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[Critique Cinéma] La Isla Minima

450911.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa Isla Minima est un film de Alberto Rodriguez

Date de sortie: 15 juillet 2015

Casting: Raúl Arévalo, Javier Gutiérrez, Antonio de la Torre, Nerea Barros

Synopsis: Deux flics que tout oppose, dans l’Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie pour enquêter sur l’assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au cœur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu’à l’absurde et où règne la loi du silence, ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur.

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La Isla Minima nous emmène dans l’embouchure marécageuse du Guadalquivir en Andalousie, où la culture du riz est l’un des seuls éléments de subsistance d’une population rurale discrète. Au milieu de ces magnifiques étendues, deux meurtres brisent l’apparente tranquillité de cette communauté. Deux policiers vont mener l’enquête et ce qu’ils vont remonter des marais va réveiller les tensions. Leur enquête est un défilé de gueules patibulaires et peu coopératives, visages durs, burinés, tannés par le soleil et qui érigent le silence en culture.

Parfaitement porté par Javier Gutiérrez et Raul Arévalo, La Isla Minima nous plonge au début des années 80 avec une photographie d’un charme fou, alignant les paysages irréels dans une chaude lumière.

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Alors que l’enquête peine à avancer, les vieilles histoires refont surface. Le jeune inspecteur découvre le passé trouble de son partenaire sous le régime de Franco. Et peu à peu en filigrane c’est tout un pan de l’histoire récente de l’Espagne qui apparaît. Avec la fin de la dictature de Franco en 1975, le choix a été fait de réintégrer les franquistes dans la société civile par le processus de la « transition démocratique », essayer d’oublier, de pardonner, pour que l’Espagne n’ait pas à se reconstruire entièrement. Mais le vécu des Espagnols rend le pardon difficile. Côtoyer les meurtriers d’antan, voir les profiteurs du franquisme impunis, provoque une atmosphère pesante, insoutenable.

Au-delà de l’enquête et de ses paysages magnifiques, La Isla Minima raconte subtilement cette difficile reconstruction de l’Espagne et le terrible constat d’une corruption et d’une impunité qui perdurent au milieu de luttes sociales qui font écho trente ans plus tard.

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