Si on nous avait dit à l’époque de Taxi Driver que 25 ans plus tard son auteur réaliserait un conte pour enfants en 3D on ne l’aurait sans doute par cru. Et pourtant, l’immense Martin Scorsese surprend encore et propose fin 2011 un grand film de Noël hommage, en plus, au cinéma. Enchanteur.

Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé – en forme de cœur – qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

Mais qu’est-il arrivé au maître du film de Mafia New-Yorkais pour se lancer dans le divertissement pour enfants en utilisant en plus la 3D ? C’est la question que beaucoup de monde s’est posée à la vue du nouveau projet du réalisateur des Affranchis et de Shutter Island. Puis les interviews sont tombées, les critiques n’en finissaient plus d’éloges sur Hugo Cabret, alors on s’est dit que tout de même Martin Scorsese est un dieu vivant et que son nouveau film devait valoir le déplacement.

Au premiers abords, Hugo Cabret apparaît comme un film pour enfants. Les premières minutes nous mettent immédiatement dans l’ambiance et Martin Scorsese nous prouve que même avec le numérique et la 3D il est habile. Esthétiquement le film est un véritable choc. Paris n’a jamais été aussi beau que dans cette gare et sous cette neige qui ne semble jamais cesser. Hugo, sorte d’Oliver Twist, nous entraine avec lui dans les entrailles des horloges de la gare Montparnasse. La magie peut alors commencer.

Sous ces yeux incroyablement bleus, Hugo cache en lui de lourdes douleurs. Orphelin, exploité par son oncle, il lutte pour ne pas finir à l’orphelinat tout en cherchant à découvrir le secret que lui a légué son père avant de mourir. Les flash-backs sont d’une profonde intensité et fond petit à petit basculer le film dans un ton plus lourd, plus grave malgré une aventure passionnante et très fraiche menée tambour battant par deux gamins qui crèvent l’écran.

Si le film traine un peu en longueur, Hugo Cabret prend un tout nouveau tournant dès que l’on apprend que le gérant de la boutique de jouets n’est autre que Georges Méliès. Là, notre cœur fait boum lorsque l’automate dessine la Lune du Voyage dans la Lune signé Georges Méliès. Alors que celui-ci a tenté de tout oublier, Hugo Cabret va tout faire pour redonner foi au génie Méliès. C’est ici une leçon de détermination que nous donne Martin Scorsese qui nous dit que quoi qu’il arrive, l’espoir et le courage triompheront de tout et de tous. Fini alors le conte pour enfants et place à un vibrant hommage au cinéma et au travail de Georges Méliès, génie foudroyé en plein vol, incapable de s’adapter à la France de l’Après-Guerre. Magicien talentueux, touche à tout exceptionnel, Hugo Cabret est un voyage au cœur de la vie de Méliès. On découvre avec émotion les studios de Verre à Montreuil, Le Voyage dans la Lune et surtout la chute du géant. Durant toute la dernière partie du film on découvre qu’Hugo Cabret n’est pas destiné aux enfants comme on le croyait mais aux cinéphiles.

Martin Scorsese rend bien sur hommage à Méliès mais également à tout le cinéma. Il rend hommage à la magie, aux hommes qui ont fait du cinéma ce qu’il est aujourd’hui et en la persévérance et la foi. Et Hugo Cabret c’est en réalité un peu lui, un petit garçon qui a grandi dans le bruit et la foule et qui a découvert très vite le cinéma. Martin Scorsese n’est plus alors le réalisateur de renom mais simplement un cinéphile, amoureux du 7ème art comme personne. Avec Hugo Cabret il déclare haut et fort sa passion sans faille pour le cinéma.

Dans une édition DVD impeccable (l’image et le son sont au top), Hugo Cabret est le film à posséder absolument dans sa DVDthèque idéale. Des commentaires audios, un making off et de nombreuses interviews permettront d’en savoir plus sur le film, ses origines et sa réalisation.

Grâce à cette double lecture Hugo Cabret prend une dimension très forte. A la fois conte de Noël et poignant hommage au cinéma, Hugo Cabret séduira par ses propos et sa maitrise parfaite de la mise en scène. Drôle et touchant, il a aussi une véritable portée éducative et instructive (beaucoup se jetteront sur les travaux de Méliès après avoir vu le film). Et même si on a conscience qu’il aura du mal à garder éveiller les plus jeunes, on se dit que si a presque 70 ans un Homme est encore capable de rêver en grand alors le cinéma a encore de belles années devant lui.

Le film est disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 14 avril et distribué par la Metropolitan Filmexport.

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M.

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1 Comment

  1. Bon, je dois avouer que pour ma part je me suis vraiment fait chier devant Hugo Cabret. Pas vu en 3D, mais je doute que ça change qqc…
    Un film pour enfants, peut être, mais en ce qui me concerne mis à part la partie sur la naissance du cinéma, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, entre invraisemblances et incohérences, scènes longues et dialogues inutiles.
    Dommage

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