Après une brillante ouverture et un Annette qui ne quitte pas le palais et la tête des festivaliers, le programme continue. Point météo : il fait beau. Chaud même. Là où en mai, on est parfois un peu contrariés de devoir quitter le soleil, en juillet, on le fuit et on est heureux (très heureux) de retrouver la clim du Palais.
La journée commencera à la Semaine de la Critique où Robuste de Constance Meyer ouvre le bal. Une semaine de la Critique marquée par un nombre impressionnant de premiers films. Celui de Constance Meyer est une vraie réussite. Le film raconte l’histoire de Georges, acteur fatigué et lassé qui s’ennuie et souffre de sa solitude. Le film raconte sa rencontre avec Aïssa, une agente de sécurité remplaçante qui va bousculer ses habitudes. Robuste est un bien joli film. Une fenêtre sur une semaine dans la vie de deux personnes que tout oppose. Sauf leur corps et leur caractère. Ils sont robustes. Difficiles à faire tomber. Même lorsque au milieu d’un dîner la jeune Aïssa accepte de ne pas être aimée par celui qui partage ses nuits. Même lorsque l’acteur tombe à moto. Le corps et l’esprit. Des rocs. Le film si justement écrit, tient haut la barre grâce à ses deux interprètes. Gérard Depardieu évidemment. Émouvant comme jamais qui joue presque son propre rôle. Attachant. Insaisissable. Le film a été écrit pour lui et ça se sent à chaque plan. Il est drôle. Parfaitement dans son rôle du Gégé qui ronchonne et qui s’impose. Depuis quand ne l’avait-on pas vu si juste ? Face à lui, il fallait une interprète féminine solide. Déborah Lukumuena est parfaite en lutteuse solide sur ses appuis sans complexe face à ce monstre. Le duo est magnifique. Comme si Depardieu avait baissé la garde pour laisser entrer une jeune actrice dans son monde. Une bien belle manière de démarrer cette sélection.

Critique film - ROBUSTE - Abus de Ciné

On enchaine avec un film de la compétition. Encore un film français : Tout s’est bien passé de François Ozon. Le réalisateur prolifique est déjà de retour à Cannes après Été 85 qui faisait partie du Label Cannes 2020. Cette fois-ci, il quitte la jeunesse insouciante et se plonge dans un monde plus sérieux. Emmanuelle apprend que son père a fait un AVC. Un homme de 85 ans, jusque-là en forme qui ne va pas retrouver toutes ses facultés suite à cet accident. Emmanuelle et sa sœur Pasquale vont l’accompagner sur le chemin de la rééducation. Puis sur un autre chemin. Celui d’en finir. Quand la loi française l’interdit encore, comment aider les personnes qui ne veulent plus vivre ?
Sur le papier, le sujet est complexe. Il fallait un grand François Ozon pour se défaire des pièges et éviter un pathos qui aurait été indigeste. Ici, le film alterne entre grande tristesse et beau moment de comédie. À l’image d’une Sophie Marceau qui n’a jamais été aussi bien dirigée, le film est lumineux. Et fait évidemment réfléchir sur le sujet et le droit à mourir dignement. En face, André Dussollier, 75 ans, accepte sans retenu un rôle difficile. Défiguré. Affaibli. Sévère et aimant. On se dit que c’est le genre de rôle difficile à accepter pour un acteur. Il relève le défi parfaitement. Le film n’est pas parfait, mais est si maitrisé qu’il force le respect.

À 22 h 30, première montée des marches en soirée. Celle-ci sera pour découvrir le documentaire de Todd Haynes sur le Velvet Underground. Le film est une merveille de réalisation. La musique aura réveillé les festivaliers. Le réalisateur revient sur l’histoire d’un groupe résolument à part dans une Amérique en pleine mutation. La beauté de Lou Reed aura pris toute sa grandeur sur l’écran du Grand Théâtre Lumière !

The Velvet Underground' Review: Dazzling but Not Definitive - Variety

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Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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