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[ Cannes 2018 ] Des rêves et des batailles

Aujourd’hui, il fait moche au Festival de Cannes. Enfin je vais profiter d’un vrai temps de cinéma bien nuageux. Pas de film ce matin de mon côté et l’occasion de prendre le temps, un peu, de se balader sans courir dans le palais ou sur la Croisette.

Je commence ma journée avec Heureux comme Lazzaro. Là encore, je dis merci à mon accréditation presse puisque je parviens à me faufiler in-extremis à la projection officielle du film à 16H30. Avec l’équipe du film donc et le jury. Même si j’essaye de laisser dehors mes a priori sur certains films, difficile de me plonger dans celui-ci sans repenser au calvaire Les Merveilles en 2015. Quelques minutes après le début du film, rien ne se passe de mon côté. Je suis comme devant le précédent, complètement à l’extérieur. Je ne comprends rien à ce qu’il se passe ni à ce qu’on veut me dire.

Les fables d’Alice Rohrwacher ne me touchent pas. Pire, elles m’ennuient profondément. Pour vous résumer rapidement le film, on va suivre la vie de Lazzaro, un jeune homme excessivement bon qui vit dans une sorte de communauté coupée du monde où les membres sont réduits à l’esclavage au profit d’une puissante marquise. Un jour, il se lie d’amitié avec le fils de celle-ci et accède grâce à cette relation au monde moderne. Voilà, je ne pourrais vous en dire plus mais sachez que la salle a adoré, que Cate avait l’air très émue et que, pour mémoire, Les Merveilles avait obtenu le Grand Prix en 2015… Voilà voilà.

Alors que tout le monde est à la Quinzaine avec Gaspard (Noé évidemment) je file à la Semaine de la Critique retrouver Romain Duris et Lætitia Dosch. Le film s’appelle Nos batailles et c’est le 2ème film du franco-belge Guillaume Senez. Il raconte l’histoire d’Olivier, ouvrier et chef d’équipe qui va voir sa vie basculer le jour où sa femme décide de partir sans explications. Il va devoir concilier son engagement syndical au cœur de l’usine où il travaille et l’éducation des enfants à plein temps.

Rien que le pitch donne envie d’en savoir plus. Déjà parce que Romain Duris en ouvrier qui se fait larguer, on a rarement vu mais surtout parce qu’il traite d’un sujet peu souvent abordé sur le rôle du père à la maison et le cataclysme provoqué par la disparition de la mère. Elle n’est pas morte. Elle est juste partie pour faire le point. En général, ce sont les hommes qui partent au cinéma. L’inverse est parfaitement exploité par Guillaume Senez qui plonge au cœur de cette famille où rien n’est simple. Là où on reprochait à Gueule d’Ange son misérabilisme, Nos batailles se veut plus elliptique, plus mystérieux, pour que le spectateur puisse trouver les clefs. Pourtant, on manque aussi d’argent et d’une figure paternelle. La comparaison s’arrêtera là puisque Nos batailles est une parfaite réussite. Romain Duris est incroyable dans la peau de ce papa cabossé qui ne comprend rien à ce qui lui arrive mais veut sauver les apparences. Lætitia Dosch, même si elle n’a ici qu’un second rôle, apporte au film une fraîcheur nécessaire et les séquences entre les deux comédiens sont délicieuses. Le reste du casting, à commencer par les enfants, est aussi un vrai bonheur.

Le film est assez drôle, bouleversant par moment, touchant souvent et célèbre toujours la vie quoi qu’il arrive. Un vrai beau film !

Pas de séance tardive puisqu’il est temps de filer à la Villa Schweppes pour découvrir en live L’Impératrice ! A demain !

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