C’est le genre de découverte qui nous rappelle pourquoi on aime tant la bande dessinée. Si vous cherchez une aventure complète, visuellement folle et portée par une héroïne qui ne se laisse pas faire, j’ai ce qu’il vous faut. Je me suis plongée dans l’intégrale de Prima Spatia, une trilogie publiée chez Glénat, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le voyage en valait la peine.
Disponible dans son intégralité depuis avril 2025, cette trilogie signée Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni (le duo de Le Voyage extraordinaire) est un modèle de space opera moderne.

L’histoire : une quête d’identité au milieu des étoiles
Tout commence avec Alba. À 17 ans, elle vit une existence dorée mais recluse sur un astéroïde privé, protégée (ou isolée, selon le point de vue) par ses parents politiciens. Sa vie bascule le jour de son enlèvement. Après plusieurs péripéties, elle se retrouve alors à bord de “La Flèche”, un vaisseau de chasseurs de créatures stellaires.
Dans cet univers, ces créatures géantes sont une source de richesse convoitée pour leur sérum. Mais Alba possède un secret qu’elle ignore elle-même : une connexion mystique avec ces géants de l’espace. Entre complots politiques galactiques et révélations sur ses origines, Alba va devoir passer du statut de proie à celui d’actrice majeure du destin de la galaxie.

Une héroïne inspirante et une évolution marquante
Ce qui m’a particulièrement touchée dans cette série, c’est le parcours d’Alba. On est loin des clichés de la “demoiselle en détresse”. Au fil des trois albums, on la voit s’émanciper, gagner en assurance et faire face à ses responsabilités avec une lucidité impressionnante.
Le tome 3, qui clôture magnifiquement le récit, nous montre une jeune femme capable de tenir tête aux hautes instances du pouvoir galactique. Son discours devant le Grand Conseil est un moment fort de la série : elle y impose son autorité et sa légitimité, prouvant que sa vulnérabilité est aussi sa plus grande force.
Visuellement, Prima Spatia est une claque. Silvio Camboni propose un dessin riche, aux lignes courbes et organiques, qui rappelle l’esthétique de Valérian et Laureline mais avec une touche très personnelle. L’espace ici n’est pas un vide noir et froid ; il est peuplé de récifs d’astéroïdes, de créatures hybrides et de vaisseaux aux designs incroyables.
La mise en couleurs est sublime et donne une véritable identité à chaque environnement, qu’il soit aquatique, minéral ou technologique.

Pourquoi je vous conseille cette lecture
Si vous avez envie d’une lecture immersive, voici trois raisons de craquer pour cette trilogie :
- Un récit complet : pas d’attente interminable entre les tomes, l’histoire est bouclée et se suffit à elle-même.
- Des thématiques actuelles : sous couvert de science-fiction, la BD aborde l’écologie, l’éthique face au vivant et l’émancipation féminine.
- Un rythme maîtrisé : on alterne entre des scènes d’action nerveuses (poursuites spatiales, mutineries) et des moments plus introspectifs qui donnent de l’épaisseur aux personnages.
Prima Spatia est un plaisir pour les yeux autant qu’une réussite scénaristique. C’est une œuvre qui parvient à équilibrer parfaitement le divertissement “pulp” et une narration plus profonde. Une fois le premier tome refermé, on n’a qu’une envie : connaître la suite du destin d’Alba. C’est une lecture ambitieuse, intelligente et surtout magnifique.
Si vous êtes passées à côté l’an dernier, je peux juste vous conseiller de rattraper ce retard. C’est le moment idéal pour s’offrir une parenthèse stellaire de qualité.