Après avoir enchaîné pas mal de gros titres et vidé quelques piles à lire bien denses ces derniers temps, j’avais un besoin vital de faire une vraie pause doudou. De poser les pieds sur la table, d’attraper la manette, de me recouvrir du plaid et de me laisser embarquer par une aventure qui prend son temps. C’est exactement la promesse de The Witch’s Bakery, développé par le studio indépendant Sunny Lab. L’idée de croiser la gestion d’une boulangerie parisienne avec une touche de sorcellerie bienveillante m’attirait, alors je me suis empressée de lancer le titre sur PS5 pour voir ce qu’il avait dans le ventre.
Après en être venue à bout, le verdict est savoureux, même si l’expérience a failli coûter la santé de mes phalanges !

Une parenthèse cosy au cœur de Paris
Dans The Witch’s Bakery, on incarne Lunne, une jeune sorcière tout juste débarquée à Paris (depuis Angoulême) pour ouvrir son propre commerce. Mais attention, sous ses airs de simple simulation de pâtisserie toute mignonne où l’on pétrit du pain et où l’on nettoie son comptoir, le jeu nous emmène rapidement bien plus loin. La magie de Lunne ne sert pas qu’à réussir ses viennoiseries : elle lui donne le pouvoir d’entrer dans le cœur des gens pour percevoir leurs émotions enfouies, leurs blocages et leurs peines.
C’est avant tout une aventure extrêmement chill et réconfortante. Le rythme d’une journée s’articule sans la moindre pression : la gestion du magasin le matin et jusqu’à 18h, puis les phases de flânerie et d’exploration le reste du temps, sans parler du jour Off le dimanche. La direction artistique façon dessin animé est un pur bonheur visuel, soutenue par une bande-son apaisante qui accompagne nos pas dans les rues de la capitale. On prend un vrai plaisir épicurien à composer ses recettes, à échanger avec les personnages et à apporter un peu de baume au cœur aux habitants du quartier.

Une écriture mature et une belle représentativité
La vraie réussite du jeu réside dans la finesse et l’intelligence de son scénario. Sous ses dehors très « cosy », le titre aborde avec une maturité touchante des sujets profondément humains comme le deuil, la santé mentale, la solitude, la pression sociale ou la peur de l’avenir. Les personnages que l’on croise au fil de nos journées ne sont pas des coquilles vides : ils ont de vraies fêlures et des doutes qui sonnent terriblement juste.
J’ai particulièrement adoré la représentativité et la diversité des profils présentés à l’écran. C’est fait avec justesse, douceur, sans jamais tomber dans le cliché ou la leçon de morale. Les échanges sont touchants, remplis d’empathie, et le jeu réussit ce pari rare de redonner foi en l’humain à travers de petits gestes simples.

Quelques grumeaux dans la pâte : bugs et entorse au majeur
Malheureusement, tout n’est pas aussi lisse qu’un glaçage miroir. Côté technique, le jeu manque encore d’un brin de cuisson sur console. J’ai essuyé quelques ralentissements bien agaçants et surtout deux vrais plantages sauvages qui ont nécessité de relancer le jeu… de quoi faire grincer des dents quand on doit tout recommencer depuis le matin !
Et puis, parlons du gameplay en cuisine. Si l’idée de pétrir sa pâte est mignonne cinq minutes, la physique imposée par les mini-jeux pousse parfois au massacre sur les gâchettes. À force d’écraser les gâchettes L2/R2 de ma DualSense pour pétrir et surtout enchaîner les recettes pour tout maxer, j’ai réussi l’exploit de me faire une véritable entorse au majeur.
Bref, attention au surmenage physique, au sens propre du terme !

La chasse au Platine : un chemin de croix sans grand intérêt
Si vous êtes du genre chasseuse de trophées compulsive sur PlayStation, préparez-vous à déchanter un peu. De mon côté, j’ai fait le choix de m’arrêter sagement une fois le générique de fin déroulé. Pour décrocher le précieux Platine, le jeu exige d’enchaîner plusieurs runs complets afin de débloquer l’intégralité des trophées (aller au cinéma, concert, théâtre, tout lire…).
Le problème, c’est que le titre s’étale déjà sur une vingtaine d’heures et repose sur une boucle quotidienne ultra-cadrée. Repartir de zéro pour refaire exactement les mêmes mini-jeux de vente et la même routine de boulangerie devient vite rébarbatif. La rejouabilité purement artificielle n’apporte pas suffisamment de fraîcheur pour justifier un tel investissement de temps. L’histoire principale se suffit amplement à elle-même dès le premier voyage !

Une vraie bulle de douceur
Malgré ses petits accrocs techniques et une quête du 100 % dispensable, The Witch’s Bakery s’impose comme une magnifique parenthèse de réconfort, idéale pour poser son cerveau tout en profitant d’un récit intelligent, inclusif et chaleureux. Une pépite à savourer tranquillement… mais pensez à ménager vos doigts sur la manette !











