Quatre ans après Mother, Bong Joon Ho revient ce mercredi avec Snowpiercer (Le Transperceneige en français…). Annoncé comme un film événement, on attendait beaucoup en montant à bord de ce train. Un trajet qui nous aura paru aussi long qu’un Paris- Tulle un jour de grève.

2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Film de cloture à Deauville, on avait, avant d’y aller, de grandes attentes vis à vis de ce film. Une projo presse à Paris avait suffit pour enflammer la blogosphère et déjà propulser Snowpiercer parmi les grands films de 2013. Sans cela, on doit avouer qu’on aurait pu gentiment passer à côté même si la bande-annonce nous avait intrigué. Mais ça c’était avant… Avant qu’on en entende autant de bien et qu’on s’attende donc à voir un “chef d’oeuvre”. Une notion qui ne doit pas avoir la même résonance dans nos oreilles que pour le reste du monde quand on repense au très long moment qu’on a passé à bord de ce train fou…

Quand on y repense avec un peu de recul on se dit qu’on aurait du se méfier de ce synopsis assez fantasque qui mélange SF et lutte de classe. Bref, on y est allé, on a vu, on a perdu…

Le premier vrai problème avec Snowpiercer résidera d’abord dans son manque totale de crédibilité. Dans ce train organisé comme une échelle sociale où les riches sont à la tête pendant que les plus misérables servent de chair à canon dans les derniers wagons, la lutte des classes fait rage. Et après des années d’obéissance c’est la rébellion. Les pauvres, (qui se nourrissent exclusivement d’une barre protéinée par jour soit dit en passant) vont prendre leur courage à deux mains (enfin quand il leur en reste…) et décider d’affronter un par un les obstacles se dressant devant eux. Alors oui, on veut bien que le courage permette de faire de grandes choses mais bon quand cinquante gringalets maigres comme des enfants africains (quand ils ne sont pas en plus estropiés…) s’attaquent à une cinquantaine de ninjas armés jusqu’au dent on rigole un peu et on se dit que ce train va être un interminable voyage.

Evidemment Snowpiercer accumulera les incohérences (coucou le monsieur qui a conçu le système de sécurité du train enfermé pendant 10 ans qui est capable de savoir qu’au dessus d’une épave d’avion la neige a fondu, coucou les échanges de coup de feu à travers une baie vitrée séparée d’au moins 6 wagons…) provoquant en nous un certain agacement. Agacement qui nous empêchera de croire une seule seconde à cette quête pour la liberté ! Pire encore puisque le film a la prétention d’être un film engagé qui soulève des questions sur la nature humaine et les origines du mal…

On passera aussi sur le côté Warning d’un monde déshumanisé tombé en friche par la faute des puissants. Ici ou là, on nous rabâchera que l’extrémisme est le mal et la soif de pouvoir un bien vilain défaut. Enfin quand on assiste pas à de l’endoctrinement sur des enfants en bas âge ou quand on apprendra que la drogue c’est pas bien. Sérieusement Bong Joon Ho, vous n’avez rien d’autre ?

Là où on avait annoncé une vraie claque visuelle, là aussi on a ri jaune. Si on a rien à dire sur les décors à l’intérieur de ce train sans âme (la succession d’univers différents étant le seul intérêt du film) on repassera vraiment en ce qui concerne la traversée du train où tout fait horriblement cheap quand on le voit briser la glace.

Scénario bâclé et péripéties qui s’enchaînent sans aucun enjeux, ce Snowpiercer nous aura profondément ennuyé. Pire même puisqu’il nous aura bien agacé sous ses allures de film engagé. Ridicule du début à la fin, aussi habille qu’un éléphant dans un magasin de porcelaines, on aura perdu notre temps devant ce film poussif et complètement laborieux. En même temps, on a toujours préféré l’avion… A éviter d’urgence !

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

Comments

  1. Thomas PERILLON Reply

    Je n’étais de toute façon absolument pas tenté.

  2. Thomas PERILLON Reply

    Je n’étais de toute façon absolument pas tenté.

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Quatre ans après Mother, Bong Joon Ho revient ce mercredi avec Snowpiercer (Le Transperceneige en français…). Annoncé comme un film événement, on attendait beaucoup en montant à bord de ce train. Un trajet qui nous aura paru aussi long qu’un Paris- Tulle un jour de grève.

2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Film de cloture à Deauville, on avait, avant d’y aller, de grandes attentes vis à vis de ce film. Une projo presse à Paris avait suffit pour enflammer la blogosphère et déjà propulser Snowpiercer parmi les grands films de 2013. Sans cela, on doit avouer qu’on aurait pu gentiment passer à côté même si la bande-annonce nous avait intrigué. Mais ça c’était avant… Avant qu’on en entende autant de bien et qu’on s’attende donc à voir un “chef d’oeuvre”. Une notion qui ne doit pas avoir la même résonance dans nos oreilles que pour le reste du monde quand on repense au très long moment qu’on a passé à bord de ce train fou…

Quand on y repense avec un peu de recul on se dit qu’on aurait du se méfier de ce synopsis assez fantasque qui mélange SF et lutte de classe. Bref, on y est allé, on a vu, on a perdu…

Le premier vrai problème avec Snowpiercer résidera d’abord dans son manque totale de crédibilité. Dans ce train organisé comme une échelle sociale où les riches sont à la tête pendant que les plus misérables servent de chair à canon dans les derniers wagons, la lutte des classes fait rage. Et après des années d’obéissance c’est la rébellion. Les pauvres, (qui se nourrissent exclusivement d’une barre protéinée par jour soit dit en passant) vont prendre leur courage à deux mains (enfin quand il leur en reste…) et décider d’affronter un par un les obstacles se dressant devant eux. Alors oui, on veut bien que le courage permette de faire de grandes choses mais bon quand cinquante gringalets maigres comme des enfants africains (quand ils ne sont pas en plus estropiés…) s’attaquent à une cinquantaine de ninjas armés jusqu’au dent on rigole un peu et on se dit que ce train va être un interminable voyage.

Evidemment Snowpiercer accumulera les incohérences (coucou le monsieur qui a conçu le système de sécurité du train enfermé pendant 10 ans qui est capable de savoir qu’au dessus d’une épave d’avion la neige a fondu, coucou les échanges de coup de feu à travers une baie vitrée séparée d’au moins 6 wagons…) provoquant en nous un certain agacement. Agacement qui nous empêchera de croire une seule seconde à cette quête pour la liberté ! Pire encore puisque le film a la prétention d’être un film engagé qui soulève des questions sur la nature humaine et les origines du mal…

On passera aussi sur le côté Warning d’un monde déshumanisé tombé en friche par la faute des puissants. Ici ou là, on nous rabâchera que l’extrémisme est le mal et la soif de pouvoir un bien vilain défaut. Enfin quand on assiste pas à de l’endoctrinement sur des enfants en bas âge ou quand on apprendra que la drogue c’est pas bien. Sérieusement Bong Joon Ho, vous n’avez rien d’autre ?

Là où on avait annoncé une vraie claque visuelle, là aussi on a ri jaune. Si on a rien à dire sur les décors à l’intérieur de ce train sans âme (la succession d’univers différents étant le seul intérêt du film) on repassera vraiment en ce qui concerne la traversée du train où tout fait horriblement cheap quand on le voit briser la glace.

Scénario bâclé et péripéties qui s’enchaînent sans aucun enjeux, ce Snowpiercer nous aura profondément ennuyé. Pire même puisqu’il nous aura bien agacé sous ses allures de film engagé. Ridicule du début à la fin, aussi habille qu’un éléphant dans un magasin de porcelaines, on aura perdu notre temps devant ce film poussif et complètement laborieux. En même temps, on a toujours préféré l’avion… A éviter d’urgence !

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Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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  1. Thomas PERILLON Reply

    Je n’étais de toute façon absolument pas tenté.

  2. Thomas PERILLON Reply

    Je n’étais de toute façon absolument pas tenté.

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