Premier film pour le jeune réalisateur Mikael Buch et première prise de risque payante malgré un postulat de départ difficile à accepter et certaines lourdeurs.

Tout le monde sait que Ruben est juif, homosexuel, facteur, mi-finlandais, mi-français, fils indigne, frère désobligeant, amant décevant, assassin douteux, voleur malgré lui… Pourtant Ruben, lui, est incapable de savoir qui il est. Au grand tournant de sa vie, alors que s’ouvrent devant lui les flots de la mer Rouge, Ruben hésite : doit-il suivre son peuple ou son cœur ?

Drôle de premier film pour un français. Mais il faut dire aussi que Mikael Buch a su s’entourer et la pâte de Christophe Honoré (quo-scénariste) se fait sentir tout au long de Let My People Go ! Drôle de projet oui que de parler d’un jeune homosexuel facteur vivant en Finlande juif qui plus est ! Un pari un peu fou de faire tomber les tabous et de se laisser aller à un cinéma fantaisiste à la limite du burlesque. On est ravi de voir que la jeune génération de cinéaste n’a pas froid aux yeux et se permet encore d’innover et d’oser.

Pas facile d’accès, Let My People Go ! se révèle au fil des minutes une bien agréable surprise. Sans doute grâce à la prestation implacable de son acteur principal Nicolas Maury et des seconds rôles triés sur le volet. Si le film démarre comme un joli conte enchanteur il tourne très vite en comédie de mœurs qui raconte l’histoire d’une famille comme les autres où les mensonges, les drames, les rires et les pleurs sont les maitres mots. On pense alors au cinéma de Bezançon dans la capacité de Mikael Buch à filmer l’infra-ordinaire, une famille au bord de la crise de nerf, toujours sur le fil, tentant de ne pas regarder en bas. Un joli portrait de famille que nous dresse Mikael Buch dans lequel le fils cadet est gay, la sœur dépressive, le plus grand tentant de sauver les apparences, et le père menant une double vie. Le tout sous l’aura d’une mère juive protectrice et aimante interprétée par la magnifique et immense Carmen Maura.

Au delà de cette chronique familiale, Mikael Buch tente de soulever des questions fondamentales sur le bonheur et sur la place de chacun dans la société. Douleurs existentiels ou drames du quotidien, Ruben porte en lui toute la complexité de la vie.

On rit beaucoup devant Let My People Go ! grâce à l’accumulation de situations coquasses et à un comique de situation toujours présent. Nicolas Maury porte en lui tout l’humour du film et emporte chaque scène vers des sommets. On regrettera seulement de ce premier long-métrage un manque de subtilité par moment et surtout la présence trop imposante de clichés en tout genre. Mais bizarrement on en veut pas trop au réalisateur qui signe un premier film total foutraque, stimulant, sur fond de crise identitaire.

M.

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1 Comment

  1. Sans aucun parti pris et sans chauvinisme,,,,,je l’ai vu la première fois à Paris,la seconde à Sarlat au Festival du film.Je me suis laissée porter par des scènes assez subtiles jouées par Ruben,un film trés coloré qui nous fait oublier presque la sensible histoire de ce personnage assez burlesque et touchante,,je tiens à rendre hommage à Mickael Buch pour son travail et à l ‘acteur Nicolas Maury qui a pu voler de ses propres ailes.Je souhaite vraiment que ce film soit vu par un maximum de personnes.

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