Après le fabuleux 2 Days in Paris, Julie Delpy change de boyfriend et de ville pour nous livrer ses aventures dans la Big Apple. Le soufflet est-il retombé ou l’alchimie fonctionne-elle encore  5 ans après ?

Marion (Julie Delpy) est désormais installée à New York, où elle vit avec Mingus (Chris Rock), un journaliste de radio, leurs deux enfants qu’ils ont eus de relations antérieures et un chat. Le couple est très amoureux ! Marion est toujours photographe et prépare son exposition. Son père, sa sœur et son petit copain (qui est en fait l’ex de Marion et qui n’était pas prévu du tout) débarquent à New York pour le vernissage. Le choc des cultures mais surtout les personnalités débridées des trois arrivants vont provoquer un véritable feu d’artifice entre Mingus, un vrai « newyorker », Marion disjonctée sur les bords, son père qui ne parle pas un mot d’anglais, sa sœur toujours en phase avec ses problèmes freudiens, et son petit ami… no comment ! Vous pouvez deviner la suite, ou pas…

5 ans après, Julie Delpy donne une suite à 2 Days in Paris. Le titre étant limpide, vous aurez compris que le concept reste le même: un film légèrement autobiographique pour Julie Delpy , une histoire de couple, le tout raconté sur 2 jours dans une capitale. On prend donc les même et on recommence. Alexia Landeau retrouve le costume de la soeur nympho, Alexandre Nahon en beauf insuportable, le père, joué par… son père, Albert Delpy est toujours là et même Daniel Brühl fait une apparition. Seule Marie Pillet n’a pas rejoint New-York. Elle qui jouait la mère à Paris et véritable mère de la réalisatrice et malheureusement décédée entre les deux. Côté boyfriend Chris Rock vient remplacer le séduisant Adam Goldberg dans ce joyeux bordel qui s’annonce.

Une fois qu’on a remis les choses en ordre on peut alors commencer ! Très vite on se rend compte que l’épisode de New-York ne sera pas une copie baclée de l’escapade parisienne et on se laisse très facilement embarqué par l’histoire. On rit devant ce spectacle qui s’annonce fortement épicé. Bien sur les clichés sont de sorti. Les français emportent forcément du fromage et de la charcuterie quand ils partent en vacances, ne pensent qu’au sex, ne parlent pas un mot d’anglais et sont très à l’aise partout où ils vont. Si ce n’était pas une française qui avait fait le film, on aurait pu mal le prendre … Côté américain la aussi les clichés sont présents. Les noirs sont fans d’Obama, les New-Yorkais vivent dans de sublimes lofts et se baladent à Central Park ou vont à des vernissages d’expo … Niveau originalité on a donc vu mieux et surtout plus fin mais force est de reconnaitre le courage de Delpy de s’attaquer à la France et à ses clichés pas toujours infondés … On voit mal qui côté américain pourrait avoir autant de recul sur son pays pour jouer avec ses clichés.

Mais finalement ce sont ces clichés qui nous arracheront nos plus larges sourires. Une fois qu’on a accepté ce point de vue, on peut alors vraiment se détendre et s’amuser avec Julie Delpy du clivage français / américain. Un choc des cultures réjouissant et revigorant !

Au delà de cette comédie franchement réussie et dans laquelle on rit beaucoup, 2 Days in New-York posera de vraies questions et se rendra aussi profond si ce n’est plus que son prédécesseur. Julie Delpy n’en a pas fini avec ses démons des relations amoureuses qui se détraquent presque obligatoirement et naturellement (Son exposition étant une très jolie métaphore de ses sentiments) et semble pouvoir exploiter continuellement le sujet. Le couple peut-il survire à tout ? Connait-on si bien la personne avec qui on vit ? L’amour a t-il des limites ? L’environnement peut-il saboter une relation ? Autant de questions que Julie Delpy continue de se poser au fur et à mesure de ses films et dans lesquelles on se reconnait forcément.

Au delà du couple c’est toute une réflexion sur l’absence et la mort qui servira de fil rouge à 2 Days in New-York. On sent que le deuil de la maman est encore là et que sa présence se ressent dans chacun des plans et des idées lancées au fur et à mesure. L’escapade New-Yorkaise sera en ce sens aussi réjouissante qu’émouvante, aussi inspirante que nostalgique.

La plus grande force de 2 Days in New-York résidera surtout sur un travail en post-prod. Pour un film bavard et souvent tourné dans l’appartement se ressent une énérgie incroyable et une vitalité qu’on aurait espérée. On ne s’ennuie alors jamais grâce notamment à un montage intelligent et assez novateur dans lequel rien n’est figé et tout bouge continuellement. Fini les longues discutions ennuyeuses à mourir, Julie Delpy semble avoir créer un nouveau genre : le film bavard mais jamais soporifique !

Si côté son et image il n’y a absolument rien à dire sur cette édition Blu-Ray, il en est malheureusement pas de même pour les bonus présents. Seule une masterclass de la réalisatrice à Paris viendra agrémenter le film. Une masterclass plaisante mais un brin trop mole qui nous fait regretter que l’esprit Delpy ne soit pas plus mis en avant. En effet, on aurait pu imaginer venant d’elle une petite folie ou quelque chose qui lui ressemble plus qu’une masterclass des plus classiques.

Outre cette déception sur les bonus, 2 Days in New-York est un film à voir. La pate Delpy a encore fait mouche et on attend avec impatience ces escapades à Londres, à Dublin ou à Barcelone.

2 Days in New-York en DVD, édité par France Télévisions Distribution, Disponible à la vente.

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M.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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