Après la bande annonce et la preview vu en compagnie de Sir Ridley Scott en avril, on avait placé en Prometheus beaucoup d’espoir. Peut-être un peu trop … Oui car malgré une remarquable prouesse sur le plan SF, Prometheus peine à convaincre complétement faute d’une histoire trop simple et de personnages caricaturaux.

Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.

30 ans après Blade Runner, Ridley Scott est de retour à la Science Fiction pour notre plus grand plaisir. Pour célébrer ce retour, le réalisateur britannique décide de rester dans la veine d‘Alien qui l’avait propulsé sur les sommets. Pas vraiment prequel, pas non plus une suite ni un hommage, impossible de nier toutefois les similitudes entre Prometheus et Alien. Réflexion sur l’origine du monde, présence d’une vie extra-terrestre ou quête de la connaissance, nous retrouvons dans Prometheus tous les ingrédients qui avaient fait le succès du huitième passager et de ses suites. Pas vraiment surprenant alors ce Prometheus même s’il se modernise et apporte à la saga Alien quelques réponses mais surtout d’avantages de questions !

Prometheus a d’abord l’immense ambition de poser des vraies questions existentielles. Ici, Ridley Scott décide de ne pas faire uniquement un film de SF bourrin mais de s’intéresser aux origines de l’humanité et de faire réfléchir le spectateur en ce sens. L’équipage de Prometheus n’est pas à la recherche d’une nouvelle forme de vie mais cherche à comprendre d’où vient la vie. Remise en cause du Darwinisme ou réflexion sur la foi et les différentes formes de croyance, Prometheus s’inscrit dans un genre nouveau, celui d’un blockbuster intelligent, poussant à la réflexion, comme l’avait fait Matrix en son temps.

Pour un retour à la SF, impossible de ne pas saluer l’incroyable travail de Ridley Scott qui filme comme jamais un univers complexe de science fiction. Tout est fascinant : du vaisseau futuriste à la découverte de la grotte mystique et mystérieuse, des bêtes rencontrées aux technologies utilisées. Ridley Scott donne à son Alien une cure de jeunesse et exploite avec perfection tous les outils mis à sa disposition. Esthétiquement, Prometheus est alors une vraie réussite. Aussi envoutant qu’effrayant et grâce à une mise en scène des plus inspirées, Prometheus se révèle tout aussi angoissant qu’Alien, voir plus. Certaines scènes à la tension intenable resteront à jamais dans les esprits tant Ridley Scott semble avoir conservé son goût pour le gore. Une vraie réussite.

Difficile alors de regarder Prometheus sans jamais le comparer à Alien tant les similitudes entre ces deux films sont nombreuses. Comme dans Alien, Ridley Scott s’intéresse en particulier à un personnage féminin qui devient fort au fur et à mesure de l’histoire. Après Sigourney Weaver, c’est au tour de Noomi Rapace d’en faire l’expérience. Scientifique déterminée et idéaliste, Elizabeth Shaw va voir ses croyances et ses espérances réduites à néant. Une exploitation d’un personnage d’apparence fragile toujours aussi pertinent et fascinant. Autre clin d’œil à Alien, la présence d’un cyborg, David (impressionnant Michael Fassbender) qui n’obéit qu’à un seul et est prêt à sacrifier des membres de l’équipage pour satisfaire son créateur. Les références à Alien ne s’arretteront pas uniquement aux personnages mais vont plus loin. De la contamination d’un membre de Prometheus au voyage dans l’espace, impossible de ne pas voir dans Prometheus le même ADN qu’Alien. La naissance de l’Alien à proprement parlé mettra directement Prometheus dans les rails de la saga Alien. D’ailleurs, une suite à ce Prometheus est tout à fait envisageable à en voir la fin …  Et pour dire vrai on l’espère un peu !

Alors que manque-t-il dans ce Prometheus pour le faire passer de l’autre côté de la barrière ? D’abord un scénario beaucoup plus complexe. Prometheus, même s’il est angoissant ne surprendra jamais. On se doute de tout, très vite et c’est bien dommage. De même, Ridley Scott semble s’américaniser un peu trop. Les personnages clichés au possible (les méchants très méchants, les gentils très gentils), le sens du sacrifice beaucoup trop présent et une fin tellement digne des pires blockbusters américains font doucement sourire. On aurait aimé plus de distance de la part de Ridley, plus d’intelligence pour ne pas tomber dans la facilité, le déjà-vu. De même puisqu’il n’invente rien avec Prometheus, on a du mal à percevoir un film nouveau et qui apporte une nouvelle pierre à l’édifice SF. Peut-être faudra-t-il le revoir pour tout appréhender, tout comprendre et tout apprécier.

Mis à part cela, et même si on est comme fasciné pendant ces deux heures, on aurait aimé que Prometheus apporte des réponses. Ici c’est tout le contraire. Les questions se multiplient, les incertitudes demeurent et aucune réponse n’est alors apportée. Qui sont ces ingénieurs ? Pourquoi s’ils ont crée la vie, veulent-ils la détruire ? Toutes ces questions sans réponses viennent agrémenter le mythe Alien et donne à tout spectateur une sérieuse envie de redécouvrir la saga histoire de voir si des pièces du puzzle s’y cachent !

Sans-être le chef d’œuvre attendu, Prometheus signe quand même le retour en grande forme de Ridley Scott à la Science-Fiction. Captivant, intelligent et mystique au possible, il faudra laisser du temps à Prometheus pour se bonifier et pouvoir apprécier pour ce qu’il est et non comme un Alien de l’an 2000.


M.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It