Un grand réalisateur, un casting 5 étoiles et un sujet terriblement tentant auront suffi à faire de Contagion l’un des films les plus attendus de cette fin d’année. Hélas, si le film commence sur les chapeaux de roues, il peine à avancer et à tenir la distance faute d’un manque de rebondissements et de suspense.

Une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. Tandis que les grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour la mise au point d’un vaccin, le Dr. Leonora Orantes, de l’OMS, s’efforce de remonter aux sources du fléau. Les cas mortels se multiplient, jusqu’à mettre en péril les fondements de la société, et un blogueur militant suscite une panique aussi dangereuse que le virus en déclarant qu’on “cache la vérité” à la population…

Les films de fin de l’espèce humaine sur fond de propagation de virus ont le vent en poupe et semblent être un sujet inépuisable. Après la Saga inégale Resident Evil, l’immense 28 Jours plus tard et le très réjouissant Je suis une légende, le réalisateur de Traffic s’y colle à son tour ! Cette fois, pas de monstres bizarres ou de vampires suceurs de sang, seulement des humains et un virus qui se propage presque plus vite que la lumière.

A la vue du casting et de la présence au générique d’acteurs parmi les plus convoités du moment tel que Matt Damon, Marion Cottilard, Jude Law, Kate Winslet, Brian Cranston ou encore Gwyneth Paltrow, on s’attendait à quelque chose de grand, de marquant, aux allures de futur film référence en la matière. Aux premières minutes le résultat est à la hauteur des attentes. Steven Soderbergh réussit à créer un climat à la limite du supportable nerveusement. Des gens tombent, convulsent, meurent sous nos yeux d’une manière très brutale. Le virus se propage sans que personne ne puisse rien y faire. Même des enfants sont tués. Steven Soderbergh frappe alors très fort et nous laisse sans voix.

Alors que l’on était rentré immédiatement dans le film et d’une matière très frontale, on est quelque peu surpris par le ralentissement du rythme qui survient bien assez vite. Les éléments s’enchainent très vite et l’intrigue se résout presque aussitôt et d’une manière ultra simpliste. Le climat angoissant du début du film laisse alors place à une fresque sans relief et peu intéressante au final. Là où on aimait les rebondissements et les complications des films catastrophes on est frappé par la simplicité de Contagion qui se contente du minimum syndical.

L’autre grand défaut du film est son américanisme aigu. Le sens du sacrifice, l’engagement humain, le devoir patriotique sont autant de thèmes que l’on retrouvera dans le film. La palme du “Too much” revenant au rôle de Marion Cotillard en professeur consciencieuse et engagée…

Et pourquoi donc avoir intégré à ce grand bordel un blogueur un peu borderline prêt à tout pour se faire remarquer ? Steven Sodebergh a du sentir le coup et voulu mettre en lumière le Web 2.0 mais en réalisant un portrait aussi stéréotypé du blogueur moderne, il en devient très risible.

Alors qu’il démarre très bien, Contagion se perd un peu dans ses intentions et devient un film d’anticipation banal sans réelle profondeur. Il s’en ressort un grand sentiment d’inachevé, de moyens sabordés et d’un projet quelque peu gâché. Dommage. Quoi qu’il en soit il donnera aux plus hypocondriaques des sueurs froides et vous fera réfléchir à deux fois avant de toucher la barre dans le métro.

M.

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