Le plus célèbre des agents secrets est enfin de retour. Quatre ans après le très moyen Quantum of Solace, l’espion au service de sa majesté signe un retour remarqué mais pas suffisant pour nous mettre d’accord. Une fois n’est pas coutume, vos humbles serviteurs vont se déchirer pour vous dire si oui ou non il faut aller voir ce Skyfall.

Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

Si nous sommes tout deux d’accords quant à l’ouverture tonitruante de ce nouvel opus, impossible de nous accorder sur un avis autour de ce James Bond. Trop Nolanien pour l’un, allure de chef d’oeuvre pour l’autre, pas assez Bond ou hommage magistral à la Saga, trop lent ou contemplatif volontaire, il semblerait que nous n’ayons pas vu le même film. Alors pour ou contre Skyfall ?

Marine – CONTRE

A la vue de son réalisateur et après avoir vu sa bande annonce épique, on attendait énormément de ce Skyfall. Et après cette scène d’ouverture en tout point géniale on ne voyait pas comment ce James Bond pouvait nous décevoir. Pourtant, après 2h30 de pure ennui, on se dit que Sam Mendes nous a bien pris pour des idiots. Un scénario trop lent, une mise en scène trop esthétisante et une intrigue aussi passionnante que l’épisode 3218 des Feux de l’amour nous auront définitivement faché avec l’ère Craig. Si la concentration est de mise on passera tout de même de bons moments lors des quelques scènes d’actions qui peupleront ce film notamment lors de la bagarre dans les tours de Shangai ou lors de l’évasion de Silva dans le métro londonien.

Mis à part ces scènes on se demandera souvent si on est effectivement devant un James Bond. Pas de gagdets, pas de filles sublimes (Un 007 sans James Bond Girl peut-il vraiment être un James Bond ?) ni de sexe et pas vraiment de méchants à faire froids dans le dos. Et si on aimait James Bond justement pour son côté machiste et son assurance à toute épreuve, on se demande bien pourquoi la Saga s’éloigne de toute son essence. Skyfall s’apparente ainsi comme une parenthèse, un prequel à d’autres films qui suivront, sans doute excellents.

Difficile aussi de comprendre cet “effet Nolan” qui oblige toutes les sagas à suivre le même schéma qu’un Batman, qu’un Spiderman et bientôt d’un Superman. James Bond qu’on croyait incorruptible semble avoir cédé à la mode nolanienne. James Bond ressemble alors plus à un Bruce Wayne face à ses doutes qu’à un espion sans foi ni loi. On sourit alors devant les effets de style et les idées scénaristiques qui nous transforment notre héros british en homme brisé qui tente une rédemption. La palme revenant bien sur à la fin du film dans laquelle on va remonter dans l’enfance de James (évidemment orphelin) qui va bruler la demeure familiale comme un phoenix qui renait de ses cendres … RIDICULE

Après ces 2h30 de films, on se dit que Sam Mendes a quand même bien craqué. Un méchant plus pathétique que dangereux, deux James Bond Girl sans saveurs et un scénario plus efficace qu’un Lexomil, nous auront fait beaucoup réflechir sur l’avenir de la Saga et sur l’ère Craig Bond. Sean revient ils sont devenus fous !

Alexis – POUR

Après l’incroyable Casino Royale et le très décevant Quantum of Solace, on était impatient de voir ce que nous concoctait ce nouveau James Bond. Et avec le grand Sam Mendes à la réalisation, nous étions en droit d’attendre le meilleur. Ne cherchez pas, Skyfall est l’un des meilleurs James Bond à ce jour !

La grande réussite du film repose sur un Daniel Craig encore et toujours parfait transformant totalement le James Bond classique. Déjà assez fascinant dans Casino Royale, l’acteur britannique a su totalement s’approprier le rôle de l’agent secret, pour en faire un personnage complexe et torturé. Et c’est bien là la force de Skyfall, avec un héro mal dans sa peau se laissant déborder par ses sentiments et ses émotions ; élement novateur dans la saga, tant l’agent secret semblait jusque là presque intouchable. Le point d’orgue du film revenant alors à son retour dans sa maison familiale écossaise, où l’on en apprends alors un peu plus sur l’histoire de James.

Il est évident que Skyfall pourra en dérouter plus d’uns. Quand on va voir un James Bond, on s’attends à y voir des bimbos, des gadgets toujours plus incroyables et des méchants vraiment très très méchants. Mais ouvrons les yeux, cela fait maintenant depuis plus de 50 ans que l’agent secret occupe nos écrans à travers 6 acteurs différents. Il était temps que le personnage évolue avec notre société et c’est qui se passe magistralement depuis la reprise du rôle par Daniel Craig. Chose encore plus évidente avec ce dernier opus. Skyfall nous entraîne ainsi dans un scénario assez simple certes, mais totalement enclin avec les problématiques actuelles de défense nationale : la sécurité informatique. Le méchant n’est alors plus un général fou ou un mégalomane mafieu, mais simplement un agent du MI6 déchu, petit génie en informatique s’attaquant aux organes de l’état pour se venger. Dans le rôle, Javier Bardem est alors excellent, métamorphosé en adversaire complexe et vicieux. L’acteur espagnol ne nous avait pas autant bluffé depuis No Country for Old Men.

Daniel Craig et ce Skyfall aurons marqué un tournant dans l’aventure de l’Agent Secret. Fini le héro qui réussit tout sur son passage, le James Bond d’aujourd’hui est un peu plus fatigué, ne réussit plus ses tests physiques et il lui arrive parfois de se tromper voir d’échouer ; comme tout être normal à vrai dire… Sam Mendes a su donner une vraie profondeur au personnage, le rendant encore plus intriguant et passionnant. Si Skyfall ne vous coupera pas le souffle pendant 2h30 par des scènes d’actions insensées, il vous clouera à votre siège par un suspense haletant et une mise en scène superbe (mention spéciale aux paysages écossais, magnifiques). Un nouvel épisode avec une grande intensité dramatique, nous offrant un “vrai” grand film (loin de certains James Bond sous forme de séries B). Une métamorphose aussi nécessaire que réussie.

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