A l’occasion de la sortie en Blu-Ray de deux oeuvres majeures de Brian de Palma, on a enfin vu pu voir Blow Out et on vous dévoile ici pourquoi celui-ci est un chef d’oeuvre absolu !

Alors qu’il enregistre les bruits nocturnes de la nature dans une campagne isolée, un ingénieur du son est témoin d’un accident d’automobile. Mais il va peu à peu s’apercevoir que cet évènement cache en fait une autre réalité…

Oh qu’on en avait entendu parlé de ce Blow Out sans jamais avoir pris le temps de le regarder enfin. La sortie en HD par Carlotta était alors une occasion unique de rattraper ce classique et de pouvoir enfin comprendre pourquoi Blow Out fascine autant.

Dès le début du film Brian De Palma nous emmène dans un univers qu’on connait bien : le cinéma. La première séance (tournée au steadicam soit dit en passant) est en réalité une mise en abime du film qui se révèlera être l’histoire d’un tueur en série étrangleur de jeunes femmes. Puis, on se retrouve dans la salle de projection à jouer avec Jack Terry au petit technicien du son cherchant un cri plus crédible que celui présent à l’écran. Cette plongée dans l’univers du cinéma sera une des qualités majeures de Blow Out dans lequel deux jeunes gens vont bidouiller tout ce qu’ils peuvent pour construire un petit film censé faire éclater la vérité.

Blow Out nous parlera de cinéma mais il nous parlera aussi d’amour dans un thriller absolument passionnant. Grâce à une écriture simple mais terriblement efficace, Brian De Palma nous montre comment un petit technicien presque ordinaire va se retrouver homme à abattre. Toutes les clefs du genre sont présentes et laisseront aucune chance aux spectateurs de s’échapper. L’hommage au cinéma Hitchcockien est présent de bout en bout pour notre plus grand plaisir et nous fait penser que Blow Out pourrait être un film du maître du suspens. Au delà de ce thriller sexy et rock’n’roll, Blow Out détonne par la fabuleuse histoire d’amour qu’il raconte. Pas d’eau de rose ici seulement des sentiments simples et délicats qui grandissent au fil des péripéties entre la un peu naive Sally et le septique Jack Terry. Cette scène finale sous le drapeau américain à l’occasion d’un somptueux feu d’artifice vous collera des frissons qui ne vous lâcheront plus jusqu’au “Now, that’s a scream” prononcé par Jack Terry ému aux larmes.

Si Blow Out est autant efficace c’est surtout grâce à la mise en scène de Brian De Palma. Les couleurs, les décors font que chaque plan est une petite merveille. Le rendez-vous à la gare entre les deux héros est juste époustouflant de beauté et d’esthétisme. Il y a une sorte de magie dans Blow Out qui le place dans une autre dimension dans lequel nos sens sont toujours à l’affut. On s’interesse au moindre bruit à la moindre image qui pourrait nous aussi nous rapprocher de la vérité. Une mise en scène esthétisante au possible qui nous permet une immersion totale. La scène du  tour 360 dans laquelle on est avec Jack Terry dans sa salle secrète à la recherche de la bande disparue est une perle du genre et nous donnera le vertige tant elle fascine. Brian De Palma aura su utiliser au mieux sa caméra (toujours en mouvement) pour nous faire sentir que le danger peut venir de n’importe où et surgir à tout moment !

Quand on voit Blow Out on se dit que John Travolta était quand même un sacré acteur. Beau comme un dieu, il campe avec une prestance incroyable cet homme droit en quête de vérité et de justice. A ses côtés Nancy Allen est aussi épatante en jeune fille naïve et sans attaches. Un couple qui fonctionne très bien et qui n’est pas sans rappeler les amants mythique d’Hitchcock qui ne s’avouent jamais réellement leur sentiment.

Si le film nous avait déjà suffisamment ravi, on reste sans voix devant la qualité de l’édition Blu-Ray proposé par Carlotta. Si l’image est limpide (notamment les plans souvent dans la nuit) et le grain juste parfait, Blow out affiche un technicolor des plus surprenant et détonne par son sens du détail pour un film de 1980. Tout est beau dans Blow Out des scènes anonymes dans la rue au studio de Jack en passant par son appartement et le hall d’une gare. Une vraie claque visuelle ! Niveau sonore là aussi on ne sera pas en reste (ce qui parait logique pour un film centré sur l’ouïe) tant les voix sont clairs et la musique de Pino Donaggio complètement immersive.

Côté bonus là encore c’est un vrai bonheur. Près de deux heures de bonus nous attendent dans lesquels on découvre un tas d’information sur Blow Out, son tournage, sa musique, le travail de l’actrice Nancy Allen et des analyses pour mieux encore appréhender le film. Là où on sera complement fasciné c’est lorsque Vilmos Zsigmond nous parlera de sa collaboration avec Brian De Palma et du traitement des couleurs. On apprend alors que puisque le film se déroule à l’occasion d’une fête nationale, tout le film a été construit autour des couleurs du drapeau américain. Grâce à des diaporamas on se rend effectivement compte de l’harmonisation des couleurs autour du bleu et du rouge qui ressortent presque systématiquement. On sera d’autant plus attentif lorsqu’on le reverra !

Blow Out détonnera par sa modernité et sa capacité à traiter de nombreux sujets en même temps sans jamais être lourd ou incomplet. Grâce à la mise en scène absolument géniale de De Palma, Blow Out fait parti de ces films qui marquent et qui peuvent en un claquement de doigt vous faire aimer les feu d’artifice, les preneurs de son, Travolta et De Palma tout entier. Un must Have à découvrir d’urgence !

M.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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