Depuis sa mise en ligne le 5 février, la nouvelle série française de Netflix, Les Lionnes, s’affiche partout. Avec son pitch audacieux et son casting de femmes puissantes, j’avais hâte de découvrir cette fiction qui promettait de mêler adrénaline et sororité. Après avoir dévoré les huit épisodes, je reste pourtant sur ma faim. Si la série brille par son énergie, elle se prend parfois les pieds dans son propre scénario.

Un “Gang des Amazones” version 2026
Pour le contexte, l’intrigue s’inspire librement d’un fait divers qui m’a toujours fascinée : celui du Gang des Amazones, ces femmes qui ont braqué des banques dans le sud de la France à la fin des années 80. Transposée en 2026, la série suit Rosalie (Rebecca Marder), Sofia (Naidra Ayadi), Kim (Zoé Marchal), Alexandra (Tya Deslauriers), des femmes ordinaires poussées à bout par la précarité et l’injustice sociale.
Le point de départ est fort : des mères de famille et travailleuses invisibles qui décident de reprendre le pouvoir sur un système qui les étouffe. Sur le papier, le message est résolument engagé.
La force du collectif : le point fort de la série
Ce qui m’a fait tenir tout au long de la saison, c’est indéniablement la sororité. En tant que spectatrice, j’ai été touchée par cette bande de braqueuses amatrices.
- Des actrices impeccables : Naidra Ayadi est, à mon sens, la révélation dramatique du show. Sa justesse dans le rôle d’une mère menacée par les services sociaux apporte une profondeur nécessaire.
- Une esthétique soignée : Le réalisateur Olivier Rosemberg (que l’on connaît pour Family Business) installe une ambiance “pop” et colorée qui tranche avec les polars sombres habituels. C’est visuellement très réussi.

Pourquoi je ne suis pas totalement conquise
Malgré ces atouts, j’ai relevé plusieurs points qui ont freiné mon enthousiasme.
1. Un humour qui manque parfois (souvent) de finesse
J’apprécie la comédie, mais ici, le curseur est parfois poussé trop loin. Entre les barbes fluo et les situations absurdes, la série bascule souvent dans la farce, ce qui décrédibilise totalement le message social.
On a parfois l’impression que la série hésite entre un hommage à Good Girls et une caricature de film de braquage à la française.
Et puis dans le casting, la présence de Jonathan Cohen et François Damiens ajoute déjà naturellement une lourdeur humoristique. Pas besoin d’en faire plus.
2. Des thématiques engagées mais survolées
C’est là mon plus grand regret. Les Lionnes aborde des sujets essentiels : violences conjugales, précarité financière des femmes, emprise du crime organisé… Mais au lieu de creuser ces problématiques, le scénario les utilise comme de simples moteurs d’action. J’aurais aimé que la série prenne davantage le temps d’explorer la psychologie de ces femmes au lieu de privilégier les rebondissements parfois invraisemblables.
3. Le sentiment de “déjà-vu”
Si la mise en scène est moderne, le scénario reste assez classique. Les antagonistes, incarnés par François Damiens et Jonathan Cohen, restent enfermés dans des rôles très typés qu’on leur connaît déjà par cœur. On regarde, on s’amuse, mais on n’est jamais vraiment surprise.
Et puis le Gang des Amazones a déjà été adapté deux fois au cinéma, même si la série apporte un découpage intéressant, ça reste trop déjà-vu.

Mon verdict final
Au final, mon avis sur Les Lionnes reste nuancé. C’est une série que je recommanderais pour son énergie, son casting féminin rayonnant et son côté “divertissement pop”. Cependant, si vous cherchez une œuvre capable de porter une véritable réflexion sur la condition féminine actuelle, vous risquez, comme moi, de rester sur votre faim.
C’est une série fonctionnelle, agréable à regarder, mais qui manque de cette étincelle de singularité pour devenir un incontournable.