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[ Cannes 2018 ] L’art de disparaître

Le Festival de Cannes est bientôt terminé et tout s’accélère. A chaque film vu on se demande s’il aura enfin la palme. A chaque film manqué, on se dit qu’il faudra le rattraper samedi (journée de rattrapage pour les films en compétition officielle). Bref, ça sent la fin mais c’est loin d’être fini puisqu’il reste à voir Un couteau dans le coeur, Capharnaüm et le Poirier sauvage. En attendant, retour sur 4 films : En guerre, Solo, Under the Silver Lake et Burning

Stéphane Brizé et Vincent Lindon forment le duo de En Guerre. Film engagé par excellence qui raconte comment une poignée d’ouvriers vont se mettre en grève pour protester contre la fermeture de leur usine. Si le film est si fort, c’est qu’il fait écho à l’actualité évidemment. Stéphane Brizé nous plonge dans l’univers syndicaliste des ouvriers et on comprend que la véritable guerre n’est pas contre le patronat, elle se situe plutôt entre les syndicats.

En guerre, est parfois agaçant à force de filmer en semi-réel. On ne sait plus si on est dans un documentaire ou dans une fiction. On ne sait plus si les images TV sont des vraies ou sont filmées. On sait seulement que Vincent Lindon est Laurent, ouvrier et porte parole en colère. Quel autre acteur est capable de s’effacer autant au profil de son rôle ? Puis petit à petit, on se laisse prendre. On s’enchaîne avec eux aux portes de l’usine et on prie en silence d’une résolution heureuse. Le film est puissant, saisissant et tellement engagé qu’on ne peut passer à côté. Et si cette année, on ne donnait pas le prix à Vincent (qui le mériterait bien évidemment) mais plutôt à son réalisateur ?

Un grand prix ne serait pas volé…

Changement d’ambiance avec une autre guerre dans une galaxie très lointaine. Oui Solo, A Star Wars Story était l’évènement sur la Croisette. Contrairement à beaucoup de monde, je trouvais que les images vues en guise de teasing étaient plutôt cool ! Alors, quand j’ai la chance de le voir (presque) avant tout le monde à Cannes, je me réjouis. 2h plus tard je repense avec émotion à ce moment où au générique de début j’avais encore espoir dans ce spin-off.

Le film est pas loin d’être une catastrophe. Star Wars sans charme et sans enjeux, on va suivre pendant 2 longues heures une histoire à peine intéressant qui est censée nous expliquer comment Solo est devenu Solo… Rien ne fonctionne, rien n’est captivant et d’un point de vue mise en scène c’est très très pauvre si on exclut la scène du train du début du film. C’est triste car j’aurai aimé l’aimer ce Solo. Le casting essaye de rendre le tout sympathique mais Solo est à peine divertissant. Je retiendrais seulement les rôles féminins mieux écrits que d’habitude. Ratage total côté Disney donc mais cela permet de réévaluer à la hausse un film comme Rogue One que beaucoup avait décrié à sa sortie…

Après avoir exploré la galaxie direction Los Angeles pour un thriller un peu particulier signé David Robert Mitchell (révélé il y a 2 ans par It Follows). Le film raconte les aventures sous drogues de Sam (épatant Andrew Garfield) qui va être entrainé dans une affaire de disparition. Under The Silver Lake est un objet de cinéma étrange. Le début est fantastique. Le milieu manque de rythme. La fin est à l’image du film : complètement barrée ! Difficile de vous en dire trop sans vous dévoiler les détails de l’intrigue. Je vous dirais simplement que le film est une expérience à vivre à la manière d’un Lynch ou d’un Paul Thomas Anderson. La mise en scène est canon.

Un film qui se savoure sur le moment (malgré ses longueurs) et qui devient encore plus délicieux quand on le digère. Très bonne surprise !

J’hésite alors entre manger, rentrer chez moi, foncez à la semaine de la critique voir Guy d’Alex Lutz et découvrir Burning en compétition. Oui mais voilà, Burning à 18h30 en compétition ça veut dire Debussy et projo presse. Ca veut dire aussi badge rose prioritaire. Et vue mon expérience sur le Spike Lee, j’ai peur de revivre le même refus. J’envisage alors de mendier pour faire la montée des marches et la projection officielle (la folie de se rendre compte qu’il est plus facile de rentrer au GTL en mendiant que d’accéder à une séance presse….) avant de me rétracter et d’aller faire la queue en Debussy sous la pluie. Parier sur le fait qu’on rentrer ou pas en Debussy permet de passer plus rapidement le temps. Quelques minutes avant le début du film, on nous ouvre enfin l’accès et tous les badges jaunes parviennent à accéder (victoire !). La salle n’est même pas pleine (merci fin de Festival). Ravie d’avoir conjurer le sort, je suis prête à accueillir Burning.

Pendant 2h20 il faudra s’accrocher. Le film de  Lee Chang-Dong est un film lent qui prend le temps d’installer son histoire et ses personnages. Même si le tout est très réussi, il faut parfois s’accrocher pour ne pas décrocher (s’endormir quoi) pendant la première heure. Ensuite, tout s’accélère enfin et le jeu des semblants peut enfin commencer. Qui ment à qui ? Qui est « normal » ? Qui a fait quoi ? Impossible de le savoir. Le film parvient à fasciner mais je suis restée assez externe au tout la faute à ce sujet assez banal qu’on étire à n’en plus finir pendant 2h20. Un beau film objectivement qui pourrait faire partie du palmarès samedi.

A ce stade, toujours pas de grand favoris pour la palme. Matteo Garonne pourrait venir pimenter tout ça à moins que ça ne soit Nadine Labaki et son capharnaüm qui emporte tout sur son passage. Réponse samedi !

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