Pour son neuvième long métrage derrière la caméra, Robert Redford décide d’adapter le roman de Neil Gordon the Company you keep. A 76 ans le beau Robert est-il toujours aussi convaincant ?

En 1969, un groupe de militants radicaux appelés Weather Underground revendique une vague d’attentats aux Etats-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam.
La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace… Jusqu’à aujourd’hui.
L’arrestation de Sharon Solarz, l’une des activistes, remet cette affaire sur le devant de la scène, au point d’attiser la curiosité du jeune et ambitieux reporter Ben Schulberg. Jouant de ses relations au FBI, il rassemble petit à petit les pièces du puzzle, le menant jusqu’à Jim Grant, un avocat apparemment sans histoires… Lorsque celui-ci disparait brusquement, le journaliste se lance sur sa piste, déterminé à le retrouver avant le FBI.

Le début du film nous aura clairement confirmé les ambitions pressentis dans la bande annonce. Grâce à des images d’archive et à une introduction des plus intéressantes on entre pleinement dans le film et de la meilleure des manières. Toutes les clefs du thriller politique sont présentes alors que l’on va suivre une enquête d’un jeune journaliste prêt à tout pour trouver le fin mot de l’histoire.

Sous_Surveillance_1

Si le début partait bien et l’intrigue était vraiment au rendez-vous, on va vite déchanter. D’abord parce que l’histoire va souffrir d’un gros problème de rythme. Deux heures de film pour une histoire pas franchement passionnante c’est bien trop. Difficile alors de rester concentré et de rentrer vraiment dans le sujet. Robert Redford prenant mille chemins différents pour arriver à un dénouement pas non plus d’anthologie. Jamais le réalisateur ne parvient à atteindre un climat angoissant ou à maintenir le moindre suspens. On suit (péniblement) l’enquête sans jamais s’y intéresser vraiment. Robert Redford passe donc au travers du genre et livre un thriller sans aucunes saveurs.

Alors qu’on aimait l’idée d’une enquête un peu atypique et décalée on va vite se faire rattraper par la non-probabilité de tout cela. Nous sommes en 2013 et il est vraiment impossible qu’un petit journaliste, même si on lui  a mis des lunettes et un pince cravate d’un ancien temps, soit capable d’avoir toujours 100 mètres d’avance sur la CIA. Que les calepins et les recherches dans les archives de la bibliothèque municipale soient plus efficaces qu’une dizaine d’agents suréquipés. On aura donc une raison de plus de nous échapper de l’histoire tant celle ci semble tirée par les cheveux.

Sous_Surveillance_2

D’ailleurs là ou on avait vu le principal intérêt du film (l’histoire de ces militants radicaux contre la Guerre du Vietnam) on va vite se rendre compte qu’il ne constitue qu’un prétexte pour raconter une tout autre histoire. Une histoire de retraités en fait dont la conscience se réveille on ne sait pas trop pourquoi. Le film se reconcentre sur les liens qui les unissent et on se perd du coup encore un peu plus en chemin. Robert Redford n’en finissant plus d’ajouter des personnages secondaires qu’on ne voit parfois que quelques minutes.

Sous surveillances sent tellement le réchauffé et la naphtaline qu’on se demande vraiment ce que Robert Redford a voulu faire. Si on aime bien l’idée que les personnes d’un certain âge aient leur place au cinéma ou dans des histoires, on aime beaucoup moins comment ils sont utilisés dans le film. Clairement on se demande à qui le film s’adresse tant on se voit mal le conseiller à à nos amis ou à nos parents.

Sous_Surveillance_2

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It