Le film :

Dès le départ, Denis Villeneuve nous embarque avec lui. Ne prenant aucune seconde pour planter son décors, ou très peu, le réalisateur québécois introduit directement histoire. Pas le temps pour du superflu, place à l’urgence. On enlève les fillettes et l’histoire peut alors commencer. Là où d’autres auraient vu une aubaine pour piocher dans le pathos, Villeneuve prend comme point de départ l’enlèvement. Impossible donc, de s’émouvoir trop sur leur disparition ni sur ces familles déchirées. C’est d’ailleurs là où le film prend tout son intérêt : dans sa volonté de dresser le portrait de deux hommes, unis par un drame, tous les deux bancals.

D’ailleurs avant d’aller plus loin, saluons l’immense performance des deux acteurs. Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal faisant jeu égal dans ce thriller froid et fascinant. On se demande si ce n’est pas la meilleure performance de Jackman quand celle de Gyllenhaal nous rappelle un certain Zodiac… Pour vous dire le niveau !

Thriller froid donc, construit comme un immense puzzle (un labyrinthe serait plus approprié…) qui va nous balader minute après minute pour nous faire perdre tous nos repères. Une fois qu’on pense avoir trouvé l’assassin, Villeneuve balance un nouvel indice qui remet toutes nos certitudes en doute. On se sent manipulé, pris au piège et impossible d’y voir le bout. Le réalisateur ayant tout l’art et la manière de semer sur son chemin milles et une incertitudes.

Alors qu’on s’inquiétait quant à la durée du film (2h30), très vite on se prend au jeu et difficile alors de décrocher. On est complètement happé par cette histoire insoupçonnée qui lève le voile sur la douleur et l’infini désespoir des parents à qui l’on vient d’arracher un enfant. Pas de langue de bois ici non plus. Juste une grande sincérité, d’aller au delà des évidences et des choses souvent montrées dans les journaux. Le film paraissant en ce sens parfois très bordeline et assez politiquement incorrect (la police qui fait mal son travail, le père qui fait sa vendita…).

Au delà de son sujet fort, c’est dans la forme que Prisoners nous bousculera complètement. Alors qu’un meurtrier n’est pas clairement identifié, qu’on ne sait rien de lui ni de ses motivations, on ressent le danger absolument partout autour de nous. On sait que quelque chose ne va pas, impossible d’identifier la source. Un climat oppressant est alors présent et ne s’en ira jamais. Et cela d’autant plus lorsque le thriller bascule dans le drame psychologique…

Alors qu’au cinéma, on avait trouvé la fin assez bâclée, on la voit ici d’un nouvel oeil. Peut-être parce qu’on connaît le coupable, peut-être parce qu’on espérait plus trop de celle-ci… quoi qu’il en soit elle passe au second visionnage beaucoup plus facilement ! On peut désormais le dire haut et fort, ce Prisoners est le digne hérité d’un Zodiac ou d’un Mystic River !

Le Blu-Ray :

Si l’ambiance est essentielle à l’efficacité du film, le Blu-Ray se devait retransmettre parfaitement l’image et le son. Et là, on aura pas été déçu ! Visuellement, la sublime photo du film est bien rendue. De jour comme de nuit, les plans restent fascinants et le sens du détail époustouflant. Côté son, le constat est le même ! L’ambiance est parfaitement retransmise et conforte aux spectateurs une immersion totale et un sentiment d’angoisse sans pareille.

Les bonus :

Si on s’attendait à tout savoir autour du film et les origines du projet, on aura été déçu par les bonus présents ici. Il faudra se contenter de 3 featurettes et d’un Making-off (très promotionnel). Des bonus qui nous permettront tout de même d’apprendre que l’écriture du scénario a été chaotique et comment un réalisateur de thriller travaille pour arriver à une cliffhangher final.

Bilan :

Que vous ayez ou non vu Prisoners, il vous faudra vous procurer ce Blu-Ray. Pour le découvrir d’une part et surtout pour le revoir et s’amuser à décrypter les indices lors du second visionnage. Un grand thriller qui fera date et qui nous donne envie de découvrir le prochain film de Denis Villeneuve.

Prisoners est sorti en DVD et Blu-Ray chez M6 Vidéo le 12 Février et est disponible ici.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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