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Critique Cinéma : The Master

The Master est le nouveau film de Paul Thomas Anderson, il sort en salle le 9 janvier 2013.

Synopsis Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui. Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd, « Le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe.

Casting : Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams, Jesse Plemons, Laura Dern, Rami Malek

Nous sommes à l’aube des années cinquante. L’Amérique, profondément marquée par la deuxième guerre mondiale, cherche à tout prix de nouvelles façons de vivre, d’exister. A cette époque cohabitent les vétérans de guerre traumatisés par les combats et des sociétés pseudo-scientifiques ou ésotériques promettant le bien-être, la plénitude ou la révélation telle la dianétique de L. Ron Hubbard qui fonda ensuite sur ces bases la Scientologie. « Le Maître », nouveau film de Paul Thomas Anderson (Boogie Nights, Magnolia, Punch Drunk Love, There Will Be Blood,…) télescope ces deux univers.

Freddie est un vétéran de guerre souffrant de syndrome post-traumatique, plongé dans l’alcoolisme et porteur d’une violence extrême qu’il ne parvient pas à contrôler, l’empêchant de se fixer quelque part. Il va rencontrer «Le Maître », charismatique et charmeur, qui va se prendre de sympathie pour lui, l’intégrer à son mouvement en tant que sujet d’expérience puis en faire son bras droit, voyant en lui un fils spirituel.

Surfant sur cette Amérique à la recherche de nouveaux repères et d’une façon de réinventer sa vie, le fondateur de la Cause écume le pays. Il se fait héberger chez de riches admirateurs, parasitant leur domicile et leur argent avant de s’envoler vers d’autres cibles crédules. Comme Freddie, Lancaster Dodd est un déraciné, poursuivant son idée farfelue avec la grande conviction d’un gourou, persuadé par ses théories, toujours poussé d’une main ferme par sa femme sévère et fanatisée, jouée à la perfection par Amy Adams.

L’interprétation de Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman est magistrale. Le premier en traumatisé incontrôlable, voûté, grimaçant, perclus de tics et à la santé mentale défaillante paraît au bord du gouffre à chaque pas. Le second est son mentor, plus posé et réfléchi mais dont le masque s’effrite parfois pour laisser échapper émotions, colère, chagrin, d’une justesse admirable.

L’évocation de cette époque par Paul Thomas Anderson est vibrante, on y retrouve les décors chaleureux et intérieurs des maisons bourgeoises des films de l’époque. La photographie et les jeux d’ombres y sont superbes sous la caméra 65mm ressortie pour l’occasion.

Cependant le film se traîne en longueur, ses 2h17 pèsent et l’ensemble manque de souffle et de rythme. Pire, il semble retarder volontairement la fin d’un film qui ne sait pas où il va. Si les personnages sont déracinés, poursuivant leurs rêves et au final perdus dans ce nouveau monde qui se développe, l’histoire donne la même impression. Sans conclusion, confus, le sujet paraît échapper à son réalisateur. Peut-être était-ce une façon de conclure sur le fait que la seule certitude des personnages est qu’ils sont debout après les épreuves traversées, sans pouvoir prédire la suite, ou que la quête de leurs rêves auxquels ils s’accrochaient est terminée et que l’avenir les appelle désormais. Peut-être que tout n’a finalement servi à rien et nous ramène au point de départ sur la plage où le film s’ouvre.

La musique de Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead et déjà compositeur de la musique de There Will Be Blood, est omniprésente pendant toute la première partie du film, avant de se faire plus discrète. Entre bruits étranges et morceaux entêtants, elle passe de l’insupportable au sublime et semble être distincte du film, tout en lui apportant parfois une touche de poésie ou d’étrangeté supplémentaire.

D’un sujet extrêmement intéressant, porté par des acteurs au sommet de leur art, aux images chaudes et belles à la photographie impeccable, Paul Thomas Anderson tire un film confus qui est passé tout près d’être un chef d’œuvre s’il ne manquait pas cruellement de rythme et de cohérence.

Note de Gorbak : 6/10, le film passe à côté de son sujet et manque de souffle, malgré une interprétation et une image formidables, laissant le goût amer d’un chef d’œuvre manqué.

Mis à jour le

1 Response

  1. Salut Gorbak. Excellente critique, soit dit en passant. Comme tu es le frère de Nivrae et que tu vois au moins autant de films, je voulais savoir si tu désirais faire comme elle partie du Palmarès Interblogs ; de cette manière, je pourrais inclure tes notes également lorsque je vais sur votre blog.
    Cela dit, bonne année à vous deux.

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