Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir.

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C’est peu de dire qu’on attendait The Revenant en ce début d’année 2016. Depuis sa mise en chantier début 2014, le projet a mis l’eau à la bouche d’à peu près toute la planète. Parce qu’Iñárritu est un réalisateur ambitieux, il voulait que son film marque les esprits. Même si on en a su très peu dès la pré-production, le réalisateur de Birdman n’y est pas allé de main morte pour le tournage : presque un an de shooting immobilisant tout le staff et le casting dans les contrées éloignées du Canada puis dans l’extrême sud de l’Argentine. En plus du climat polaire, le film a uniquement été tourné à la lumière naturelle. Logistiquement, on imagine bien la difficulté d’organisation avec entre autres les aléas de la météo. Mais encore une fois, Iñárritu savait ce qu’il voulait. Et tout le cast s’est mis au diapason. Même lors des reshoots fin 2015.

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En fait, on a cru que le tournage ne se finirait jamais. Et quand DiCaprio s’est rasé la barbe après plus de deux ans il y a quelques semaines, on a su que c’était terminé et que The Revenant serait bientôt près à être montré.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le film mérite cette attente. On s’en rend compte dès les premières images, sublimes, comme rarement vu au cinéma. La nature n’a jamais été si bien filmée. C’est simple, chaque plan est un pur chef d’oeuvre. Sans parler des nombreux plans séquences qui occupent la première demie heure du film. L’action des premières minutes est extrêmement immersive grace à ce procédé, on suit en temps réel les violentes attaques et la caméra vient se placer au bon endroit à chaque mouvement et ce, sans aucune coupe pendant quelques minutes. Du pur génie.

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C’est la nature la vraie héroïne de ce long métrage : belle, généreuse mais aussi souvent hostile, froide et sans pitié. La nature qui s’impose à Glass, le personnage principal incarné par Leonardo DiCaprio : dure, concrète avec laquelle il doit composer chaque seconde malgré son hostilité.

La nature humaine n’est pas en reste, elle est également au centre de l’histoire dans ses manifestations les plus positives (l’espoir,  l’amour) mais aussi négatives (la haine, la revanche).
Un sous texte un peu manichéen mais tellement réaliste qu’il colle à la perfection au récit. Un récit brutal qui se contente de raconter l’essentiel : la survie.

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Pour incarner des personnages forts et sans concession, il fallait des acteurs au niveau. Et ils le sont tous. Même les seconds rôles qui forment une galerie de personnalités complexes et brutes. DiCaprio est largement à la hauteur, voire même au dessus. Il survole le film avec une sauvagerie et une sensibilité qu’on n’attendait pas. Quant à Tom Hardy, il livre une prestation remarquable : sortant du cliché du simple bad guy, il va plus loin en nous offrant une interprétation riche et profonde, disons le, carrément flippante.

C’est dans leur affrontement final que le film prend tout son sens : là où la volonté de vengeance rencontre la rédemption. Une conclusion humaniste : même quand l’homme a subi le pire, il lui reste malgré tout un semblant d’humanité à transmettre.

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Aussi parfait que glacial, The Revenant est une poésie violente sur le deuil et la rédemption. Ses paysages arides restent dans l’esprit pendant des heures tout comme le visage marqué de DiCaprio qui ne lâche jamais rien, à l’image de son personnage. Un film qui fera date.

Notre note : 9,5/10

Author

Maman de Films-horreur.com, et cinéphile contradictoire. Aime Tom Hardy et le Roi Lion. Dans la vie, s’enflamme très vite pour tout et rien, caractérielle à plein temps et parisienne de coeur. Aime le vernis à ongles et les labradors

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