Après Les derniers jours du monde, les frères Larrieu reviennent cette année avec L’amour est un crime parfait. Devant la caméra, on retrouve Mathieu Amalric et pour l’inspiration Philippe Djian et son roman Incendies qui est ici une libre adaptation.

L'amour_est_un_crime_ParfaitProfesseur de littérature à l’université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa belle-fille disparue…

A la vue de la bande-annonce, on était à la fois curieux et inquiet. Curieux parce que l’Amour est un crime parfait dévoilait dès les premières images une intrigue bien particulière dans un décors aseptisé au possible. Si notre curiosité était titillée, on était aussi très inquiet de peur que les Larrieu se soient laissés aller à un film cliché et ridicule à force de vouloir se frotter aux grands maîtres du genre.On doit avouer que la seule présence de Mathieu Amalric à l’affiche suffisait à aller vérifier (ou non) nos aprioris.

Dès les premières minutes, les frères Larrieu nous plongent dans une atmosphère bien particulière entre thriller glacé et drame ambigu où les relations entre les différents personnages sont noyées dans le flou. Ici, aucune règle. Aucune barrière. Qu’on soit frère et soeur, prof ou élève, suspect ou inspecteur, tout est possible. Très vite, cette ambiance malsaine prend le dessus et vous accapare. Il est alors très difficile d’en sortir ou de lutter, les frères Larrieu ayant fait le nécessaire pour refermer la cage.

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Un peu plus loin, quelque chose choquera, le non-jeu des acteurs. Le casting entier récite son texte, les relations semblent fausses et on ne croit en rien ni personne. Un parti pris qui gêne au premier abord et qui nous dérange pas mal sur le moment. Puis, on réfléchit. On prend le temps d’analyser tout ça. Et l’évidence est là : L’amour est un crime parfait est une supercherie. Une arnaque où personne n’est vrai et joue un rôle. Tout s’éclaire alors. De la caméra qui se pose sur des détails insignifiants aux dialogues surréalistes de superficialité alors qu’on a devant nous une enquête policière et un tueur qui rode dehors. Les pièces du puzzle s’assemblent et on se rend compte du génie manichéen des Larrieu.

Oui car, dans L’amour est un crime parfait, et dans cette grande comédie humaine, le spectateur est bien bousculé et perdu pendant plus de deux heures. Un héros aux trous de mémoires qui l’arrangent bien, une enquête policière qui n’avance pas, des situations absurdes sur fond d’histoire de meurtres,  il y a dans L’amour est un crime parfait, mille couches, comme si la neige recouvrait la boue et que tout le monde se disait “On verra ça au Printemps”. On est mené en bateau jusqu’à ce qu’on se rende compte que le plus grand des menteurs se fasse prendre à son propre jeu et accède enfin à la vérité dans un final hallucinant.

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Difficile alors d’en rester indemne, de ne pas y penser encore et encore. Pour rentrer dedans, il vous faudra vous abandonner, oublier ce que vous pensiez savoir et vous laissez porter ! D’ailleurs, le casting et les réalisateurs se sont donnés le mot pour vous aider à y arriver ! Un bien étrange film oui mais à découvrir de toute urgence !

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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