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[Critique Cinéma] La bataille de la montagne du tigre

358420.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa bataille de la montagne du tigre est un film de Tsui Hark.

Date de sortie : 17 juin 2015

Casting : Geng Han, Lin Gengxin

Synopsis : Le capitaine 203 et son unité d’une quarantaine d’hommes font face au puissant bandit Hawk lors de la reconquête du territoire chinois par l’APL en 1946.

La bataille de la montagne du tigre est le nouveau film de Tsui Hark, réalisateur chinois touche à tout, devenu le fer de lance des superproductions chinoises. Ses dernières sorties m’avaient partagé, un chaos extrêmement maîtrisé mais parfois très fortement nanard de la part d’un réalisateur que l’on sent toujours très talentueux.

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Ce nouveau film est l’exemple même du paradoxe Tsui Hark. Pour faire une superproduction chinoise avec un énorme budget, il faut faire un film patriotique, Tsui Hark réalise donc ici un remake tiré d’un opéra révolutionnaire chinois à la gloire d’un petit groupe de soldats motivé et héroïque tenant tête à plus de 1000 hommes. Mais le patriotisme c’est souvent lourd, empesé, codifié et obéit à un but politique qui ne correspond pas à ce que Tsui Hark cherche à faire. Sa notoriété lui donne cependant la possibilité d’une solution : tout dynamiter.

Il ne va donc pas chercher à exalter l’amour de la patrie durant toutes ces luttes se déroulant en 1946. Il réduit le commandement de l’unité à sa plus simple expression, le capitaine reçevant parfois un message du « QG ». Mais ce patriotisme transparaît autre part, de manière tellement outrée qu’elle ne paraît pas sincère. En effet le film est une sorte de « flashback », Tsui Hark nous présentant un jeune chinois au milieu d’amis moquant le vieil opéra révolutionnaire et qui se remémore soudain tout ce qu’il lui évoque et ce que sont ces héros. Au point d’en être ridicule, cette exposition atteint son paroxysme à la fin du film avec le défilé des héros du passé devant un jeune homme souriant, reconnaissant pour leur sacrifice et qui insiste pour nous dire qu’ils sont des membres de chaque famille chinoise. Ce discours lénifiant au possible est dynamité par Tsui Hark qui passe tout le reste du film à pousser cet héroïsme vers des sommets d’exagération, entre combats de jeux vidéos et scènes tout droit sorties d’un James Bond jusqu’à la reprise finale où il nous propose une fin alternative encore plus délirante. Tout cela cadre bien plus avec l’imagination débordante d’un jeune chinois nourri à la culture occidentale plutôt qu’un hommage respectueux aux héros du passé.

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Tsui Hark sabote donc sciemment tout message patriotique, transformant cet opéra en la matière qu’il a utilisée dans ses précédents films, un passé fantasmagorique où tout est très surjoué et prétexte à une réalisation aussi dingue que spectaculaire. Le réalisateur truffe son film de plans ingénieux dans une sorte de chaos généralisé mais maîtrisé, toujours sur la corde raide entre le brillant et le nanard. Car il en faut peu pour que certaines scènes basculent dans le ridicule consternant. D’autres scènes sont également difficilement supportables, je pense surtout au premier combat avec ralentis et zooms dans tous les sens tout droit sortis de Wanted. Les décors sont cependant sublimes, la décoration ayant réalisé un travail incroyable notamment sur l’intérieur de la base des bandits.

Le méchant est un boss de jeu vidéo qui peut faire penser au Pingouin de Tim Burton dans Batman : Le Défi. Son maquillage est si forcé pour qu’il ressemble à son surnom Hawk (le faucon) que les prothèses sont visibles.

Tout cela paraît d’un grotesque pensé, maîtrisé, volontaire, cependant il me reste tout de même l’impression que parfois le film a été fait par dessus la jambe par un Tsui Hark peu motivé. Passer de scènes à la construction si minutieuse aux scènes à ski où l’on voit le jeune qui ouvre le chemin aux soldats au milieu des bois sur ce qui est en fait une piste bien damée avec un nombre de traces de skis devant eux plus importantes que sur une piste rouge à Courchevel, cela me gène. Alors Tsui Hark est-il vraiment ce réalisateur déjanté qui utilise la volonté du régime chinois d’inculquer le patriotisme au peuple pour en dynamiter les codes et en faire n’importe quoi avec génie ou bien se transforme-t-il lentement en tâcheron aux ordres qui décide de faire n’importe quoi par ennui ? La deuxième solution paraît peu probable au vu de La bataille de la montagne du tigre, mais suffisament pour ne pas se contenter de hurler au génie et ne pas oublier que la frontière du nanard n’est jamais loin.


Bande-annonce : La Bataille de la Montagne du… par PremiereFR

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