Le film :

Fidèle à la formule (gagnante) des dernières moutures, « Effets Secondaires » se paye le luxe d’un casting 4 étoiles réunissant trois habitués de Soderbergh, Jude Law, Catherine Zeta Jones, Channing Tatum, ainsi que la petite nouvelle, la charmante Rooney Mara.

« Le comportement du passé indique le comportement du futur » entend-on à un moment donné dans « Effets Secondaires ». Connaissant la bête Soderbergh, nous aurions forcément pu parier qu’« Effets Secondaires » était nettement plus complexe qu’il n’y paraissait dans la bande annonce. Rappelez-vous déjà, avec « Contagion », Soderbergh, le technicien au sens millimétré du découpage, réussissait la prouesse d’allier pur divertissement commercial et œuvre empreinte d’une réalité sous-jacente reflet du monde contemporain, avec une réflexion poignante à la clé, le tout emballé via une mise en scène irréprochable. Et bien, « Effets Secondaires » reproduit avec succès l’identique schéma narratif percutant, ouvert initialement sur un fait divers pour évoluer judicieusement vers un problème de santé publique. Effets Secondaires est, en effet, un thriller subtil avec pour toile de fond l’univers de la psychiatrie et la médication délivrée sur ordonnance.

La mécanique pourrait paraître huilée, mais le scénario malin voisin du casse-tête chinois de Burns a cette force de nous faire décoller vers une superbe intrigue et des contrées inattendues, en nous évitant le piège de la surenchère propagandiste, sans jamais quitter l’univers de la fiction, divertissante et intelligente. Armé de dialogues minutieusement écrits, il fonctionne autour d’un thème socialement pertinent.

Côté mise en scène, exit le goût du risque « Contagion », le film choral et kaléidoscopique « Traffic », ou les effets de style multiples et variés des « Ocean’s » (focales, zooms, split-screen) au profit d’une réalisation à la fois sobre et judicieuse. Capable de se fondre totalement dans la masse off-caméra, le trublion Soderbergh occupe également ici les postes de chef op’ et de monteur, véritables points forts du film. Il opte cette fois pour une structure narrative linéaire ou presque (un flashback aux couleurs éclatantes, filmé caméra à l’épaule, vers la toute fin) et trouve pour « Effets Secondaires » un langage visuel qui donne la chair de poule savamment dosée.

Simple et complexe sur tous les points, « Effets Secondaires » est une véritable surprise. Le maître Soderbergh n’avait plus rien à prouver mais se montre capable de surprendre une dernière fois en une forme d’apothéose, portant un regard froid sur l’industrie pharmaceutique et ses dérives. Puissant et troublant !

Le Blu-Ray :

Les choix esthétiques de Steven Soderbergh prennent tout leur sens grâce à la HD. Visuellement, le Blu-ray touche à la perfection tant la qualité de l’image est impressionnante. Dans chaque plan on distingue des détails ici et là nous permettant de reconstituer le puzzle Effets Secondaires. Le son n’est pas non plus en reste puisque la piste utilisée permet une réelle immersion grâce à un mixage précis et fin. Une seconde vision après le cinéma s’imposant, on prendra un vrai plaisir à redécouvrir ce film.

Les Bonus :

Malheureusement pour nous (et pour le film) on ne trouvera pas grand chose à se mettre sous la dent côté bonus. A part les bandes annonces du film et celle de Ma Vie avec Liberace, on ne retiendra que la fausse featurette revenant sur la vie compliquée des acteurs sur le tournage. Second degré assumé pour cette courte vidéo pleine de charme.

Bilan :

Un film qui exigeait une deuxième vision que l’on découvre en HD avec beaucoup de plaisir. Malheureusement aucun bonus ne vient agrémenter le film ou même donner des pistes de compréhension. C’est vraiment dommage pour un si bel objet.


Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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Le film :

Fidèle à la formule (gagnante) des dernières moutures, « Effets Secondaires » se paye le luxe d’un casting 4 étoiles réunissant trois habitués de Soderbergh, Jude Law, Catherine Zeta Jones, Channing Tatum, ainsi que la petite nouvelle, la charmante Rooney Mara.

« Le comportement du passé indique le comportement du futur » entend-on à un moment donné dans « Effets Secondaires ». Connaissant la bête Soderbergh, nous aurions forcément pu parier qu’« Effets Secondaires » était nettement plus complexe qu’il n’y paraissait dans la bande annonce. Rappelez-vous déjà, avec « Contagion », Soderbergh, le technicien au sens millimétré du découpage, réussissait la prouesse d’allier pur divertissement commercial et œuvre empreinte d’une réalité sous-jacente reflet du monde contemporain, avec une réflexion poignante à la clé, le tout emballé via une mise en scène irréprochable. Et bien, « Effets Secondaires » reproduit avec succès l’identique schéma narratif percutant, ouvert initialement sur un fait divers pour évoluer judicieusement vers un problème de santé publique. Effets Secondaires est, en effet, un thriller subtil avec pour toile de fond l’univers de la psychiatrie et la médication délivrée sur ordonnance.

La mécanique pourrait paraître huilée, mais le scénario malin voisin du casse-tête chinois de Burns a cette force de nous faire décoller vers une superbe intrigue et des contrées inattendues, en nous évitant le piège de la surenchère propagandiste, sans jamais quitter l’univers de la fiction, divertissante et intelligente. Armé de dialogues minutieusement écrits, il fonctionne autour d’un thème socialement pertinent.

Côté mise en scène, exit le goût du risque « Contagion », le film choral et kaléidoscopique « Traffic », ou les effets de style multiples et variés des « Ocean’s » (focales, zooms, split-screen) au profit d’une réalisation à la fois sobre et judicieuse. Capable de se fondre totalement dans la masse off-caméra, le trublion Soderbergh occupe également ici les postes de chef op’ et de monteur, véritables points forts du film. Il opte cette fois pour une structure narrative linéaire ou presque (un flashback aux couleurs éclatantes, filmé caméra à l’épaule, vers la toute fin) et trouve pour « Effets Secondaires » un langage visuel qui donne la chair de poule savamment dosée.

Simple et complexe sur tous les points, « Effets Secondaires » est une véritable surprise. Le maître Soderbergh n’avait plus rien à prouver mais se montre capable de surprendre une dernière fois en une forme d’apothéose, portant un regard froid sur l’industrie pharmaceutique et ses dérives. Puissant et troublant !

Le Blu-Ray :

Les choix esthétiques de Steven Soderbergh prennent tout leur sens grâce à la HD. Visuellement, le Blu-ray touche à la perfection tant la qualité de l’image est impressionnante. Dans chaque plan on distingue des détails ici et là nous permettant de reconstituer le puzzle Effets Secondaires. Le son n’est pas non plus en reste puisque la piste utilisée permet une réelle immersion grâce à un mixage précis et fin. Une seconde vision après le cinéma s’imposant, on prendra un vrai plaisir à redécouvrir ce film.

Les Bonus :

Malheureusement pour nous (et pour le film) on ne trouvera pas grand chose à se mettre sous la dent côté bonus. A part les bandes annonces du film et celle de Ma Vie avec Liberace, on ne retiendra que la fausse featurette revenant sur la vie compliquée des acteurs sur le tournage. Second degré assumé pour cette courte vidéo pleine de charme.

Bilan :

Un film qui exigeait une deuxième vision que l’on découvre en HD avec beaucoup de plaisir. Malheureusement aucun bonus ne vient agrémenter le film ou même donner des pistes de compréhension. C’est vraiment dommage pour un si bel objet.


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Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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