Je vais être honnête tout de suite : j’attendais beaucoup de Gourou. Le thème, le réalisateur, l’acteur principal… tout cochait les bonnes cases. Et pourtant, je suis sortie de la séance avec ce sentiment que je déteste : celui d’un film passé à côté de son propre sujet.

Un point de départ ultra pertinent
Sur le papier, Gourou a tout pour me plaire, sachant que j’adore les documentaires autour des “gourou” ou encore des “influenceurs”. Ce qu’on nous annonce comme sujet c’est un coach en développement personnel au sommet de sa gloire, des séminaires bondés, des adeptes prêts à tout entendre, et soudain une menace : une commission sénatoriale qui veut encadrer une profession jusque-là floue, parfois douteuse.
Dans une époque saturée de discours motivationnels, d’injonctions au bonheur et de promesses miracles, de coach mascus, le sujet est passionnant. J’avais très envie qu’on me mette mal à l’aise, qu’on m’oblige à réfléchir à cette fascination collective pour ses figures charismatiques.

Pierre Niney, toujours impliqué… mais pas totalement convaincant
Je ne vais jamais bouder mon plaisir quand Pierre Niney s’attaque à un rôle ambigu. Il s’investit clairement, il y croit, et ça se sent. Son Matt Vasseur est antipathique, égocentré, parfois glaçant.
Mais voilà : j’ai eu du mal à croire à son pouvoir d’emprise. Or, tout le film repose là-dessus. On nous explique qu’il électrise les foules, qu’il peut faire basculer des vies en quelques phrases… sauf que je ne l’ai jamais vraiment ressenti. Je comprenais le discours, sans jamais être happée.
Et c’est d’autant plus flagrant lorsqu’apparaît son modèle américain, incarné par Holt McCallany. En quelques scènes, lui impose naturellement quelque chose. Une aura, une autorité, un magnétisme évident. À côté, le Matt de Niney paraît presque fade.

Un scénario qui s’éparpille trop
C’est là que Gourou m’a complètement perdue. Le film veut parler de tout, de trop :
- du coaching,
- des dérives sectaires,
- des médias,
- du pouvoir politique,
- de la famille,
- de la manipulation…
- … Et finir en thriller.
Résultat : rien n’est vraiment creusé. Les personnages secondaires apparaissent, promettent quelque chose… puis restent en surface. Le film s’étire, accumule des pistes inabouties, et manque cruellement de subtilité là où elle aurait été essentielle.
Je me suis surprise à décrocher, alors même que le sujet me passionne.

Le moment de trop
Et puis il y a ce choix que je n’ai pas du tout digéré : l’apparition de Cyril Hanouna dans le film.
Là, très clairement, j’ai soupiré. Beaucoup.
Au lieu de renforcer la critique médiatique, cette présence la rend lourde, caricaturale, presque gênante. J’ai eu l’impression que le film appuyait sur un bouton “buzz” plutôt que de faire confiance à son intelligence et à celle du spectateur.
Pour moi, c’est un vrai point de rupture.
Ce que je retiens malgré tout
Je ne dirai pas que Gourou est un mauvais film. Il est frustrant, ce qui est parfois pire. La réalisation de Yann Gozlan reste solide, l’ambiance est là, le malaise affleure par moments. On sent une vraie envie de parler de notre époque, de ses dérives, de cette obsession de la performance et du succès à tout prix.
Mais à force d’hésiter entre thriller, satire et analyse sociétale, le film ne tranche jamais vraiment. Et moi, je suis profondément déçue, et ce sentiment ne me quitte plus depuis hier. Mon année 2026 au cinéma démarre assez mal !