Passer des manettes de chez Ubisoft aux loupes de la Haute École de Joaillerie de Paris n’est pas franchement le parcours le plus classique. C’est pourtant celui de Fiona Lauredi, la fondatrice de Lauredi. Après des années à bosser autour des univers virtuels de Ubisoft, Gameloft ou Voodoo, elle a décidé de plaquer les pixels pour le 18 carats. Son idée ? Secouer une joaillerie traditionnelle qu’elle trouvait un peu trop « silencieuse » et un poil trop axée sur le mariage.
Avec sa nouvelle collection, Faubourg 1925, elle fait le pont entre deux mondes : la structure historique de l’Art déco et l’énergie vibrante de la culture numérique.

L’Art déco en technicolor
L’Art déco, on connaît : c’est le Paris des années folles, des lignes droites, des symétries impeccables et une certaine idée de la rigueur. Mais là où la place Vendôme reste souvent sur le diamant blanc classico-classique, Fiona, elle, y injecte de la couleur. Bleu électrique, rose tendre, jaune solaire ou vert profond… ces pierres ne sont pas là pour faire joli, elles sont là pour donner du rythme au bijou.
On sent l’influence du jeu vidéo dans ce choix de teintes saturées. La collection propose des bagues, des colliers et des bracelets qui reprennent la géométrie de 1925 mais avec un “glitch” contemporain. C’est structuré, c’est net, mais c’est loin d’être du classique ennuyeux.

Le diamant de synthèse : un choix de bon sens
Le vrai sujet de société derrière Lauredi, c’est l’utilisation exclusive du diamant de laboratoire et de l’or recyclé. On est en 2026, et la question de l’impact de nos achats est devenue centrale, et bien sûr très importante aussi quand on parle de luxe.
Le diamant de synthèse, c’est exactement la même chose qu’un diamant de mine (physiquement et chimiquement), sauf qu’il pousse en labo. Résultat : une traçabilité totale, un impact environnemental largement réduit et, surtout, l’accès à des couleurs de diamants qui seraient normalement hors de prix. Avec des pièces qui démarrent à 850 €, la marque rend le diamant de couleur « accessible » sans sacrifier l’éthique. C’est une approche pragmatique qui colle bien à nos attentes actuelles : on veut du beau, mais pas à n’importe quel prix pour la planète.
Arrêter d’attendre la « grande occasion »
Ce qui me plaît aussi, c’est le message derrière la marque. Fiona est très claire là-dessus : ses bijoux sont des « armures personnelles ». L’idée n’est pas d’attendre qu’on vous passe la bague au doigt ou une promotion exceptionnelle pour s’offrir une belle pièce.
C’est une joaillerie de l’émancipation. On achète son diamant pour soi, pour célébrer ses propres victoires, petites ou grandes. La fabrication reste artisanale et parisienne, ce qui garantit une qualité de finition qu’on ne retrouve pas dans la fast-fashion, même haut de gamme.

L’avis de Nivrae
Je valide tellement ce virage à 180 degrés de la manette vers l’établi. Lauredi réussit à dépoussiérer l’art déco sans tomber dans le gadget. Le mélange entre tradition française et culture geek apporte une vraie fraîcheur.
C’est pour qui ? Pour celles qui aiment les objets qui ont une histoire, qui préfèrent la couleur au blanc classique et qui veulent investir dans une pièce durable sans se sentir coincées dans un style trop “madame”.
Le petit plus : Le côté “luxe éthique” qui permet de se faire plaisir sans culpabiliser sur l’origine des matériaux.
Alors, tentée par un diamant bleu ou vert pour sortir du traditionnel solitaire blanc ?