la difficulté de trouver sa place quand on est issu de deux cultures.
Pour nous, Jeanne des Embruns se distingue par l’évolution réelle de son personnage principal. Jeanne ne reste pas une figure figée ; elle vieillit, doute et s’endurcit. C’est une proposition intéressante pour ceux qui cherchent des récits où l’héroïne ne se définit pas uniquement par ses exploits, mais par sa capacité à affronter son histoire personnelle.
La mer promise boucle efficacement les intrigues lancées en 2024. La série évite les conclusions simplistes et offre une fin cohérente avec le ton global de l’œuvre.
On vous le recommande à partir de 10-12ans !
