Taboor est un film de Vahid Vakilifar.

Le film a obtenu le LOTUS AIR FRANCE (PRIX DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE) au festival du cinéma asiatique de Deauville 2013.

Synopsis Hypersensible aux ondes électromagnétiques, un homme s’est confectionné une combinaison en aluminium qu’il porte sous ses vêtements. Chaque soir il prend sa moto et rend visite à ses clients. Sa mission : Assainir les habitats de cafards. Au cœur de la nuit, il parcourt Téhéran.

Casting : Mohammad Rabbanipour

Taboor est le deuxième film de Vahid Vakilifar. Le monde qu’il dépeint est étrange. La nuit à Téhéran, les rues sont vides, rien ne bouge, pas un bruit, excepté celui des portes que le personnage ouvre et referme derrière lui. Il traverse cette nuit le visage toujours inchangé, sans un mot, sans une musique pour l’accompagner.

Le parti pris de Vakilifar est particulièrement rebutant pour le spectateur. Tout le film est en plans fixes, très longs, dans lesquels le héros évolue seul. Comme des caméras de sécurité, nous le voyons entrer dans un couloir, le traverser jusqu’au bout, ouvrir une porte, la refermer derrière lui, il fera sensiblement la même chose au plan suivant. La caméra bougera deux fois en 1h24, lentement, pour pouvoir le suivre plus loin encore.

La musique apparaîtra également deux fois, au début, puis à la fin. Une voix off se fera également entendre, trois fois. Jamais le personnage n’esquissera un dialogue, pas même un mot.

Chaque plan est long et lent. Très long. Trop long. Contemplatif, le film l’est jusqu’à la nausée. L’image est belle, les endroits bien choisis pour montrer un vide irréel, comme ce tunnel en travaux où tout est arrêté et silencieux. Mais le film paraît interminable. Malgré sa courte durée il s’éternise à chaque scène, fait tout durer bien trop longtemps. La scène la plus animée sera un plan sur un steack qui cuit, durant plusieurs minutes, pendant que la première voix off du film explique au personnage qu’il est comme ce steack, que les ondes le cuisent de l’intérieur et que même sa combinaison ne peut plus le protéger.

C’est la chronique de vie d’un être minuscule perdu dans la ville la nuit, semblable aux cafards qu’il élimine (le réalisateur nous forcera de toute façon à établir le parallèle avec lourdeur en filmant de près un bocal rempli de trois cafards tandis que la troisième voix off du film nous explique qu’ils sont plus propres que les humains). Elle aurait gagné à ce que chaque plan dure 20 secondes de moins. La lenteur n’est pas toujours un défaut, mais elle est ici poussée à un tel paroxysme qu’elle transforme une étude intéressante en gâchis.

Le film se finira en énigme, le personnage principal aurait-il finalement accepté son destin face à cette ville qui semble le rejeter et qui le tue à petit feu ? Le soleil représente-t-il pour lui l’espoir ou la mort ? En dédiant le film à ses parents, Vakilifar leur offre un tableau bien pessimiste du monde et d’un jusqu’au-boutisme glaçant. Le film aura obtenu le prix dela Critiquedu festival du film asiatique de Deauville, provoquant une certaine consternation autour de moi à cette annonce.

 Note : 2,5/10 un film âpre, rebutant, fermant volontairement la porte au spectateur et qui s’enferre dans un parti pris le rendant interminable.

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Blogueuse spécialisée dans les écrans. Partage son temps entre les bouquins, les jeux vidéo, les séries TV, le cinéma et les podcasts.

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