Cannes 2012 : Jour 3

Réveil encore une fois matinal et toujours plus difficile que la veille mais cette fois ci l’enjeu est important : Xavier Dolan, le petit génie québécois vient présenter à Un Certain Regard son nouveau long, Laurence Anyways. Une file d’attente immense pour la séance de 14h et l’éventualité de ne pas rentrer dans la salle pointe le bon de son nez. Fort heureusement on passera les contrôles et on trouvera une place au Balcon au premier rang. 2h40 plus tard je suis au bord des larmes, émue vraiment et bien bousculée par ce que je viens de voir ! En axant son film sur une merveilleuse et tragique histoire d’amour et non pas uniquement sur le changement de sexe, Xavier Dolan signe ici son film le plus abouti et le plus émouvant. Fantasque, pop, original, décalé, ambitieux, drôle et très intelligent Laurence Anyways dépeint avec beaucoup de malice une génération de jeunes adultes et s’interroge sur la notion de normalité. Avec ce troisième long métrage, Xavier Dolan affirme son style et réalise un film d’une beauté sans nom. Des plans à couper le souffle, une BO en tout point géniale, le sens du détail et une direction d’acteurs sans pareille, Laurence Anyways aurait pu être encore plus grand si Xavier Dolan n’avait pas été aussi gourmand et avait raccourci quelque peu son film. Après de Rouille et D’os Jeudi, nouvelle claque signée Dolan !

Alors que nous avions prévu de nous rendre voir le nouveau film d’Apichatpong Weerasethakul (réalisateur du très contestable Oncle Boonmee palmé ici en 2010) nous nous retrouvons finalement à nouveau dans le Théâtre Débussy pour découvrir cette fois-ci, Les Bêtes du Sud Sauvage premier film de Benh Zeitlin un peu par hasard. Finalement on ne sera pas déçu d’avoir manqué le Apichatpong tant Les Bêtes du Sud Sauvage surprend par sa maturité et son regard sur le monde. Un sujet grave (des marginaux vivant dans la pauvreté refusant de quitter leur territoire) et pourtant pas de pathos ni de pitié. Un film intelligent, très émouvant qui repose sur les épaules d’une enfant, héroïne du film qui a tout compris (ou presque) à la vie. Un très bon premier film malgré de gros défauts, des idées qui se mélangent et des choses mal exploitées. On mettrait bien 10 € sur une Caméra D’or pour le réalisateur …

Après cette petite perle, direction le Grand Théatre Lumière pour voir le nouveau film de Matteo Garrone (réalisateur de l’excellent Gomorra ). En habits de lumière (montée des marches oblige …) nous assistons à notre première projection en compagnie de l’équipe du film. Des conditions particulièrement émouvantes qui ne suffiront pas à nous faire apprécier le film. 1h50 de pur ennui, un film insignifiant qui partait pourtant d’une très bonne idée : les dangers de la TV-réalité. Matteo Garrone survole son sujet ne rentre jamais dans les détails et ne raconte absolument rien au final ! Une grosse déception même pas divertissante.

Cannes 2012 : Jour 4

Comme la veille, la journée commencera à Un Certain Regard. Cette fois-ci le monde attend de découvrir ce que vaut Cronenberg junior ! Antiviral attire les foules et crée un mini-buzz sur la croisette étant projeté en séance complète à chaque fois … Pas vraiment fan (ni connaisseuse) du cinéma de David Cronenberg, je n’attends rien d’Antiviral à part de me divertir intelligemment. C’est la première fois que je m’endormirais pendant un film cette année à Cannes … Avec un rythme très lent et un sujet pas très accessible, Antiviral ne m’atteindra absolument pas. La photo est atroce, le héros insupportable, et les effets de style trop nombreux. Impossible de nier l’ingéniosité de certaines idées et la richesse du scénario mais Brandon Cronenberg ne va pas assez loin et propose un premier film très fade au final qui manque cruellement de modernité (dans sa mise en scène) et de rythme.

Grâce à un très grand hasard et beaucoup de chance, j’enchaine avec Lawless en compétition officielle et très attendu film de Gangsters de l’australien Hillcoat (La route). Première séance à 19h et gros kif de monter les marches en compagnie de Jessica Chastain, Tom Hardy et Guy Pearce !

Lawless tient toutes ses promesses et déclenchera à la fin de sa projection une salve d’applaudissement et un “Jessica I Love you” de la part d’un mystérieux inconnu. 2h qui passent extrêmement bien grâce à un scénario en béton, des scènes de fusillades absolument démentes, une BO fracassante et un casting en tout point parfait. Grâce à une très belle photo et une mise en scène très propre, John Hillcoat réalise un film de gangsters comme on en avait pas vu depuis bien longtemps. De plus, il axe son film non pas sur les trafics en tout genre mais sur une famille et en particulier sur les rapports qui unissent trois frères. Une mise en lumière de l’amitié fraternelle et une réflexion sur les rapports de force, la difficulté d’exister au milieu de frères charismatiques. Un film passionnant de bout en bout qui me fera même pour la première fois de ma vie apprécier Shia LaBeouf en tant qu’acteur. On doute de la présence du film au palmarès (trop léger pour Cannes et sans enjeux majeurs) mais un excellent divertissement !

Vous l’aurez compris Cannes c’est d’abord du cinéma mais c’est aussi des fêtes. Ce soir, j’ai le plaisir d’être conviée par Orange pour célébrer le premier anniversaire de Cineday en compagnie d’autres bloggeurs. Champagne, petits-fours et peoples et DJ excellent, toutes les conditions sont réunies pour passer une très bonne soirée ! Un coucou à Philippe Manoeuvre et à Norman fait des vidéos et nous voilà devant la scène prêts à acclamer les Ting Tings ! Un concert au top dans une ambiance très sympathique mais bon enfant. Rien à voir avec les pogos insupportables de Rock en Seine 2010 … Un set cours mais une occasion de se déhancher sur les cultissimes Shut Up and Let Me go ! ou That’s not my name.

L’heure du dodo à sonner. Demain j’ai rendez-vous à 8h30 avec Michael Haneke pour découvrir son très attendu Amour. Bonne nuit Cannes.

M.

http://www.youtube.com/watch?v=swX_zOJh9gA&feature=g-upl
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Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

Comments

  1. Cinedingue Reply

    Grâce à toi, j’ai l’impression d’avoir monté les marches! Merci!

  2. Cinedingue Reply

    Grâce à toi, j’ai l’impression d’avoir monté les marches! Merci!

  3. Excellent ! J’attends bcp Laurence Anyways et tu me donnes très envie de le voir. Merci de nous raconter ainsi ton festival !

  4. Excellent ! J’attends bcp Laurence Anyways et tu me donnes très envie de le voir. Merci de nous raconter ainsi ton festival !

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