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[ Cannes 2019 ] Jeux de rôles

Aujourd’hui c’est mardi et mardi c’est Quentin Tarantino à Cannes. On sent sur la Croisette l’ambiance des grands jours. Les chasseurs d’autographes ont déjà rejoints leur escabeau. Les panneaux « Léo » et « Brad » se multiplient. Le service de sécurité est renforcé. Elle est là LA grande montée des marches de 2019. Alors évidemment, dans cette folie ambiante, la volonté de voir One upon a time in Hollywood devient une priorité absolue.

La Belle Epoque

Mais ce n’est pas encore l’heure. D’abord, j’ai rendez-vous dans le passé avec La Belle Epoque de Nicolas Bedos. Déjà à l’origine du brillant Monsieur & Madame AdelmanNicolas Bedos explore encore ses démons dans un film plein de nostalgie. La Belle Epoque c’est l’histoire de Victor. Après 25 ans de mariage, sa femme ne supporte plus sa flegme et son laissé aller. Elle le quitte. La Belle Epoque c’est aussi l’histoire d’Antoine qui a inventé un concept de soirée qui cartonne : s’immiscer le temps d’une soirée (ou plus si affinité) dans une époque de l’histoire. Le tout en costume, dans des décors premium qui font plus vrais que nature.

La Belle Epoque c’est l’histoire de Victor qui grâce à Antoine va revivre le jour où il a rencontré, Marianne, en 1974. Sa future femme. Il y a quelque chose de féérique dans le cinéma de Bedos. Une volonté de rendre hommage au cinéma alors qu’il réalise à peine son deuxième film. Une volonté de s’effacer pour laisser toute la place à ses acteurs tous formidables à commencer par Auteuil qu’on avait pas vu aussi bon depuis… très longtemps ! Evidemment cynique, La Belle Epoque est aussi un très beau film romantique. Nostalgique mais aussi résolument tourné vers le présent puisque la force de l’imaginaire va faire ressortir le meilleur de chacun. Une ode à l’imagination. Le film est une grande réussite autant du côté de son scénario (l’idée de base du film est incroyable pour tout cinéphile qui se respecte) que de sa mise en scène. Nicolas Bedos est un grand metteur en scène. Il n’a pas finit de nous surprendre.

Once Upon a Time… ?

Voilà un film qui fait plaisir et qui va me consoler de ce qui se passera derrière. Oui car à 13H30 il est l’heure de faire la queue. La queue parmi les journalistes pour Once Upon a Time… 3heures avant. Oui 3 heures. Pour vous aider à vous projeter, à Cannes, les journalistes sont classés par ordre de priorité. Les blancs (sorte de Dieu sur la Croisette), les roses pastilles (les demi-dieux), les roses (des mortels au pouvoir divin), les bleus (des jaunes qui ont eu une petite promotion) et les jaunes (dont je fais partie). Les jaunes ne sont donc pas prioritaires en Sélection Officielle principalement. Les roses peuvent arriver 2 minutes avant le début du film, ils pourront rentrer. Moi en attendant 1h, le doute continue de subsister et c’est en général 5 minutes avant la séance que notre sort est décidé.

C’est comme ça qu’on tremble même pour aller voir un film roumain à 22h30… Bref. Donc venir 3h avant pour le Tarantino c’est pas loin d’avoir 2% de chance de chance de rentrer (contre 0 en arrivant 1 heure avant). Et quand je remarque que les roses arrivent en masse à H-2 et H-1, idem pour les roses pastilles, je me dis que c’est pas la meilleure idée que j’ai eue. Mais bon, c’est amusant. Le personnel du Festival prend des photos. Les médias interrogent les journalistes qui font la queue. Et nous, on parie sur nos chances. A 16H20 tous les roses sont rentrés. La file ouvre pour les bleus. On nous dit que les jaunes ne rentreront pas. Et quand on voit que seulement une cinquantaine de bleus y auront accès, on en sourit presque. Des bleus qui attendaient depuis plus de 2h30 également… Ce n’est que du cinéma. Et les derniers arrivés verront le film sur le côté. L’écran presque caché par les hauts parleurs alors bon.

Pour oublier tout ça, rendez-vous sur la terrasse presse pour écrire un peu (et boire un coup) au soleil entre badges jaunes un peu frustrés mais heureux d’assister à un tel engouement pour le cinéma. On débriefe de la compétition (Céline Sciamma toujours en tête des suffrages). On réfléchit au programme de la soirée. Je commence par aller voir la montée des marches depuis la terrasse HP du Palais. Dehors c’est l’hystérie. Et plus de 20 ans après je m’amuse de voir cette foule hurler « Léoooo ». Dans le palais, tout le monde se colle au vitre pour voir passer le duo le plus bankable d’Hollwyood et je me dis qu’il y en a pas beaucoup des acteurs qui font ce genre d’effet. C’est quand même fou d’avoir devant moi 2 des plus grosses stars du monde toujours adulées alors que je les ai découverts pendant mon adolescence (Oui j’ai eu des posters de Léo dans ma chambre).

La fameuse invasion des ours en Sicile

Bref, après cette aparté people retour aux films.Pour moi ça sera direction Un Certain Regard pour découvrir, La fameuse invasion des ours en Sicile. Le film d’animation est un vrai bonheur. Le dessin est parfait. L’histoire douce et enfantine dans une première moitié, plus sombre et plus politique dans sa seconde. Le film de Lorenzo Mattotti m’aura donné envie de lire le livre de Buzzati.

Parasite

Après cette journée riche en émotions, se pose la question du film de 22h ou de manger ou d’aller dormir. Ce film c’est Parasite de Bong Joon-ho. Parce que j’ai adoré Okja et parce que beaucoup parient sur lui, j’oublie mon ventre et fonce en Debussy. Au bout de 20 minutes, je comprends que j’ai fait le bon choix tant le film que j’ai sous les yeux a tout d’une palme. A l’arrivée, Parasite confirme tous les espoirs. Un choc comme on en vit peu à Cannes (sauf cette année hein mais la sélection est folle!). Tout est parfait. Du scénario à la mise en scène en passant par les sujets abordés.

Parasite c’est l’histoire d’une famille en Corée que personne ne regarde. Des pauvres gens qui enchaînent les boulots alimentaires. Jusqu’au jour où le fils se fait engager comme professeur d’anglais dans une famille aisée. Il va faire recruter sa soeur comme professeur d’art. Son père comme chauffeur. Sa mère comme gouvernante. Evidemment personne ne sait qu’ils font parties d’une seule et même famille et qu’ils sont évidemment des (gentils) arnaqueurs… Je vous en dis pas plus mais vous pouvez imaginer que le choses n’en resteront pas là. Il y a quelque chose d’êxtremement séduisant dans le film de Bong Joon-ho. C’est à la fois un très bon divertissement très intelligent mais aussi une critique cynique de la société. Un écart entre les classes que rien ne peut réduire. Le film est rythmé, on ne s’ennuie jamais. L’ambiance gentiment électrique puisqu’on sait que ça va craquer mais on ne sait ni comment, ni par qui, ni quand ! Quel bonheur de regarder un film dans une salle enchantée qui applaudit volontiers au générique de fin.

A la sortie la presse est unanime : c’est un chef d’oeuvre. Et pour une fois, je partage l’avis général !  RDV samedi !

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