Petit OVNI dans le paysage cinématographique, Bellflower avait lors de son passage à Sundance puis lors de sa sortie en salles déclenchait une grande vague de sympathie de la part des critiques et des spectateurs. En DVD depuis septembre on a voulu se pencher sur ce cas là et vérifier de nos yeux si il y avait de quoi s’emballer autant.

Woodrow et Aiden, deux amis un peu perdus et qui ne croient plus en rien, concentrent leur énergie à la confection d’un lance-flammes et d’une voiture de guerre, qu’ils nomment “la Medusa”. Ils sont persuadés que l’apocalypse est proche, et s’arment pour réaliser leur fantasme de domination d’un monde en ruine. Jusqu’à ce que Woodrow rencontre une fille… Ce qui va changer le cours de leur histoire, pour le meilleur et pour le pire.

Un drôle de synopsis au premier abord. Pour un premier film on peut dire qu’Evan Glodell a pris le taureau par les cornes. Dès le début, on se dit que Bellflower ne sera pas un film lambda. On rencontre Woodrow et Aiden dans une Californie qu’on ne reconnait pas. L’un est timide un peu suiveur, l’autre est charismatique, grande gueule et charmant. Si on est un peu tristement fasciné par l’état psychologique des deux protagonistes on découvre vite que Bellflower veut nous parler d’amour. Et c’est dans la narration de cette histoire d’amour que Bellflower prendra le plus de hauteur. De la timidité des débuts à la naissance d’une vraie passion, Bellflower nous racontera une fantastique et tristement belle histoire d’amour. On se laisse alors prendre au jeu et on suit aveuglement le réalisateur au fin fond du texas pour voir comment les amants nouveaux vont se séduire. Bellflower ne ressemblera dès lors à rien d’autre nous faisant tour à tour rire et trembler devant ces Roméos et Juliettes made in 2012.

Et alors qu’on assiste assez sympathiquement à cette idylle atypique, Evan Glodell remonte sur son cheval pour attaquer à nouveau. Là, l’histoire d’amour prend un tout autre tournant et laisse place à une histoire plus sombre, plus grave mais non moins interessante. Le réalisateur traite alors avec une grande justesse la désillusion amoureuse, la rage qui anime après un choc, le désir de vengeance et les coeurs qui restent à jamais brisés. Jamais moralisateur, Bellflower nous plongera au plus profond de l’âme humaine pour nous toucher comme jamais et nous faire demander finalement si aimer vaut le coup vu les ravages qu’une rupture déclenche.

Au delà de cette réflexion sur l’amour, Bellflower met l’accent sur une très belle histoire d’amitié entre Woodrow et Aiden. Animés d’une même passion et un peu en marge de toute société ces deux là séduiront par leur profonde amitié et leur profond respect l’un envers l’autre. Alors qu’on s’attendait à une jalousie ou à de l’envie et des tensions on assiste dans Bellflower à une vraie démonstration de ce que l’amitié devrait être. Evan Glodell et Tyler Dawson sont alors épatants en amis que rien ne peut séparer.

Si l’on adore le côté très nostalgique de la mise en scène qui va et vient entre réalité, fantasmes et flash-backs, on reste toutefois un peu sceptique par son côté ultra-esthétisant. Abusant de flous, de fondus, de jeux de lumières et de filtres, Evan Glodell aura quelque peu saboté son film. Alors qu’on comprend cette volonté de proposer de réaliser un film indépendant à l’esthétisme poussé, on est obligé de mettre le holà lorsque ces effets de style viennent nuire au propos et embourber l’essentiel.

Plein d’énergie, magistralement interprété, mélancolique à souhait, Bellflower aura eu le mérite de proposer quelque chose de nouveau, de raconter une histoire d’amour aussi tragique que fascinante et de nous montrer une Californie dont on ignore tout. Un film viscéral qui laisse des traces,  dommage que le réalisateur ai été si gourmand …

Bellfower est disponible en DVD depuis le 4 septembre par Zylo

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M.

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Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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