Pas de Printemps pour Marnie n’est pas le film d’Hitchcock le plus connu. Pourtant il mérite largement d’être vu !

Alfred Hitchcock est le plus grand réalisateur de tout les temps. Considéré comme le maître du suspens, son œuvre vit encore  aujourd’hui près de trente ans après sa mort. En soixante ans de carrières il a réalisé plus de cinquante longs métrages dont certains comptent tant par leur succès public que critique, parmi les plus importants du septième art : ce sont entre autres, Les 39 marches, Les Enchaînés, Fenêtre sur cour, Sueurs froides, la Mort aux trousses, Psychose ou encore Les Oiseaux.

Aujourd’hui Alfred Hitchcock est plus vivant que jamais, et est mis à l’honneur par la Cinémathèque Française qui lui accorde une rétrospective jusqu’au 28 février.

Pas de printemps pour Marnie est le 49ème long métrage du maître du suspens. Il est sorti sur les écrans en 1964 et n’a pas reçu un très bon accueil. Il a fallu attendre quelques années pour que Marnie soit considérée à juste titre comme un chef-d’œuvre. Au casting on retrouve Sean Connery et Tippi Hedren (Les Oiseaux)

Sans bien savoir pourquoi, Marnie ne peut s’empêcher de voler. Sa technique est très élaborée. Elle change sans cesse d’emploi, modifiant à chaque fois son nom et son aspect physique, avant de piller les coffres-forts de ses patrons successifs et de disparaître dans la nature. Un jour, elle se présente comme aide-comptable chez Mark Rutland. Celui-ci reconnaît en elle la jeune femme qui a récemment dévalisé l’un de ses clients. Intrigué et charmé, il l’engage en connaissance de cause, s’éprend d’elle et la démasque alors qu’elle vient de vider le tiroir-caisse de son établissement. Il ne tarde pas à l’épouser et prend peu à peu conscience de l’étendue de sa névrose…

Marnie est un des films les plus profond d’Alfred Hitchcock. Jamais il n’est allé aussi loin dans l’analyse psychologique de ses personnages et de leurs tourments. L’intrigue n’est pas tellement au centre du film, c’est plus la névrose de Marnie qui est explorée ici. Marnie vole les hommes pour qui elle travaille, c’est devenu une obsession, peut être pour combattre ses démons… Mais quels sont-ils? Marnie a une peur panique des orages, et de la couleur rouge. Et peur panique est un adjectif bien pâle pour expliquer ses réactions face à la vue d’une chose rouge. Elle panique littéralement, devient presque folle. On a du mal à comprendre comment une femme experte en vol, et en mensonge en tout genre, peut être si perturbée par une simple couleur… On comprend mal son obsession pour les courses et les chevaux d’autant plus quand on la voit abattre froidement son cheval chéri suite à une blessure… Mark , bien qu’ayant reconnu en elle la voleuse d’un de ses clients, va s’éprendre d’elle. Très vite, il va vouloir la comprendre, comprendre l’origine de ses peurs. Il cherche à savoir pourquoi Martie est si frigide, cleptomane et terrifiée  par le rouge et les orages.   On comprend difficilement l’entêtement de Mark, comment peut-on aimer une femme qui nous ment perpétuellement ? Mark nous paraît lui aussi un peu névrosé, il reconnaît Marnie comme la voleuse, et pourtant il décide de la séduire, de l’aimer et de tout lui offrir. Même la demande en mariage est inquiétante. Alors qu’il ne la connaît que depuis quelques semaines, qu’il la sait coupable, il lui demande de l’épouser. Si elle refuse, Mark la dénoncera à la police. Drôle de déclaration d’amour… Dans ce film, on a l’impression que tous les personnages sont obligés d’agir ainsi, qu’ils n’ont jamais le choix! Marnie vole presque par besoin psychologique, et Mark est complètement subjugué par la beauté froide de Marnie, ce qui l’empêche d’être rationnel.  Nous avons à partir de là bien du mal à définir le profil des personnages. Qui est Marnie ? Une voleuse ? Une obsédée ? Une meurtrière ? Une séductrice ? Une aventurière ? Et qui est Mark ? Un manipulateur ou un amoureux transit ? Tant de questions auxquelles le film ne répondra que partiellement.


Le film tente de se rapprocher de la doctrine Freudienne. De comprendre et de montrer la psychanalyse.  D’ailleurs, le contenu psychanalytique est présent à l’écran, dans une seule scène par contre, la plus passionnante. Ici pas de psychanalyste, pas de Freud, seulement un homme Mark qui va tenter de comprendre son épouse. Il mène une séance d’association d’idée en pleine nuit. A quoi Marnie associe -t-elle la couleur rouge ?

Dès le générique, A. Hitchcock nous plonge dans l’ambiance inquiétante dont il a le secret. Une femme sur un quai de gare de dos. Elle s’éloigne. D’où vient-elle ? Ou va t-elle ? Nous n’en saurons rien et cela est fascinant.

Hictchcock nous livre un film très personnel, qui montre les complexités humaines poussées à leur paroxysme. Si le film ne fait jamais très peur, il intrigue, fascine, et nous met dans une situation délicate : Qui est la victime et qui est le coupable? Un procédé qui n’est pas sans rappelé le magnifique Black Swan qui sortira le 8 février.

M.

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