Ce mardi 8 septembre, j’étais invitée à l’Olympia à Paris pour découvrir en avant-première le film “Dix Pour Cent” avec tout un parterre de stars. Après un discours de Ted Sarandos (Co-CEO de Netflix), de Pierre-Antoine Capton (CEO de Mediawan) et d’autres types qui aiment le cinéma. L’équipe créative du film est montée sur scène pour rapidement faire un coucou avant la projection. On notera une petite phrase glissée par le boss de Mediawan : “ce n’est pas la dernière fois qu’on les voit” (en parlant de Dix Pour Cent). Une promesse qui annonce déjà des envies de suite au film.

©Cyril Masson/Netflix

En 2020, la série s’est achevée et, après la fermeture de l’agence ASK, quitter cette famille d’agents complètement dysfonctionnelle, c’était dur et avait un goût d’inachevé. Quand la rumeur d’un long-métrage s’est concrétisée chez Netflix, mes sentiments balançaient entre l’excitation de les revoir et la crainte du coup marketing après le succès à l’international et les adaptations locales.

Quand les femmes prennent les commandes du plateau

Cette suite est réalisée par Émilie Noblet, et scénarisée par Fanny Herrero et Lison Daniel. On quitte les bureaux parisiens pour s’installer sur un plateau de tournage en pleine forêt, au milieu d’un chaos réjouissant. Andréa (Camille Cottin), en plein combat de garde d’enfant, doit lancer le tournage de son tout premier film comme réalisatrice. Face à des conflits avec son producteur et au départ de son acteur principal, elle fait appel à ses anciens comparses d’ASK dont Noémie (Laure Calamy), devenue une productrice à succès avec sa propre série télé.

Une grande partie du film est portée par Andréa et Noémie, ces deux personnages apportent une énergie folle à l’écran. Voir Andréa jongler entre ses doutes de cinéaste et la garde de sa fille sonne assez juste. Noémie, de son côté, s’affranchit du rôle d’assistante un peu effacée qu’elle a longtemps occupé pour s’imposer en patronne, sans rien perdre de sa fantaisie. Leur complicité bordélique offre au film ses plus belles scènes comiques. On savoure aussi les apparitions de George Clooney ou Eva Longoria qui jouent le jeu de l’autodérision avec une légèreté très rafraîchissante.

Deux heures de film, c’est parfois un peu court

Le seul vrai regret vient du format. Condenser en deux heures ce qui demandait autrefois toute une saison crée forcément une impression de précipitation. Le scénario avance au pas de charge pour caler toutes les péripéties. Tout va un peu trop vite, et la complexité des relations humaines en prend un coup.

Cette course contre la montre laisse aussi du monde sur le tapis (rouge). Si Andréa et Noémie occupent le devant de la scène, d’autres personnages géniaux comme Gabriel (Grégory Montel), Mathias (Thibault de Montalembert) ou Camille (Fanny Sidney) disposent de très peu de temps d’écran. Même Hervé (Nicolas Maury), pourtant hilarant dans une scène d’ouverture où il s’adresse directement à nous, doit se contenter de miettes.

La fin cède aussi à une petite touche de sentimentalisme un peu appuyée, bien loin du piquant habituel de la série. Tout reste bien sûr ouvert à une suite potentielle.

Une parenthèse bienveillante à savourer depuis son canapé

Malgré ces petits défauts de rythme et cette sensation d’embouteillage, le plaisir de la réunion reste intact. Ce long-métrage ressemble à un week-end entre vieux copains : ce n’est pas parfait, c’est parfois un peu trop dense, mais la chaleur humaine emporte tout.

C’est la comédie idéale pour une soirée détente, portée par des actrices au sommet de leur énergie. Une suite imparfaite mais très attachante qui donne envie de savoir ce que l’équipe nous réserve pour la suite.

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Blogueuse depuis 2009. Partage son temps entre les BD/Comics, les jeux vidéo, les séries TV, le cinéma et les podcasts.

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