Après le biopic de Joann Sfar, l’immense Serge Gainsbourg inspire encore les réalisateurs et donne naissance à un très bon documentaire baptisé Je suis venue vous dire.

Une autobiographie réinventée en donnant la parole à Serge Gainsbourg. A la première personne, en utilisant simplement tout ce qu’il a dit aux uns et aux autres, que ce soit édité ou que cela soit toujours inédit… En l’entendant autrement, usant de tous ses sous entendus, parfois passés inaperçus, en reconstruisant, en réaménageant autant que faire se peut, mais le laissant se raconter là où on ne l’attendrait pas. Un film en forme d’épure, à la manière où il semblait vouloir le faire lui-même quand il en a eu l’opportunité.

20 ans après sa mort, Serge Gainsbourg continue de faire parler de lui et d’inspirer les réalisateurs. Grâce à de nombreux artistes, l’homme à la tête de chou, n’a jamais semblé aussi en vie et son héritage ne semble pas prêt de s’éteindre. Ainsi, chaque année, on en découvre un peu plus sur l’Homme et son travail et chaque fois un constat évident apparait : Serge Gainsbourg est grand, sans doute le plus grand auteur-compositeur que la France est connue.

Pierre-Henry Salfati propose ainsi un documentaire en ce sens. En 1h38 il essaye de se frotter au mythe Gainsbourg et de lever les mystères qui l’entourent. Cette fois, pas d’acteurs ni de voix off pour raconter son histoire, pas non plus d’interviews de contemporains et d’amis, seulement l’homme : Serge Gainsbourg racontant à la première personne sa vie et son œuvre. Pierre-Henry Salfati réussit grâce à un incroyable travail de recherche, à faire parler Gainsbourg et à rendre le sujet extrêmement passionnant et d’une manière très fluide.

Alors on est heureux de découvrir ou de ré-découvrir l’incroyable ascension de Lucien Ginsburg, de l’homme timide au dandy charismatique en passant pas le provocateur insoumis.  Une fresque complète sublimée par des séquences d’archives absolument divines comme le tournage du clip de Bonnie & Clyde avec la belle Brigitte Bardot.

Et comment parler de Gainsbourg sans évoquer sa musique ? Une centaine de chansons composent la BO de Je suis venue vous dire. On entendra tour à tour La Javanaise, Je t’aime moi non plus, ou encore Couleur Café bien sur mais aussi des morceaux moins connus et absolument magnifiques comme La Noyée, l’Anamour, Melody ou encore Variations sur Marilou. Le documentaire nous séduit en ce sens et nous donne une très grosse envie de nous plonger à nouveau dans l’œuvre inégalée de Serge Gainsbourg.

Un seul bémol et pas des moindres : la présence de séquences jouées par des acteurs. Ces insertions cassent un peu avec l’ambiance du film et nous font quelque fois penser aux reconstitutions de Faites entrer l’accusé… Sans doute parce que pour nous Gainsbourg et Jane sont inégalables et irremplaçables, voir de jeunes acteurs joués ces rôles nous agacent quelque peu. De même, alors qu’on a compris l’intention de Pierre-Henry Salfati de mettre en lumière les origines russes de Gainsbourg, on reste quelque peu septique face aux extraits du chef d’oeuvre russe La Dame au petit chien qui viennent en permanence agrémenter le documentaire.

Pierre Henry Salfati ne prend pas trop de risques en réalisant un documentaire sur l’immense Serge Gainsbourg. Je suis venu vous dire n’apportera rien de nouveau aux aficionados mais nous donnera envi de nous plonger encore et encore dans l’œuvre du grand Serge.

M.


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