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[ Cannes 2018 ] Sortir la tête de l’eau

C’est un lundi pluvieux au Festival de Cannes qui s’annonce. Encore une belle journée pour aller au cinéma en somme. Après 1h30 de trajets en voiture pour rejoindre Cannes depuis Nice (merci les grèves de la SNCF) me voici enfin sur place. Pas le temps de tergiverser, je fonce au Grand Théâtre Lumière pour découvrir le Grand Bain, le premier long métrage de Gilles Lellouche. Alors que je cherche à récupérer une invitation, je réalise qu’avec le badge presse, et en arrivant suffisamment en avance, je n’ai pas besoin de place. La seule présentation du badge suffit pour accéder à la projection. L’accréditation presse est vraiment chouette en fait !

Je dois avouer que je plongeais dans le grand bain avec beaucoup d’attentes. Il faut dire que la presse et la critique ont été unanimes la veille. Je dois aussi avouer que j’ai eu peur. Peur parce que le film met du temps à se mettre en place. Peur parce que le début est poussif, la mise en scène un peu bancale et le rythme inégal. Puis c’est la délivrance, après avoir souri gentiment quelques fois, je me surprends à éclater de rire quand Leïla Bekhti entre en jeu. Là où le film était un peu plan-plan, il devient carrément dynamique et encore plus drôle. Dès lors, Gilles Lellouche ne me lâchera plus. Les blagues font mouches, les histoires personnelles deviennent émouvantes et la complicité entre les acteurs est un vrai bonheur. Rarement je n’avais vu une comédie française si bien écrite (autre que chez Toledano et Nakache bien évidemment) avec des blagues aussi drôles.

Pour un film choral, je dois avouer que l’écriture des personnages est assez convaincante même si on aimerait les voir tous chacun un peu plus (surtout Poelvoorde et Foïs). J’ai même été émue ! J’espère que le Lellouche aura droit à un bel accueil en salle et je me mets à rêver d’un César du Public en 2019

Changement d’ambiance et direction Un Certain Regard pour découvrir le très attendu, Les Chatouilles. Le nom vous parle peut-être, c’est normal puisqu’il s’agit de la pièce de théâtre d’Andréa Bescond adaptée au cinéma (par elle-même et Eric Météyer soit dit en passant). Les Chatouilles c’est l’histoire d’Odille qui, enfant, a été victime de violences sexuelles. Le prédateur c’est Gilbert (incroyable Pierre Deladonchamps) ami de la famille depuis toujours que personne n’avait soupçonné. La victime c’est Odille mais c’est en réalité Andréa Bescond elle-même. Sous la forme de séances de psy, Odille va raconter ses souvenirs et essayer de s’en sortir. On la découvre enfant, adolescente, danseuse, droguée, séductrice, alcoolique puis femme. Autant d’étapes de la vie où le traumatisme de l’enfance a fait des petits. Andréa Bescond joue et raconte le vide, la mort intérieure. L’incapacité à avancer. L’incapacité à faire des bons choix. Le sujet était franchement complexe, Andréa Bescond et Eric Méteyer ont réussi une oeuvre forte, nécessaire, magnifiquement incarnée. La mise en scène est artistique, résolument moderne. La danse est là en fond comme pour dire les choses qu’on ne peut exprimer avec les mots.

L’ensemble est un choc. Un film bouleversant avec beaucoup de défauts mais qu’importe au final tant le message final est puissant. Karine Viard est incroyable. Andréa Bescond une révélation. Rendez-vous aux César !

Pas le temps de me remettre de mes émotions que je dois déjà courir à la Quinzaine des Réalisateurs découvrir En Liberté !. J’y cours pour une raison : Adèle Haenel et Pio Marmaï ensemble sous la direction de Pierre Salvadori. Je ne suis pas la seule à l’attendre apparemment. La queue est longue, beaucoup ne rentreront pas. Quand on scanne enfin mon badge après 1h d’attente, c’est la délivrance.

Les acteurs et le réalisateur arrivent sur scène pour nous présenter le film. Pio est comme à son habitude très à l’aise. Adèle semble ne toujours pas aimer les représentations. L’ambiance est bouillante quand le film commence avec l’équipe dans la salle. Le générique de début est jouissif. Le reste sera du même niveau. En liberté ! est une vraie comédie. Les dialogues sont si bien écrits qu’on a l’impression que tout est impro. Le scénario un vrai bonheur. Quand à la rencontre d’Adèle Haenel et Pio Marmaï c’est une évidence tant les deux se répondent avec un naturel désarmant. Adèle Haenel exploite tous ses talents comiques, Pio est comme à son habitude réjouissant.

Le film est un vrai bonheur. 1h42 sans toucher le sol. Une pure comédie que le public accueille avec des éclats de rire toutes les 10 minutes. Un régal !

18h15, je mange enfin. Sandwich pris à la boulangerie du coin (brie, noix pour ceux que ça intéresse). Direction le Théâtre Debussy pour je l’espère mon 4ème film du jour  : BlacKkKlansman. Malgré certains signaux au rouge pour entrer en séance de presse à 19h30 à Debussy, je tente ma chance et attend patiemment dans la fille des badgés jaunes. Festival de badgés roses qui débarquent et passent en priorité pendant 45 minutes. Puis c’est les bleus qui ont le droit de rentrer. Je commence à comprendre pourquoi avec une accréditation jaune, il ne faut pas s’y risquer… Enfin ça ouvre pour les jaunes 5 minutes avant le début du film. Quelqu’un de la sécurité vient nous dire qu’il reste 50 places et que les dernières personnes de la file ne rentreront pas. Ouf je suis plutôt au début. Les premiers badges sont scannés, j’avance doucement. Puis ça s’arrête à 2 personnes devant moi. Plus de place en Debussy. On nous recommande alors d’aller en Bazin. Je m’exécute mais devant la salle la file est aussi immense. J’attends, on ne sait jamais. Une autre personne de la sécurité vient nous voir pour nous dire qu’on ne rentrera pas. Je laisse tomber. Là je me surprends à détester mon accred jaune et les priorités puis de reprocher à Frémaux ce changement pour la presse (au GTL ça passait large). Ravalant ma (petite) rage je quitte le palais, j’ai à peine le temps de lever les yeux que je réalise qu’Adam Driver me fonce dessus (ou l’inverse). Il est impressionnant, peu souriant et j’hésite à lui courir après pour faire une photo. Puis je réalise que ce n’est ni le lieu ni l’endroit. Je souris en me disant que j’ai croisé Kylo Ren. Je file boire une bière et ma déception du Spike Lee est oubliée.

C’est ça aussi Cannes !

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