On ne va pas se mentir : pour quiconque a connu la Paris Games Week à sa grande époque, le choc est rude cette année. Alors que l’événement promettait un grand rassemblement festif pour la communauté des gamers, la réalité sur le terrain lors de la soirée d’inauguration du mercredi 21 octobre 2026 s’est avérée bien plus amère. Entre une surface drastiquement revue à la baisse, des allées denses et la disparition de tout le programme nocturne, cette édition 2026 laisse un goût d’inachevé.

Le grand mirage des nocturnes du Dôme de Paris
C’est sans doute le plus gros point de discorde de ce salon. Dans un communiqué officiel daté du 30 septembre 2026, l’organisation de la PGW annonçait en grande pompe « 3 soirées exceptionnelles au Dôme de Paris » réservées via une billetterie dédiée :
- Jeudi 22 octobre : Le concert orchestral CURIEUX.EXE réunissant l’Orchestre Curieux, ZeratoR, PV Nova et Marianne pour des arrangements symphoniques pop-culture.
- Vendredi 23 octobre : Un épisode spécial en direct du célèbre jeu de rôle Game of Rôles animé par FibreTigre avec MisterMV.
- Samedi 24 octobre : Une « Soirée Mystère » maintenue secrète.
Sur le terrain ? Rien. Ces rendez-vous nocturnes ont été tout simplement annulés et balayés sous le tapis sans communication préalable claire auprès des visiteurs ou de la presse.

Un seul pavillon : la sensation d’un salon étriqué et vite saturé
Autre déconvenue : la voilure du salon lui-même. Au lieu de squatter plusieurs halls gigantesques comme par le passé, la PGW 2026 a été condensée sur un périmètre restreint dans le Pavillon 1 de Porte de Versailles. Dès le vernissage du mercredi 21 octobre, la foule était déjà compacte, préfigurant des files d’attente interminables pour les journées grand public.
Dans cet espace resserré, les éditeurs cohabitent tant bien que mal et concentrent leurs gros titres sur des linéaires de bornes bien collées les unes aux autres. Il est loin le temps de l’espace, des battles de stands Playstation vs Xbox, de l’escalator et sa vue mythique et des couloirs sans fin avec les Astrobots, ou encore des espaces géants pour les enfants… À la place cette année on a un Flixbus (véridique).

Tour d’horizon des jeux visibles sur le salon
Si la surface globale a rétréci, la liste des titres présents, qu’ils soient jouables sur bornes, présentés sur grand écran ou simplement mis en avant sous vitrine, reste dense. Voici un panorama de ce qu’on a pu voir :
1. Les géants de l’industrie et gros éditeurs
- Nintendo : Le constructeur est là avec le plus grand stand comme chaque année. En vedette, on retrouve Professeur Layton et le Nouveau Monde de Vapeur, Tomodachi Life: Une vie de rêve, le tant attendu The Legend of Zelda: Ocarina of Time, Nintendo Sports Resort et l’incontournable Mario Kart World.
- Capcom : Deux avant-premières majeures très surveillées pour 2027 : Monster Hunter Wilds: Ascendance (avec la présence annoncée du producteur Ryozo Tsujimoto) et le jeu d’action bleu néon Mega Man: Dual Override. Dans la zone Freeplay, l’éditeur propose également Street Fighter 6 (avec sa Street Fighter Academy), Pragmata, Resident Evil Requiem, Onimusha: Way of the Sword et Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen.
- Atlus & SEGA : Un stand jaune flashy est entièrement consacré à la précommande de Persona 4 Revival (prévu pour le 18 février 2027). Côté SEGA, la stratégie militaire à grande échelle est à l’honneur avec Total War: Warhammer 40,000.
- Bandai Namco : Très gros espace de combat et de simulation aérienne regroupant Dragon Ball Xenoverse 3 (qui propulse les joueurs dans l’Ère 1000), Gundam Rogue Orbit (sur PS5, Xbox Series et PC avec présentoirs de maquettes Gunpla), Ace Combat 8: Wings of Theve et un énorme panneau mural célébrant la trilogie Final Fantasy VII Remake / Final Fantasy VII Revelation de Square Enix.
- Activision / Call of Duty : Un conteneur imposant et sombre sponsorisé par Fnac, Logitech G, MSI et Samsung met en avant le multijoueur de Call of Duty: Modern Warfare 4, jouable en avant-première juste avant sa sortie officielle du 23 octobre.
- Ubisoft : Le studio français célèbre le retour de sa mascotte avec une vingtaine de bornes pour Rayman Legends Retold (sortie prévue le 3 décembre), accompagnées d’un espace compétitif Rayman Kung Foot EVO. L’éditeur présente également en exclusivité Heroes of Might & Magic III Remake (prévu pour 2027) ainsi que des animations sur Rainbow Six Siege, Just Dance, The Crew Motorfest et Riders Republic.

2. Microids et ses partenaires indépendants
L’éditeur français propose l’une des zones les plus variées du salon, mêlant licences jeunesse et pépites indés sous vitrine ou sur bornes PS5 et Switch :
- Licences grand public : Marsupilami 2: Salsa Palombia, Garfield: Escape from Monday et le jeu d’aventure musical K-POP Rising – Dream to Shine.
- Jeux narratifs, action et poésie : L’édition physique collector « Harmony Edition » et la démo du poétique Hela: of Mice & Magic, le jeu d’action en vue du dessus The Precinct, mais aussi Planet of Lana II, Grime II, Luna Abyss, Village in the Shade et Call of the Elder Gods (présenté dans sa « Miskatonic Edition » sous verre avec son carnet d’illustrations).
3. Pavillon Game France, ARTE et Les Pégases
Le pavillon du CNC, porté par Capital Games et le SNJV, met en avant plus de 30 studios français sous une structure arborant une tour Eiffel en carton. On y retrouve entre autres :
- Cairn (The Game Bakers), Astral Ascent (Hibernian Workshop), Heidi’s Legacy: Mountains Calling, Arco, Arsène Lupin, Appulse, Ascenders: Beyond the Peak, Beyond the Dark: Nightwatch, Family Feud Pocket (Gameloft), Feed the Giants, Furyball: Rogue Revenge, Knuckle Paradise, Let’s Sing 2027, NAUTUS, PengPong, Pirates Tactical, Pro Basketball Manager 2027, Rescue Ops: Wildfire, Resonance: A Plague Tale Legacy, Tom the Postgirl, Unspoken, Windblown et The Witch’s Bakery (que je ponce actuellement).
- Le stand ARTE : Un bel espace dédié aux œuvres indépendantes et narratives avec Beyond the Plastic Wall, Looking for Fael, Matelotes et The Merlies.

Une présence marchande massive au détriment de l’expérience
Autre constat frappant : la place disproportionnée accordée au commerce. Cette année, le merchandising ne se contente pas d’accompagner le salon, il le structure littéralement. L’offre commerciale prend le dessus sur l’expérience de jeu pure. Les choses intéressantes :
- Distributeurs automatiques et TCG : Micromania/Zing frappe fort avec son espace Univers TCG et ses distributeurs automatiques de boosters mystères (Booster Experience) pour Pokémon, One Piece ou Naruto, complétés par des zones d’ouverture de boîtes (Box Break).
- Espaces de vente géants et jouets collector : Le District by JouéClub! (avec ses rayonnages remplis de boîtes Lego Fortnite, Minecraft, Donkey Kong Arcade ou de peluches Sonic), la zone Fnac Village (allant du stand Pokémon x Polaroid aux conteneurs jaunes Marvel’s Wolverine sur PS5), ou la boutique officielle Ubisoft vendant peluches Lapins Crétins et Rayman à la chaîne.
- L’espace famille, LAN et recrutement : VTech installe son arche Kitty Life et son espace pédagogique « Entrez dans leur jeu » pour les parents. Du côté de la zone LAN Open Gaming, de longues rangées de PC sous des calicots Fortnite côtoient la zone Riftbound League of Legends, tandis que l’armée de l’Air et de l’Espace occupe un stand massif de 180 m² (Devenir Aviateur) avec simulateurs de Rafale et drone.
Si vous venez en famille pour faire vos emplettes geek de fin d’année ou faire tester quelques consoles aux enfants, la journée reste animée. Mais pour les gamers passionnés qui faisaient le déplacement pour les concerts au Dôme de Paris, la convivialité des stands et la grandeur d’un vrai festival, cette PGW 2026 laisse un net sentiment de régression et de promesses déçues.
Informations pratiques
- Lieu : Paris Expo – Porte de Versailles (75015 Paris), Pavillon 1.
- Dates : Du jeudi 22 au dimanche 25 octobre 2026 (soirée d’inauguration le mercredi 21 octobre).
- Horaires : De 9h30 à 19h00.
- Accès : Métro Ligne 12 (Porte de Versailles) ou Ligne 8 / Tram T3a (Balard).
- Billetterie : Réservation obligatoire uniquement en ligne.