Après avoir adapté l élégance du hérisson, Mona Achache change de registre pour un film 100% girly : les gazelles !

Marie et Eric, trentenaires en couple depuis le lycée, signent l’achat de leur premier appartement quand Marie est saisie d’un doute vertigineux. Sa rencontre avec un beau brun ténébreux va précipiter sa décision : elle quitte Eric pour plonger dans le grand bain du plaisir et de la liberté.
Mais elle va surtout se manger le fond de la piscine…
Et découvrir un monde sans pitié : à son âge, le célibat est vite perçu comme une tare suspecte.
Eclairée par des amitiés nouvelles, Marie va apprendre à envisager son célibat comme une chance d’où elle pourrait sortir plus forte, et enfin prête à être heureuse.

Avec son casting réjouissant, on se disait que Les Gazelles serait peut être le film de copines made in France qu’on espérait plus. A lire ici et là des interviews il semblait aussi que ce film s’inscrive dans la lignée de la nouvelle vague française. Pas celle de Truffaut et Godard non, celle des Levy, Payet, Gelin et Nakache… Et même si on y allait en espérant une bonne surprise on avait quand même de gros doutes sur le niveau global du film.

Vous savez au Maroc quand on vous interpelle dans la rue avec un “plaisir des yeux la Gazelle” vous trouvez ça rigolo une fois mais bien lourd la seconde ? Le film part de cette idée mais vous explique qu’il faut profiter de cette situation avant qu’il ne soit trop tard… Avant que plus personne ne vous appelle “la gazelle”. Donc comment en profiter ici ? En sortant, embrassant, couchant avec le premier venu et en écoutant toujours ses envies et désirs. Les gazelles c’est l’histoire de Marie qui va tout envoyer valser le jour où elle doit acheter un appartement avec son copain. Mec, famille, amis, vie quotidienne au profil d’une bande de copines pas franchement fréquentable.

Si la situation est amusante 5 minutes on ne va plus du tout avoir envie de sourire pendant l’heure qui va suivre. Blagues lourdes, humour salace et blagues de cul en veux-tu en voilà, voilà comment les Gazelles ont misé leur succès… Sauf qu’à les voir s’agiter ainsi un sentiment de malaise va vite prendre le dessus. Le spectacle devient pitoyable et aucune envie d’appartenir à cette bande ne va voir le jour. Là on se dit que c’est voulu, histoire de nous dire que fumer boire et baiser c’est mal mais impossible de croire à cette morale vu la fin du film et vus les rares moments de tendresse qui se transforment en sketchs… Souvent loin d’être drôle, Les Gazelles auraient dû jouer la carte du double discours, comme l’avait fait Nous York. Montrer que derrière tout ce qui brille, tout part en couilles !
A en croire les réactions de la salle, hilare quand l’héroïne ivre morte en culotte sur son balcon éclate en sanglots, on est les seul qui avions envie d’autres choses…

Si le film pouvait s’appuyer sur son casting là aussi ce ne fut qu’illusion. À l’exception d’Audrey Fleurot qui ne s’en sort pas trop mal ( on lui souhaite quand même d’élever un peu le niveau des films qu’elle choisit…)  on est limite consterné par l’ensemble du casting. Camille Chamoux est loin d’être toujours juste mais reste quand même assez bonne pour qu’on ait envie de la revoir au cinéma. Par contre nos yeux pleurent devant les performances des seconds rôles qui n’ont certes pas été aidés par l’écriture mais bon on frôle vraiment le ridicule.

Bien sur il y aura des bonnes idées, de bonnes blagues et une volonté de fer de montrer des meufs d’aujourd’hui. Bien sur on aura souri quelque fois mais franchement on aurait pu s’attendre à quelque chose de plus ambitieux. Dommage, l’idée y était !

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

Comments

  1. Thomas PERILLON Reply

    DANS MES BRAS ! Punaise, que ça fait du bien de lire ça. Je suis sorti assez énervé de la projection hier et je tenais le même discours. On m’a sorti l’argument éblouissant et imparable du : “tu peux pas comprendre, t’es un mec”. Fin de la discussion.

    Bon et sinon comme d’hab, nos avis se ressemblent fort :

    http://www.lebleudumiroir.fr/?p=8183

  2. Thomas PERILLON Reply

    DANS MES BRAS ! Punaise, que ça fait du bien de lire ça. Je suis sorti assez énervé de la projection hier et je tenais le même discours. On m’a sorti l’argument éblouissant et imparable du : “tu peux pas comprendre, t’es un mec”. Fin de la discussion.

    Bon et sinon comme d’hab, nos avis se ressemblent fort :

    http://www.lebleudumiroir.fr/?p=8183

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