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[Expo] : Demy à la Cinémathèque

Si vous me connaissez un peu, vous devez être au courant de mon amour pour Jacques Demy. En 2013, le cinéaste français n’a jamais semblé aussi moderne. Dans sa capacité à raconter des choses graves avec une légèreté que lui seul maitrise, Jacques Demy fait partie de ces cinéastes à part dont l’oeuvre continue de vivre et de s’enrichir plus de 20 ans après sa disparition. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que la Cinémathèque Française a choisi de lui rendre hommage à l’occasion d’une exposition exceptionnelle qui met en lumière toute la magie de son cinéma.

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Si l’expo Burton m’avait bien déçue, je peux assurer que l’expo Demy aura répondu à toutes mes attentes. Dès qu’on passe les portes de l’exposition, on se retrouve propulsé dans un autre monde. Si c’est Lola qui nous accueille, on devra d’abord passer par les préludes de Demy avant de nous retrouver devant son premier film. Tout y est alors. Dessins, croquis, photos et premiers scénarios. On comprend vite que la passion pour le cinéma est née vite chez Jacquou de Nantes. On découvre bientôt qu’il réalisa son premier court métrage à l’adolescence et que l’animation lui a aussi tendu les bras. Étudiant aux beaux arts, ce touche à tout n’attendra pas l’âge de raison pour suivre sa voix. Si ses parents l’imaginaient garagiste, Jacques Demy sera cinéaste et ils n’auront rien à redire !

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Après cette plongée fascinante dans l’enfance et l’adolescence par laquelle on découvre le don de Jacques Demy, place aux films ! Présentés par ordre chronologique, on se refait alors la carrière d’un cinéaste en avance sur son temps. Lola et la rencontre avec Michel Legrand, La Palme d’Or d’un film complètement chanté, la muse Catherine Deneuve, la présence de Varda, tout est là. Complètement enchanté par les extraits ou les décors reconstitués pour l’occasion, on se dit qu’on aimerait bien nous aussi appartenir à un film de Demy. La magie omniprésente opérant sur nous comme un souffle enchanteur. Chaque découverte nous rappelant à quel point le monsieur était grand et surtout que sa disparition reste plus de vingt ans après une profonde injustice.

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Si on a le coeur serré quand on revoit les images des Parapluies de Cherbourg, on reprendra des couleurs avec Les Demoiselles de Rochefort. Au delà des photos (dont certaines que j’aimerais bien avoir chez moi, Agnes si tu me lis) et des notes de production, c’est la quasi reproduction parfaite de  La galerie Lancien qui me donnera des frissons. Devant moi, je découvre le portrait peint par Maxence, son idéal féminin, puis la peinture abstraite au revolver. Propulsée dans l’imaginaire de Jacques Demy, j’ai du mal à me remettre. Pourtant il faut, Peau d’Ane m’attend pas loin.

Autre émerveillement : les trois robes demandées au roi sont en présentation. La robe couleur du temps, couleur de lune ou du soleil devraient éblouir toutes les petites filles en nous. Pendant ce temps, sur un écran, la fée des Lilas répète pourquoi il ne faut pas épouser ses parents…

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La suite sera une succession de trésors sur les films que Jacques Demy a tourné entre 1972 et 1988. Une occasion unique de découvrir ou d’en savoir davantage sur des films moins connus comme Parking ou Une chambre en ville. Une exposition qui vous donnera à coup sûr l’envie de dévorer chacun de ses 13 films.

On découvrira aussi la collection impressionnante de films du nantais qui nous confirme qu’un réalisateur est avant tout un passionné. On sourit quand on voit derrière cette vitrine les bobines de grands Disney et on se dit que oui, Jacques Demy était aussi un grand enfant et que son cinéma se rapproche tellement des contes qu’on comprend l’influence de l’américain.

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Avant de rejoindre la sortie, on prendra une petite claque devant « l’explication » de Demy sur son cinéma sous la forme d’ un petit poème intitulé « Pourquoi je filme« . Un petit texte qui résume à lui seul la force de son cinéma et de son impact sur nous. On lui laisse avec plaisir le mot de la fin.

Pourquoi je filme ?

Parce que j’aime ça
Parce que ça bouge
Parce que ça vit
Parce que ça pleure
Parce que ça rit
Parce qu’au ciné
On est dans le noir
On est au chaud
Entre un mec qui vous fait du genou
Et une nana qui enlève le sien
Devant un con qui parle trop fort
Derrière un génie aux cheveux ébouriffés
Qui vous empêche de lire les sous-titres
Parce que ça danse
Parce que ça chante
Alors je plane
Parce que c’est beau
Parce que filmer c’est comme une femme
C’est comme un homme
Ça peut faire mal
Ça vous écorche
C’est parfois moche
Mais c’est bien quand même
Parce que ça zoom
Parce que ça travelling
Parce que ça silence et moteur et coupez
Parce qu’on rêve
A vingt-quatre images seconde
Et que par conséquent ça fonce dans la nuit
À quatre-vingt six mille quatre cents
images à l’heure
Et que le TGV en crève de jalousie
Parce que c’est blanc
Parce que c’est noir et bien
d’autres choses encore
Parce que j’aime ça
Et parce que
je ne sais rien faire d’autre.

Jacques Demy, 1987

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