Après le très décevant Paris, on attendait avec impatience le retour de Cédric Klapisch. Pour son 10ème long métrage, le réalisateur du Péril Jeune, d’un Air de Famille et de L’Auberge Espagnole, s’entoure des chouchous actuels du cinéma français, j’ai nommé Gilles Lellouche et Karin Viard.

France (Karin Viard), ouvrière à Dunkerke depuis 30 ans, vient d’assister à la fermeture de son usine. Si ces anciens collègues continuent à se battre pour leur indemnisation, France décide d’aller à Paris chercher du Travail. Après un court stage, elle devient femme de ménage. Dès lors, elle se fait embaucher par un Trader, qui vit dans un univers radicalement opposé du sien. Steeve (Gilles Lellouche) travaille entre Paris et Londres. Ces deux individus, que tout séparent,  vont se côtoyer, apprendre à se connaître pour finalement s’entendre. Alors que tout s’arrange dans leur vie, France découvre que Steeve est en partie responsable de la fermeture de son ancienne usine…

Avec Ma part du gâteau, Cédric Klapisch s’attaque pour la première fois de sa carrière à un thème d’actualité : la paupérisation d’une partie de la population française face à l’enrichissement de l’autre partie. “Grosso modo, en ce moment, le monde fabrique de plus en plus de profit, et de moins en moins de gens en profitent ! L’idée du film part de ce constat” explique le réalisateur. Le monde serait donc un gros gâteau où les petits n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent…  L’idée du film est intéressante, et le tout est très bien filmé. Le problème concerne sa représentation: pendant près d’une heure c’est la fête aux clichés… Alors que Steeve vit dans un appartement avec vue sur Tour Eiffel, qu’il emmène en Jet Privé ses conquêtes à Venise, France echaîne les galères: femme divorcée, mère de 3 filles, ouvrière au chômage à DUNKERQUE… Le contraste est vraiment trop marqué, beaucoup trop... Que dire de la représentation de leur métier… Les traders vivent dans des tours magnifiques, tous en costard cravate, ils hurlent à longueur de journée des “247′” “248”” “J’achète” “Je vends”  et jouent avec des millions comme avec des billes, et voient des mannequins  se faire shooter dans leur tour dorée…  De l’autre côté, les ouvriers occupent leur usine, boivent des verres au café d’à côté, sont plutôt rustres… Ces clichés nous empêchent de rentrer complétement dans le film et minent un peu l’impact émotionnel de celui-ci. On a vraiment l’impression que Klapisch veut nous imposer sa vision des choses: le trader est un méchant sans scrupules et l’ouvrière est la gentille qui se fait toujours avoir… Dommage !

Pour autant le film n’est pas un mauvais film. D’abord parce que le film est porté par une Karin Viard au sommet de sa forme. Après son interprétation impeccable dans Potiche, elle décroche enfin la vedette dans une comédie grand public. Dans Ma part du gâteau, elle est drôle et touchante à la fois. On se délecte en la voyant prendre un accent russe ! Elle donne au film une dimension comique et apporte beaucoup de légèreté à ce scénario en plomb ! Son partenaire, Gilles Lelouche est comme à son habitude très bon. Toutefois, la lourdeur du scénario le fait un peu trop ressemblé au Jean Dujardin d’OSS 117… Les seconds rôles sont tout aussi bien choisis, à l’instar d’Audrey Lamy et de  Zinedine Soualem.

Si le film est long à démarrer, le dénouement en revanche, arrive très vite. Pas le temps de dire ouf que le film se termine déjà. Mais peut être est-ce ici un parti pris de déclencher une très forte émotion. Et ce n’est pas si bête ! La fin si brutale et violente, déclenche en nous une émotion très forte. Pour la première fois, la cohésion globale des petits gens et l’injustice dont ils sont victimes, nous frappent aux yeux. Et on en ressort un peu chamboulé…

Au final un gâteau qui manque de saveur, sauvé par une Karin Viard au sommet de son art.

M.

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Comments

  1. La BA ne m’attire pas trop même si j’aime beaucoup Karin Viard… A réfléchir.
    J’avais bien aimé Paris où je m’étais laissé facilement balader à travers les histoires des différents personnages.

  2. Une immense déception. Ennuyant, cliché au possible, bref … passez votre chemin

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