Cannes Jour 8

Mercredi. Cela fait déjà une semaine que le festival a commencé. Enfin déjà mais aussi seulement. Après 7 jours de films et d’aventures, j’ai l’impression que je suis arrivée à Cannes depuis des mois ! Tout me semble familier et une certaine routine s’est déjà installée. Fatiguant ce festival finalement quand on le vit en entier !

Ce matin il faut encore se lever pour aller à la première projo de Sur la Route. Film très attendu, je préfère me « contenter » de la séance du matin plutôt que de tenter une montée des marches le soir. Histoire d’être sure de voir le film ce jour !

Assez long dans sa narration et assez fade, Sur la Route se laissera gentiment regarder. Un film sexy qui dépeint avec brio la beat génération mais qui manque profondément de but et d’enjeux. Pas beaucoup d’émotion s’échappe et les 2H20 sont comme je le craignais assez douloureuses. Le casting pourtant est absolument parfait et la photo sublime. Ni tout à fait mauvais ni tout à fait bon, Sur la Route traine un peu en longueur et manquera de fougue. Un film sympathique qu’on oubliera très vite. Kerouac aurait mérité tellement mieux que cela ! (La critique intégrale est disponible ici)

Je suis dans les parages lorsque la conférence du film se termine. Devant moi c’est alors un joli défilé qui s’amorce. De Sam Riley en passant par Kirsten Dunst ou Viggo Mortensen toute l’équipe du film est présente ! Dossier de presse à la main, j’espère une dédicace de Walter Salles mais en vain.

Qui dit conférence de presse qui se termine dit conférence de presse qui commence. Ainsi quelques minutes après avoir croisé Garrett Hedlund et Kristen Stewart c’est au tour de l’équipe d’Holy Motors de faire son apparition. Ayant vu les retours ultra positifs j’ai alors très hâte d’être au soir pour découvrir enfin ce qui se cache derrière ce nouveau trip sous acides de Léos Carrax.

Avant de le savoir je me retrouve dans le Grand Théâtre Lumière pour découvrir le nouveau film de Bertolucci, Io e Te. En fauteuil roulant, le réalisateur italien est attendu avec une clameur et pénètre dans la salle sous un tonnerre d’applaudissements. J’ai quand même face à moi le créateur d’Innocents The Dreamer

Io E Te se révélera assez intéressant dans l’ensemble malgré un soucis du côté de la surenchère omniprésente. Bertolucci nous prouve une fois encore qu’il comprend les jeunes et exploite avec malice les problèmes et préoccupations d’une jeunesse désorientée et un peu en marge. Un joli moment de cinéma !

Un repas et un café plus tard, je suis de retour au Grand Théatre lumière pour la montée des marches de Léos Carrax. Après les retours dithyrambiques de la presse le matin, Holy Motors prend une toute autre dimension. Certains le mettant même en grand favoris pour la Palme … N-ième montée des marches et cette-fois c’est toute l’équipe de 7 jours à la Havane qui me précède. Benicio del Toro en tête de cette jolie montée. Perchée très haut en balcon j’espère me prendre enfin la claque que j’attends depuis le début de ce festival.

Entre les soupirs agacés de la voisine, les gens quittant la salle par dizaines et une heure tardive, je n’apprécierais pas pleinement ce Holy Motors. Très difficile d’accès et complétement halluciné, le film de Léos Carrax passe pour un OVNI dans cette sélection très fade. Holy Motors nous montre comment dans un monde déshumanisé, la vie est une grande comédie ou chacun est quelque part un peu acteur. S’apparentant plutôt comme une succession de courtes scènettes que comme un long -métrage abouti, Holy Motors aura de quoi faire parler de lui tant son univers très riche et totalement barré est fascinant. De là à crier au chef d’œuvre par contre … Trop décousu et trop abstrait Léos Carrax montre qu’il est un artiste et qu’il casse toutes les règles tous les codes en montrant que son cinéma ne rentre dans une aucune case ! Un petit détour au rattrapage dimanche s’impose alors, histoire de pouvoir enfin savoir si j’ai adoré ou détesté !

Cannes Jour 9

Journée fade sur le papier. L’arrogant et prétentieux Lee Daniels et le mexicain Carlos Reygadas. Il est très tôt quand Paperboy me sort déjà par les yeux. Lee Daniels réitère la blague Précious en livrant un film dérangeant, vulgaire, dénué d’intérêts et profondément agaçant. Paperboy part dans tous les sens et ne raconte au final absolument rien. Le tout dans une mise en scène affligeante et une direction d’acteurs inexistante. Un film qui n’avait rien à faire en sélection et qui mériterait une palme de la honte !

Après ce tollé, je tente ma chance au Magasin des Suicides. Projection uniquement réservée aux enfants, le film d’animation de Patrice Leconte adapté du génial roman de Jean Teulé attire du monde ! Patientant sans trop d’espoir, l’attaché de presse me laisse finalement entrer. Après une présentation par Patrice Leconte le film en 3D peut commencer. Obligée de partir au bout d’une heure (problème d’emploi du temps mal géré) impossible de nier la qualité de l’adaptation. Patrice Leconte nous entraine dans un monde où tous les codes du roman de Teulé sont présents. Cynique à souhait, animation magnifique et comédie musicale parfaitement intégrée, ce Magasin des Suicides est en tout point génial ! Il faudra attendre la rentrée 2012 pour le découvrir au cinéma.

Double emploi du temps oblige je cours voir Post Tenebras Lux. J’aurais mieux fait de rester au Leconte plutôt que de m’infliger ça. 1heure40 de pur ennui où Carlos Reygadas s’égare et ne raconte absolument rien. Assez inutile recherchant le style et le choc absolument, Carlos Reygadas nous prend pour des cons et réalise un film prétentieux complétement raté. Monsieur, sachez que ce n’est pas en réalisant des films insensés que vous obtiendrait une palme. Bonne soirée.

Après cette journée ultra décevante, j’abandonne le cinéma pour aller à la Villa des Inrocks. Juveniles et Concret Knives sont de la partie et ce sont deux sets très plaisants qui animeront le jardin. Une journée qui se terminera bien mieux qu’elle n’avait commencé !

M.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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