Deux après le Nom des Gens, Michel Leclerc nous revient avec une autre comédie politisée et la toujours rayonnante Sara Forestier. Est ce que la magie du Nom des Gens opère toujours ?

Tout a commencé lorsque les caméscopes ont remplacé les caméras. Faire de la télé devenait alors à la portée de tous. Jean-Lou, Yasmina, Victor, Clara, Adonis et les autres ne voulaient pas seulement créer leur propre chaîne de télé, ils voulaient surtout faire la révolution. Ainsi naquit Télé Gaucho, aussi anarchiste et provocatrice que les grandes chaînes étaient jugées conformistes et réactionnaires. Cinq années de grands foutoirs, de manifs musclées en émetteur pirate, de soirées de beuveries en amours contrariées… et ce fut ma parenthèse enchantée.

Télé Gaucho c’est le nom d’une chaîne télévisée pirate, fauchée et anarchiste, dans laquelle atterrit Victor, stagiaire pour une grande chaîne tout juste arrivé à Paris. Il va y rencontrer Jean-Lou, Clara et Yasmina.

Le film démarre au quart de tour et le rythme est d’emblée soutenu. Un petit jeune qui se rêve cinéaste débarque à Paris pour travailler pour une émission voyeuriste qu’il déteste et que sa mère adore. C’est en cherchant une caméra qu’il se retrouve dans l’aventure Télé Gaucho. Tout de suite il nous est facile d’imaginer qu’on va sûrement passer un moment agréable.

Manifestations contre l’accord du Pacs pour les couples homosexuels, manifestations de fascistes : voilà ce que combat notre troupe dans des scènes politisées qui ne sont pas sans nous rappeler l’actualité récente (Civitas par exemple). Pourtant le film est souvent poussif et ce n’est pas sur la politique que l’on rigole contrairement au précédent film. On rigole plus pour Sara Forestier incapable de filmer la démolition d’un immeuble, Félix Moati qui cache sa paternité à ses parents …

C’est moins savoureux, mais le casting est relativement bon. À commencer par Félix Moati la surprise du film. Drôle, tendre,sensible et naïf, il ne fait jamais tâche malgré les personnalités fortes de ses collègues. Sara Forestier est toujours un peu folle, un peu trop même, incapable de réussir quelque chose dans sa vie, véritable boulet pour ses compagnons. Le plus triste dans tout ça c’est que jamais dans le film le personnage tente de s’en sortir. Comme Eric Elmosnino, gaucho anarchiste et raté de la société qui aura comme idée du siècle de couper le discours des voeux de bonne année de Jacques Chirac. À noter Emmanuelle Béart drôle dans l’ennemie à abattre dans un rôle à contre courant de sa vraie personnalité.

Côté bonus, c’est une vraie réjouissance. Le réalisateur allant à fond dans ses idées et proposant de nombreux bonus très Télé Gaucho. On revoit avec plaisir les séquences du “Ces objets du quotidien qui nous font chier” ou le “Avant moi je croyais” tournés comme des mini-clips qui viennent donner au projet une ambition supplémentaire. Un making off complétant magnifiquement cette très sympathique édition DVD.

Au final même si le film est en deçà de nos attentes, il reste frais et drôle notamment grâce à son casting et ce côté autobiographique (les petites émissions que réalisent Victor ont réellement existées) : le réalisateur participait à Télé Bocal entre 1995 et 2000. Et c’est le premier film à montrer le milieu des années 90 comme une époque lointaine et révolue : coup de vieux assuré.

Télé Gaucho est distribué par TF1 et est disponible depuis le 17 avril.

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Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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