Après le très sombre Silence de Lorna, Jean-Pierre et Luc Dardenne reviennent avec un drame social touchant et plein d’espoir. Un petit tournant dans la carrière des frères Dardenne qui leur va à merveille, d’ailleurs le jury Cannois ne s’y est pas trompé en lui décernant le Grand Prix.

Le gamin au vélo c’est Cyril, un petit garçon de 12 ans au tee-shirt rouge placé par son père dans un foyer pour enfants.  Persuadé que cette situation est provisoire, il apprend un matin que son père a déménagé et coupé tous les ponts avec lui. Il n’a alors plus qu’une idée en tête: le retrouver. Au détour de son chemin, il croise Samantha, une gentille coiffeuse qui a retrouvé son vélo. Très vite Cyril va s’attacher à elle et lui demander de l’accueillir le Week-End. Une situation pas toujours évidente pour Samantha qui doit jongler entre son affection pour le garçon et le comportement pas toujours évident de celui-ci…

Pour la première fois les frères Dardenne s’essayent à la comédie dramatique et le résultat est très réussi. Finis les drames sociaux insoutenables où aucun échappatoire n’est permis, place à l’espoir et à la vie. Merci ! Jean Pierre et Luc Dardenne réussissent à livrer un film très poétique et très beau en n’oubliant pas de garder les ingrédients qui ont fait leur succès. Si le contexte est des plus horribles (un enfant placé en foyer pour mineurs est prêt à tout pour retrouver un père qui ne le veut plus), les frères belges parviennent pour la première fois à tirer un humanisme profond et à laisser ouverte la porte d’un Happy Ending! Merci encore.

Pour autant le film n’en est pas moins très émouvant et les sujets abordés très durs. On est comme fasciné par ce spectacle cruel auquel on assiste. Cyril n’est pas un ange mais le voir pédaler à tout allure sur son vélo à la recherche de son père est bouleversant. Souvent, notre gorge se serrera mais la magie du film est là: il y a de l’espoir partout! Pas le temps de verser une larme qu’un micro-évènement heureux intervient. On respire enfin, chose à laquelle les Dardenne ne nous avaient pas habitué…

Outre l’équilibre parfait entre drame incurable et poésie vivifiante, il faut aussi saluer un casting incroyable. Ce gamin au vélo crève l’écran. Thomas Doret avec son tee-shirt rouge, interprète avec une justesse incroyable ce petit poucet qui cherche une famille. Pour lui donner la réplique, les frères Dardenne ont fait appel à deux comédiens belges. Jérémie Renier d’abord, habitué à figurer au générique des Dardenne, qui est une fois encore époustouflant dans son rôle de père sans cœur. Mais surtout Cécile de France qu’on avait quitté au plus mal dans l‘Au Delà de Clint Eastwood . Dans le Gamin au Vélo, elle est magnifique et d’une justesse qui lui avait fait souvent défaut jusque là. Tourmentée entre l’amour qu’elle éprouve pour ce fils adoptif et dépassée par les événements, Cécile De France apparaît ici comme un rempart contre la cruauté humaine et donne au film un souffle léger qu’on apprécie vraiment. Thomas Doret et Cécile de France sont tous deux incroyables en  êtres un peu délaissé par la vie.

Le Gamin au vélo est un film d’une profonde intensité porté par un casting plus vrai que nature. Un excellent moment de cinéma porteur d’espoir et de foi en la vie. Allez-y en pédalant !

M.

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