Pour son premier long métrage Sean Durkin frappe fort. Coup de cœur du festival de Sundace, Martha Marcy May Marlène se distingue par un esthétisme hypnotisant et une atmosphère horrifique parfaitement maitrisée. Un film poignant qui met en lumière une future grande actrice : Elizabeth Olsen

Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu…

Une bande annonce à couper le souffle, la mention “Sendance” et une affiche en tout point magnifique auront suffi à nous convaincre d’aller voir Martha Marcy May Marlene.

Alors qu’on s’attendait plus à un thriller horrifique, on s’aperçoit très vite qu’on a  à faire à un drame psychologique sur les ravages des sectes. Dès le début, on rencontre Martha. Et le voyage peut alors commencer. Sean Durkin nous plonge grâce à une mise en scène parfaite au cœur de la vie de Martha et nous raconte sous forme de flash-back parfaitement intégrés sa vie au sein de la communauté. Petit à petit, on apprend à connaître Martha. On découvre d’abord comment elle a intégré la secte, comment elle l’a séduite et comment au fur et à mesure elle l’ a transformée. Sean Durkin dépeint avec une intelligence folle le difficile retour à une vie normale et la perte de l’identité. D’ailleurs le titre évocateur aurait du nous mettre la puce à l’oreille…

Le réalisateur utilise tous les genres qu’il connait dans son film. Rarement on a vu un drame aussi tendu et autant à la limite du trhiller. Pendant les 1h41 que dure le film on est comme fasciné et effrayé par le spectacle auquel on assiste. La tension est toujours présente et à chaque plan on se dit que quelque chose peut basculer. Et cela surtout quand on est au côté de Martha dans le présent. Sa fragilité, ses comportements, ses gestes et ses moindres mots ont quelque chose d’effrayants. Comme si on s’attendait au pire à chacune de ses apparitions. Et tout cela sous une lumière éclatante et un décor absolument inoffensif. Le danger vient alors de Martha et non de l’extérieur. C’est fort. Très fort

La vie au sein de la communauté est elle aussi fascinante qu’effrayante. Les mystères qui entourent les personnages, la violence qui petit à petit se révèle, l’abandon progressive de son identité et de sa personne au service d’un tout n’ont jamais été aussi bien montrés à l’écran tant la réalité semble proche. Peu de films se concentre sur les sectes et leur organisation en essayant de montrer avec autant d’objectivité le bon comme le mauvais. Oui car Martha, ou ici devrions-nous l’appeler Marcy May n’est pas une sainte. Et la vie au sein de cette communauté semble lui convenir et alors qu’elle est perdue va donner un sens à sa vie. C’est en ce sens que Sean Durkin fait des miracles. Dans sa facilité et son intelligence à voir le bon et le mauvais dans chacun des personnages et au sein même de la Secte.

Impossible de parler de Martha Marcy May Marlène sans parler de son incroyable héroïne. Élisabeth Olsen (sœur des jumelles férues de mode) interprète avec une justesse et une facilité déconcertante cette jolie blonde au bord de la crise de nerfs. Solaire, elle crève l’écran et entre dans la cours des grands de la meilleure des façons ! Véritable révélation on est obligé de l’imaginer demain reine du ciné indé américain. On ne peut non plus passer à côté de John Hawkes (Contagion, Winter’s Bone) absolument divin en gourou malsain à la fois attachant et profondément flippant.

Martha Marcy May Marlène vous plongera au cœur des angoisses d’une jeune fille d’une vingtaine d’année qui ne s’est plus très bien distinguer la réalité. Malsain, effrayant, ambitieux, fascinant et magistralement interprété, le premier long métrage de Sean Durkin vous troublera beaucoup et vous fera vous rappeler que les sectes c’est mal. Un seul petit bémol le personnage de Martha pas exploitée à son maximum et pas vraiment creusé au final et une fin très très facile.

M.

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