Pour son premier film derrière la caméra, Romain Levy enterre ses vieux démons et s’entoure d’une bande de comédiens transgénérationnelle attachante et brillante. Un très “bon doss” qui vient redonner à la comédie française le coup de jeune dont elle avait besoin !

En plein échec professionnel et sentimental, Ben, qui se rêvait comique à New York, est de retour à Paris. Il rencontre Alex, présentateur-vedette du Breakfast-club, le Morning star de la radio. Avec Cyril, un quadra mal assumé, et Arnold, le leader charismatique de la bande, ils font la pluie et le beau temps sur Blast FM. Très vite Ben est engagé : Il écrira pour eux. Alors qu’il a à peine rejoint l’équipe, un raz de marée frappe de plein fouet la station : l’audience du breakfast est en chute libre. C’est en bus qu’ils sillonneront les routes de France pour rencontrer et reconquérir leur public. Pour ces Parisiens arrogants, de ce road trip radiophonique naîtra un véritable parcours initiatique qui bousculera leurs certitudes.

A première vu on était pas vraiment convaincu par Radiostars. Un film avec Manu Payet sur une bande d’animateurs radio qui partent en tournée … Ouai bof. On riait à l’évocation du titre et on s’attendait à une belle boutade à éviter absolument. Puis le film a commencé à être montré, à remporter des prix et à faire beaucoup parlé de lui et en bien ! Une bande annonce alléchante, une équipe sympathique, une affiche sobre mais classe et surtout une campagne de promotion discrète mais intelligente auront fini par nous convaincre définitivement d’aller voir Radiostars. Et on le regrettera pas !

Depuis Tout ce qui brille, on avait un peu perdu de vue les petites productions françaises qui surprennent par leur fraicheur, leur regard réel et leur côté très novateur. Radiostars s’inscrit parfaitement dans cette lignée et s’affiche comme la comédie représentative de toute une génération. On quitte Puteaux et on se retrouve à Paris pour suivre la vie de Ben, alter-égo de Romain Levy, jeune adulte désillusionné auquel chacun peut s’identifier. Ici pas de folies mais simplement le quotidien d’un mec qui commence petit à petit à comprendre que la vie ne ressemble en rien à ce dont il avait rêvé. Un mec qui grandit. Comme nous en fait. On rit alors aux clins d’œil du réalisateur qui connait son sujet et sa cible. On commence par une soirée anonyme où personne ne connait, au final, personne, on découvre une DVDthèque un peu particulière dans laquelle on peut trouver une catégorie “actrices belles de dos” ou “documentaires céréaliers” et on se reconnait dans les tentatives paternelles pour aider son fils à réussir professionnellement. Et il en sera de même pendant tout le film !

En plus de rendre le film proche de nous, Romain Levy livre un film très très drôle. Pendant 1h40 on ne cessera pas de sourire ou de rire. Les blagues pleuvent, les piques s’enchainent et chaque trouvaille est un pur délice. On pense au M&Ms de rupture, à la chanson improvisée dans le bus, au rappeur martyrisé par sa charmante femme, au chauffeur de bus asexué ou aux conseils avisés de Manu Payet en matière de sexe… On aime cette fraicheur, cette sincérité, cet humour parfois un peu lourd qui nous caractérise pourtant si bien … Dans Radiostars, la langue de bois n’est pas de mise et c’est une excellente nouvelle ! Romain Levy n’a pas peur de parler crument de sexe ou de faire des blagues racistes : pour du cinéma français, ça change !

Énorme kife sur le plan comique, Radiostars n’en oublie pas d’être une belle aventure humaine; une histoire de potes bien différents à l’origine mais qui vont se rapprocher petit à petit. Pour créer cette sympathique bande de copains éclectique Romain Levy s’assure d’un casting absolument bluffant. Manu Payet est génial comme à son habitude et vraiment très drôle en pervers sympa mais on est plus surprit par le reste du casting. Douglas Attal d’abord (qui prouve qu’il n’est pas que fils du producteur) mais surtout Clovis Cornillac qu’on découvre avec beaucoup de surprises (et de plaisir) dans un tout autre registre. Radiostars vous réconciliera avec l’acteur à coup sur et ce n’est peu dire ! On découvre un Pascal Demolon qui mérite d’être connu et surtout, on remarque Benjamin Lavernhe véritable révélation du film qui est à lui seul une géniale attraction !

Côté BO la aussi, Radiostars en balance sévère. Un film qui s’ouvre avec du Vampire Weekend ne peut pas être un mauvais film, sachez le ! Une BO éclectique mêlant Rap, pop ou éléctro dans laquelle on retiendra le très beau West Coast de Coconut Records ou l’implacable tube de Poni Hoax, Antibodies. Une bande originale qui a de la gueule et qui vous fera vous demander si vous êtes vraiment en train de regarder un road-movie français…

Dans une édition DVD à la hauteur du côté déjanté du film (tout les bonus sont tournés en dérision) on y retrouve une vraie plus value. Entre commentaires audio au millième degrés, making off de fou dans lequel Yvan Attel se prend pour un acteur américain ou scènes coupées qui n’auraient jamais du l’être cette édition DVD apporte encore plus au film en lui même. Un must have assurément !

Radiostars est, vous l’aurez compris, l’excellente surprise de cette année ! Un film d’une fraicheur folle, d’une intelligence rare et d’un humour délicieux qui prouve qu’avec peu on peut faire énormément. Une comédie qui risque de devenir culte pour toute une génération de jeunes adultes. A suivre…

M.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

Comments

  1. J’ai beaucoup aimé le film lors de sa sortie au cinoche !

  2. J’ai beaucoup aimé le film lors de sa sortie au cinoche !

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