Datant de 1973, Mean Street est l’œuvre d’un réalisateur aujourd’hui totalement cultissime, j’ai nommé Martin Scorsese. Il a 30 ans lorsqu’il réalise ce film, considéré à juste titre comme son premier chef d’œuvre.
Il est alors très intéressant de voir comment les films qui ont suivi : Taxi Driver, Les Affranchis ou encore le récent et fabuleux Shutter Island, se sont nourris de ce long métrage et contiennent toute cette virtuosité qui fera la renommée du réalisateur américain.

Le film ressort aujourd’hui en DVD, en édition collector chez Carlotta. Cette critique est réalisée dans le cadre du DVD Trafic organisé par Cinétrafic.

Dans les rues de Little Italy, à New York, quatre malfrats vivent de combines louches et côtoient les mafiosi qu’ils envient. Parmi eux, Charlie traverse une crise spirituelle, se réfugiant dans la religion pour trouver la voie du pardon. Son oncle, une figure importante du milieu doit lui permettre de gravir les échelons. Mais lorsque Charlie prend sous son aile Johnny Boy, un jeune playboy, ce dernier met en danger la stabilité du clan par son attitude sanguine et instinctive. Flirtant avec le crime, la bande est entrainée dans une spirale grandissante de violence et de rivalité.

Mean Streets est un drame criminel, dans la plus pure tradition des films américains de gangsters. Little Italy, la mafia, les trafics de drogues, les restaurants italiens… tout y est. Et c’est bien ce qui reflétait l’époque actuelle ! L’atmosphère de ces trafics quotidiens et de cette rivalité ambiante est ainsi très bien rendue, et fait très réaliste.


Ce film a également contribué à révéler de grands acteurs de leur génération : Harvey Keitel et Robert de Niro. Ce dernier est incroyable de vérité et de spontanéité dans ce rôle de Johnny Boy, personnage sanguin et incontrôlable. Quand à Harvey Keitel, personnage central du film, c’est peut être le rôle le plus complexe, car Charlie est un homme perdu et puissant, attachant mais aussi assez incontrôlable.

Le tout est très rythmé, Scorsese filme les scènes classiques liées à l’activité de la mafia, mais l’histoire prend tout son sens lorsqu’il pénètre dans les doutes et questionnements de ses personnages. Charlie est comme un grand frère pour Johnny Boy, mais comment faire entendre raison à un jeune qui n’a envie que de s’éclater et vivre sa vie de petite frappe à fond ? Ainsi, au delà d’un film de gangster, c’est également le manifeste d’une certaine marginalité socio-culturelle très encrée dans les années 70.


N’est pas Martin Scorsese qui veut ! Cette œuvre est également très belle sur le plan de la mise en scène, très moderne pour l’époque. On pense par exemple à la scène où Charlie se met à déambuler dans ce bar de mafieux alors qu’il est totalement défoncé. Le film à un aspect tour à tour rock ‘n’ roll, sentimental, sauvage et tragique. Oui, car ce film est également une vraie tragédie, où est filmée la descente aux enfers de jeunes caïds dépassés par ce qui leur arrive.

Les très bons bonus du DVD nous éclairent un peu plus sur la genèse de ce film. On comprend alors pourquoi tout cela fait si vrai : Martin Scorsese est un enfant de Little Italy. Mean Streets est indéniablement son œuvre la plus personnelle, où il rend compte de choses qu’il a surement pu observer dans sa jeunesse.

Méconnu du grand public, Mean Street est un grand film sur la mafia New Yorkaise des années 70, mais également sur la recherche de soi, du pardon, et l’amitié parfois dévastatrice.
Un film qui résume bien tout le génie du cinéma de Martin Scorsese.

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Comments

  1. Si l’on est equipé en blu ray, l’édition sous ce format comprend un bonus inédit indispensable , l’interview des parents de Scorsese par Scorsese lui-même, intitulée “italianamerican”. Très bonne initiative de Carlotta que la réédition de ce chef d’oeuvre!

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