28 Octobre 2008 : Joaquin Phoenix annonce en direct à la télévision qu’il met un terme à sa carrière d’acteur pour se concentrer à la musique. Entre stupéfaction et incrédulité, c’est tout Hollywood qui s’affole devant le comportement du petit prodige de Walk the Line. Entre véritable démission et gros canular, Joaquin Phoenix décide avec son beau-frère Casey Affleck d’en faire un film. Vrai-faux documentaire sur sa reconversation, I’m Still Here navigue en eaux troubles. Coup de génie ou coup de folie narcissique ?

En 2008, l’acteur Joaquin Phoenix annonce qu’il prend sa retraite du métier et tente sa chance comme chanteur hip-hop. Durant un an, son beau-frère Casey Affleck, armé de sa caméra, documentera au jour le jour sa dépression, son dégoût de la célébrité et ses nombreux revers. Parallèlement, l’ex-acteur à l’apparence négligée entame la tournée de promotion du film “Two Lovers” de James Gray, durant laquelle il crache son fiel contre le show-business et tient des propos incohérents devant les caméras de télévision. Entre les sauteries avec ses amis et ses prestations de rappeur, Joaquin Phoenix, devenu la risée de tout Hollywood, crie son désespoir.

L’idée avait de quoi séduire. Imaginer le plus brillant acteur de sa génération (Gladiator, La nuit nous appartient, Two Lovers…) s’associer à un autre acteur en train de prendre le pas sur son frère (L’assassinat de Jessie James par le lâche Robert Ford, Gone Baby Gone, The Killer inside me…) pour réaliser une sorte de documentaire surréaliste sur un acteur en perdition. Et imaginer que cet acteur même est Joaquin Phoenix qui y interprète son vrai-faux rôle. Vous suivez ? Pas simple aussi. I’m Still Here raconte la vie de l’acteur Joaquin Phoenix, ou plutôt la vie qu’il aurait eu s’il avait vraiment décidé de se mettre au Hip-Hop. Un canular monté de toute pièce par Joaquin qui va loin, très loin. Trop loin?

Si l’idée est originale et l’interprétation de Joaquin Phoenix incroyable (il faut donc savoir que tout ceci est faux et que Joaquin Phoenix a composé son rôle pour ce film mais aussi dans la vraie vie pendant un an) on a du mal à voir en I’m Still Here un intérêt quelconque. Sur les 1h48 il ne se passe rien ou pas grand chose. On est ultra content pour Joaquin qu’il ait trouvé sa voix dans le Hip Hop, qu’il fasse appel à des putes ou qu’il se fasse chier dessus (littéralement) mais on a bien du mal à accrocher et trouver un but au film. Qu’est ce que Joaquin Phoenix a voulu faire ? Et pourquoi Casey Affleck s’est il laissé embarqué dans ce naufrage assuré ? On voit vraiment mal ce que les deux hommes ont voulu dire et le message qu’ils ont voulu faire passer. A part peut-être qu’ils emmerdent Hollywood…

Et à partir de là, difficile de ne pas jeter la pierre aux deux compères qui crachent sur un système auquel ils appartiennent pleinement … Difficile de ne pas voir dans le film un caprice d’enfant mécontent de ne pas avoir été pris au sérieux… Difficile aussi de ne pas déceler un narcissisme chronique de Joaquin Phoenix qui va jusqu’à se mettre en scène pour faire parler de lui.  Lui qu’on avait tant aimé sous la direction de James Gray, devient alors un être inintéressant, imbu de lui même et profondément égoïste. Un acteur qu’on a surtout envi de blâmer pour son caprice de Star et qu’on irait même jusqu’à boycotter. Une réelle déception de voir un si grand acteur tomber si bas…

Le vrai-faux documentaire de Casey Affleck n’est même pas un bon film ! Qu’on adhère ou pas à l’idée de départ, I’m Still Here aurait pu s’en sortir s’il racontait quelque chose d’intéressant. Ici le seul intérêt réside dans les images “réelles” où on voit tout Hollywood se foutre de lui. Un plaisir de voir Ben Stiller se jouer de lui aux Oscars ou lui proposer simplement le scénario de Greenberg… Pour le reste il n’y a aucun intérêt. Et la scène finale complètement inutile et prétentieuse nous fait que confirmer notre première impression de film raté de bout en blanc.

Alors oui, on ne peut nier que le paris était osé et qu’un canular aussi gros avait été filmé tout ce temps. Un cinéma réalité incroyable où chaque personne a été bernée sans le savoir. Un concept intéressant mais qui n’excuse pas le gros caprice de Joaquin Phoenix. On le préfère quand il apprend à jouer de la guitare pour un rôle que quand il prend du poids et se laisse pousser la barbe pour se foutre de la gueule de son métier. On espère que tout ceci ne jouera pas trop en sa défaveur pour le restant de sa carrière et qu’il reprendra des projets moins déroutants. He’s still here, oui, mais pourquoi, il était parti ?

M. & A.

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