A première vue, un n-ième film sur la boxe, un casting qui donne envie mais un réalisateur presque inconnu. Au final, un film magique et prenant, terriblement émouvant et magistralement interprété.

The Fighter c’est avant tout une histoire de famille. L’histoire de Micky, un jeune boxeur prometteur, qui penne à avancer. Entrainé par son demi-frère Dicky Eklund, Micky n’arrive pas à faire décoller sa carrière. Si Micky est sérieux et persévérant, Dicky, ancien boxeur reconnu et fierté de Lowell, est tout l’opposé. Suite à un échec sur le ring la star locale a plongé dans la drogue, complétement déconnecté de la réalité, il ne prend pas très au sérieux son rôle d’entraineur. Si Dicky s’occupe de la partie sportive, Alice leur mère, gère les affaires de Micky et est devenue son manager. La boxe est donc affaire de famille chez les Ward! Suite à un combat foireux et à sa rencontre avec une serveuse à la langue bien pendue, Micky décide de prendre son destin en main. Mais tout n’est pas simple quand il s’agit de famille…

Un film coup de poing qu’est ce Fighter ! Du début à la fin, on est comme fasciné et envouté par cette histoire. Dans ce climat glauque à la Trainspoting, The Fighter nous transporte dans un autre univers, celui où les femmes ont 8 enfants, où les junkys ne sont jamais embêtés, et où les policiers ne sont pas seulement gardiens de la paix… Propulsés dans un monde où la morale et l’honnêteté ne sont pas des préoccupations majeures. Par ses décors, les couleurs utilisées, et surtout par sa mise en scène, David O. Russell nous plonge dans un univers très sombre où l’espoir n’a pas vraiment sa place.

Le film porte bien son titre: The Fighter. Oui il s’agit d’un combattant, ou plus généralement de combats, et de nombreux combats. D’abord celui de Micky. Micky est un boxeur, il se bat sur le ring, mais il se bat aussi sans ses gants. Contre sa mère, qui l’oppresse et l’empêche de se réaliser, contre son frère surtout qui fait de lui son ombre et l’empêche d’exister à part entière. Micky se bat contre tous, contre les pronostics, contre sa famille et contre la fatalité qui voudrait le voir sombrer dans cette folie ambiante. Pour autant, il est sur le ring  chaque minute, prêt à relever les défis et à se battre. C’est aussi le combat de Dicky, qui se bat pour s’en sortir, pour décrocher et repartir à zéro…  Une belle leçon de courage !

The Fighter bénéficie d’un véritable atout: son casting incroyable et notamment du côté des seconds rôles. Christian Bale d’abord. Fini la classe absolue de Bruce Wayne, place à un jeune retraité du sport accro au crack,complétement à coté de la plaque. Lui non plus n’arrive pas à se détacher de sa mère et a toujours peur de la décevoir. Il ne sait pas non plus remis de sa gloire passée et cherche encore à s’imposer au détriment de son jeune frère. Un cour séjour en prison lui remettra les idées en place… Méconnaissable Christian Bale !

Melissa Léo, qui interprète la mère, est, elle aussi, tout aussi fantastique en mère possessive et fantasque. Les Oscars du meilleur second rôle décernés à ces deux là étaient plus qu’évident!

Autre originalité du casting, la présence d’Amy Adams. La jolie rousse d’ Il était une fois casse les codes et son image pour interpréter la dure et naturelle Charlene.

Mark Wallberg, bien que héros du film, est bizarrement un peu en retrait. Peut être une volonté de la part du réalisateur de montrer la pression de son entourage ? Car finalement, Micky est toujours influencé à droite à gauche, et écrasé par le charisme de ses proches: frère puis petite amie veulent tout le temps choisir pour lui, comme s’il était incapable de prendre la moindre décision…
A noter que tous les rôles sont profondément travaillés et très bien exploités et s’en dégage une sensation de familiarité, de proximité avec ces gens, un peu à la Little Miss Sunshine.

Les combats sont très réalistes, et les scènes de boxe sont très prenantes. On apprendra ensuite que Mark Walberg s’est entrainé pendant 4 ans pour ce rôle. Le résultat est surprenant !

Au final, un film captivant, on est complétement acquis à la cause de ces deux frères si différents. On aime les voir se défendre, faire les bons choix, grandir, évoluer… On sourit beaucoup, et sommes heureux quand tout s’arrange enfin!

Un film à ne rater sous aucun prétexte en phase de devenir un classique du genre.

The Fighter distribué par Metropolitan sortira en DVD et Blu-Ray le 24 aout 2011. Merci à Cinetrafic pour ce Test.

M.

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